Chloé Dabert a été nommée à la direction du Théâtre National de Bretagne, et prendra ses fonctions le 1er janvier 2027. Voici la liste des artistes en lice pour lui succéder à la tête de la Comédie de Reims.
Marie Fortuit
Marie Fortuit est metteuse en scène, comédienne et autrice. De sa formation en histoire et en études théâtrales à sa pratique du football et de la musique en passant par ses nombreuses expériences de comédienne, elle a gardé un goût pour le mélange des genres.
Ses mises en scène développent une recherche singulière et exigeante alternant écriture personnelle et textes contemporains, en dialogue avec la musique classique et les chansons populaires. Son travail interroge la dimension politique et sociale de nos histoires intimes et de nos mythes fondateurs.
En tant qu’interprète elle travaille notamment avec Armel Veilhan (Les Bonnes de Genet), Célie Pauthe (Bérénice de Racine, Théâtre de l’Odéon), le Komplex Kapharnaum (L’immobile) ou Rébecca Chaillon (Où la Chèvre est attachée il faut qu’elle broute).
De 2010 à 2015, Marie Fortuit co-dirige avec le collectif Théâtre A, La Maille, lieu de fabrique théâtrale dédiée aux écritures contemporaines aux Lilas. Elle invente un rendez-vous régulier avec les auteurs pour mettre en voix leurs textes : « Les Boîtes à Outils du Lundi ». Elle y créé en 2013 son premier spectacle Nothing hurts de Falk Richter. Elle se forme à la mise en scène en assistant Célie Pauthe de 2015 à 2019 pour les spectacles La Bête dans la Jungle de Marguerite Duras, La Fonction Ravel de Claude Duparfait, et Un amour impossible de Christine Angot.
Elle travaille en compagnonnage avec le CDN de Besançon de 2015 à 2023, participant activement à tous les aspects de la vie du théâtre. Elle assiste également occasionnellement Séverine Chavrier pour Nous sommes repus mais pas repentis, Ils nous ont oublié d’après Thomas Bernardt et Absalon, Absalon de Faulkner. Elle devient bâtisseuse associée du CDN d’Orléans en 2017. En 2019, elle écrit et met en scène Le Pont du Nord, production déléguée du CDN de Besançon. S’inspirant de la comptine éponyme, la pièce raconte les retrouvailles d’un frère et d’une sœur qui ne sont pas revus depuis une victoire de Coupe du Monde, célébrée lors d’une ducasse à Maresches, petit village du Nord. Après une première étape de travail aux Plateaux Sauvages, le spectacle est créé au CDN de Besançon.
Originaire du Nord, Marie Fortuit fonde sa compagnie Les Louves à Minuit, à Saint-Saulve en 2020. Elle intègre alors le Pôle Européen de création du Phénix – Scène nationale de Valenciennes. Elle rejoint le Bureau de production En Votre Compagnie dirigé par Olivier Talpaert. En 2021, elle crée La Vie en vrai (avec Anne Sylvestre), spectacle musical qui rend hommage aux engagements poétiques et politiques d’Anne Sylvestre. Repris au Théâtre du Train Bleu à Avignon en 2023, le spectacle est joué ensuite au Théâtre de l’Athénée et à la Maison des Métallos à Paris, et tourne depuis dans toute la France. Le spectacle est nommé aux Molières du Théâtre musical en 2025 et compte aujourd’hui plus de 170 représentations.
En janvier 2023, Marie Fortuit met en scène Ombre (Eurydice parle) aux Plateaux Sauvages, une réécriture du texte d’Elfriede Jelinek, donnant enfin voix à Eurydice. Elle est lauréate du Prix de la révélation théâtrale du syndicat de la critique. En 2025, elle met en scène une adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, roman à la portée subversive – le texte avait été censuré lors de sa publication. Créé au Phénix à Valenciennes, le spectacle est joué ensuite au Théâtre de la Ville à Paris. En 2024-2025, elle suit le mastermind « Direction de lieu » avec Laëtitia Guedon aux Plateaux Sauvages.
Depuis janvier 2025, Marie Fortuit est artiste associée à La Comète, scène nationale de Châlons-en-Champagne. Elle prépare pour les deux saisons à venir Viens (avec Anne Sylvestre), le deuxième volet de La vie en vrai, qu’elle crée avec Lucie Sansen, et Dimanche soir, spectacle autour de la vulnérabilité en partie créé avec des paroles de femmes hospitalisées en psychiatrie.
Marie Fortuit mène depuis de nombreuses années des actions artistiques avec différents publics, dans les lycées, avec des amateurs, mais aussi dans les prisons ou les hôpitaux. Ainsi, Notre bal est présenté aux Plateaux Sauvages en 2018. Ce spectacle-chantier mêle chansons et récits des participant.es autour de leur souvenir de bal. En 2019, elle dirige un travail spécifique entre football et théâtre dans la maison d’arrêt de Besançon, à travers des improvisations liées aux souvenirs des grands matchs.
En 2021, elle écrit Baraka, nos retrouvailles, une pièce pour les jeunes du dispositif « Une Saison en Partage », présentée au CDN de Besançon. En 2022, elle mène pendant huit mois avec Le Phénix – Scène nationale de Valenciennes, le projet « Les remèdes de l’âme » au CHV de Valenciennes autour du projet « Le jour où : Ecouter-Raconter-Jouer ». Elle mène aussi des masterclasses et des work-shop dans des conservatoires ou à l’université (Orléans, Valenciennes, Besançon).
Céleste Germe et Maëlys Ricordeau – Das Plateau
Créé en 2008, Das Plateau développe une écriture scénique totale, qui fait dialoguer théâtre, littérature, arts visuels, dispositifs scénographiques et musique, explorant un langage scénique qui creuse les champs de la perception et du sensible.
Les spectacles cherchent à mettre au jour le dessous des choses, ce qui ne peut se dire, ce qui dans la complexité du monde ne peut ni se dissoudre, ni se résoudre. À la recherche d’un tragique d’aujourd’hui, la beauté mise en œuvre sur le plateau porte à la fois la marque de la violence du monde et la possibilité d’un espoir.
Après plusieurs créations à partir des textes de Jacques Albert (Cours les Prairies, Notre Printemps, Sig Sauer Pro, Le Bon Chemin, Dia de mucho, vispera de nada), Das Plateau s’oriente vers les écritures contemporaines vivantes, en particulier celles de femmes. La compagnie entretient des liens étroits avec plusieurs autrices : Marie Darrieussecq, Pauline Peyrade, Marine Chartrain, Milène Tournier, à qui Céleste Germe et Maëlys Ricordeau passent commande (Un jour sans vent (Une Orestie), 2025). Ces textes, toujours intenses et complexes formellement, sont des défis lancés à la scène que Das Plateau aime relever en inventant des dispositifs techniques et poétiques qui impliquent tous les métiers du théâtre.
La recherche plastique, visuelle et spatiale est constitutive du travail de la compagnie. Dans les spectacles de Das Plateau, narration et abstraction s’articulent pour produire une tension entre langage et silence, littérature et déploiement spatial, temporalité narrative et contemplation. Le travail sur la musique et sur l’image — fixes ou en mouvement — occupe également une place centrale. C’est dans cette circulation des langages que se construit une expérience scénique immersive, où le plateau devient un espace de pensée autant que d’émotion, où la répartition habituelle entre le matériel et l’immatériel, entre la réalité et sa perception est réorganisée.
En multipliant les formats et les types de spectacles proposés (formes in situ, spectacle tout public, grande forme de plateau), Das Plateau cherche à s’adresser à un public le plus large et le plus varié possible. Avec la sensibilisation aux formes contemporaines et la formation au cœur de sa démarche, l’équipe intervient régulièrement dans les écoles supérieures d’art dramatique en France et à l’étranger et mène un soutien actif à l’émergence de jeunes artistes.
En 2025-2026, Le Petit Chaperon rouge, créé en 2022 au Festival d’Avignon, et Lac Artificiel de Marine Chartrain sont en tournée. Un jour sans vent (Une Orestie), texte de Milène Tournier et d’Eschyle, est créé à la Comédie de Reims, puis présenté au Théâtre Public de Montreuil et au Lieu Unique. Das Plateau prépare une version masculine de Pénélopes, Ulysses, réalisée à partir d’entretiens avec des hommes, dont certains sont détenus ou anciens détenus. Das Plateau est conventionné par la DRAC Île-de-France et soutenu par la Région Île-de-France au titre de l’aide à la permanence artistique et culturelle.
David Geselson
David Geselson est comédien, auteur et metteur en scène. Formé à l’École du Théâtre national de Chaillot, à l’École de théâtre « Les Enfants Terribles » et au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, il fonde en 2009 sa compagnie, Lieux-Dits. Il y construit une dialectique entre un auteur et une équipe d’interprètes afin de composer une écriture et créer une fabrique de théâtre en phase avec les questions politiques, philosophiques et poétiques du monde actuel.
Il a écrit, mis en scène et joué Neandertal (2023) – créé lors de la 77e édition du Festival d’Avignon, Lettres non-écrites (2017), Doreen (2016) – prix de la Meilleure création en langue française 2017 du Syndicat de la Critique – autour de Lettre à D. d’André Gorz et En Route-Kaddish (2014). Il a aussi écrit et mis en scène Le silence et la peur (2020). Lors de la saison 2024-2025, il a recréé Doreen avec une équipe taïwanaise au National Theater and Concert Hall (NTCH) de Taipei. Il travaille actuellement sur son prochain spectacle Archives [titre provisoire], dont la création est prévue au printemps 2027.
David Geselson a mis en scène Eli Eli de Thibault Vinçon, Les Insomniaques de Juan Mayorga et Poings de Pauline Peyrade au Teatro Español de Madrid. En décembre 2025, invité par l’Opéra de Nancy, il a mis en scène son premier opéra, La Bohème dont une recréation est prévue au Grange Festival (UK) à l’été 2026.
Avec la compagnie Lieux-Dits, il travaille activement à la réflexion, la sensibilisation et la mise en place d’outils pour une transition vers un spectacle vivant durable et écoresponsable. La compagnie a coordonné le référentiel carbone des équipe artistiques, étude commandée par le ministère de la culture – DGCA, et a publié en octobre 2025 Durables : vers la soutenabilité des équipes artistiques du spectacle vivant, un guide pour agir. Parallèlement à la conception du guide, cela a donné lieu en mars 2024 à la recréation par David Geselson d’Une pièce pour les vivant·e·s en temps d’extinction, d’après une proposition de Katie Michell, à la MC93. Il a créé les Éditions Lieux-Dits, qui publient les textes de ses spectacles et des carnets documentant ses créations. Par ailleurs, il a publié Lettres non-écrites aux éditions Le Tripode en mars 2021 – prix Révélation du Premier roman 2022 de la Société des Gens de Lettres – dont une version augmentée est sortie en poche le 5 février 2026 .
Au théâtre, il a joué à plusieurs reprises sous la direction de Tiago Rodrigues : Chœur des amants (2021), La Cerisaie (2021 – création au Festival d’Avignon), Bovary (2016). Il a aussi été interprète sous la direction de Brigitte Jaques-Wajeman dans La Marmite de Plaute, de Cécile Garcia-Fogel dans Foi, Amour, Espérance de Odön Von Horvath, de Gilles Cohen dans Théâtre à la campagne de David Lescot, de David Girondin-Moab et Muriel Trembleau dans Le Golem d’après Gustav Meyrink, de Christophe Rauck dans Le Révizor de Gogol, de Gabriel Dufay dans La Ville de Evguéni Grichkovets, de Jean-Pierre Vincent dans Meeting Massera de Jean-Charles Massera, de Volodia Serre dans Les Trois Soeurs, d’Anton Tchekhov, de Juliette Navis et Raphaèle Bouchard dans Mont-Royal, création collective, et de Jean-Paul Wenzel dans Tout un Homme.
Au cinéma et à la télévision, il a joué sous la direction d’Elie Wajeman dans Alyah et dans Les Anarchistes (Quinzaine des Réalisateurs – Cannes 2012 et Semaine de la critique – Cannes 2015), François Ozon dans Grâce à Dieu, Isabelle Czajka dans La Vie Domestique, Olivier de Plas dans QI, Rodolphe Tissot dans Ainsi-soit-il saison 2 et 3 et Les espions de la terreur, Vincent Garanq dans l’Enquête, Jean Xavier de Lestrade dans Des vivants, Mélisa Godet dans La maison des femmes ainsi que dans les courts-métrages de Muriel Cravatte, Antonin Peretjatko, Marie Donnio et Etienne Labroue.
Gurshad Shaheman
Gurshad Shaheman, directeur artistique de la compagnie La Ligne d’Ombre, implantée dans les Hauts-de-France, a été formé à l’École Régionale d’Acteurs de Cannes et Marseille (ERACM). Il est aussi détenteur d’un master 2 de littérature comparée obtenu à Paris VIII sur la traduction de la poésie persane. En 2016, il écrit Pourama Pourama, une trilogie autofictionnelle qui est toujours en tournée depuis. En 2018, il crée au Festival d’Avignon, Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète, spectacle écrit à partir de récits de réfugiés LGBT issu·es du Moyen Orient. Artiste associé au théâtre Les Tanneurs à Bruxelles, Gurshad Shaheman y crée en 2020 Silent Disco, projet citoyen mené avec des jeunes gens en rupture avec leurs familles.
En France, il est associé au Manège, scène nationale de Maubeuge, au Théâtre de l’Union CDN de Limoges, au Quai, CDN d’Angers, au Centre Dramatique National d’Orléans, à la Maison de la Culture d’Amiens et au Théâtre de la Bastille à Paris. En 2021, il écrit et met en scène Les Forteresses, spectacle toujours en tournée. Le livre a obtenu en 2022 le Prix de la Librairie Théâtrale et en 2023 le Prix Koltès du Théâtre National de Strasbourg. Gurshad Shaheman est également à l’origine des « Cabarets Dégenrés », rendez-vous annuel et festif créé à Confluences à Paris, puis transporté au Point Ephémère.
Son dernier livre, Pour que les vents se lèvent – Une Orestie, a été joué en octobre 2022 au TNBA à Bordeaux dans une mise en scène de Catherine Marnas et de Nuno Cardoso. Lauréat de l’appel à projet Mondes Nouveaux en 2023, il a créé Jadis, lorsque mon cœur cassa, installation sonore et florale écrite à partir de récits de personnes en parcours de soin psychiatrique. Le projet est produit en partenariat avec le Centre des Monuments Nationaux et le Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse. En 2024, il finalise Sur Tes Traces, projet international en collaboration avec l’auteur et metteur en scène québécois, Dany Boudreault.
En octobre 2026, son dernier spectacle, Cabaret Téhéran, verra le jour au Quai à Angers. Cette pièce retrace l’histoire des luttes féministes en Iran par le filtre des destins tourmentés des divas de la pop persane. Comme pédagogue, il intervient, entre autres, à l’ENSATT, à l’ERACM, à l’ESTU, au TNS et dans l’antenne belge du Cours Florent à Bruxelles. Ses textes sont publiés aux éditions Les Solitaires Intempestifs.




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