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Soir de Première avec Laurent Charpentier

À la une, Paris, Théâtre
Laurent Charpentier
Laurent Charpentier

Photo Anthony Devaux

Laurent Charpentier commence le théâtre à Biarritz avec Gaël Rabas et Pascale Daniel-Lacombe. Après le CNSAD, il joue sous la direction de Lukas Hemleb, Alain Françon, Jeanne Champagne, Brigitte Jaques-Wajeman, Emmanuel Demarcy-Mota et Bernard Sobel, de qui il devient un acteur fidèle jusqu’à récemment, dans La Mort d’Empédocle. Il travaille également avec Julia Vidit, Mirabelle Rousseau, Émilie Rousset ou encore Frédéric Maragnani. Il rencontre aussi l’auteur Philippe Minyana, dont il interprète et met en scène de nombreuses pièces (Frères et sœur et Fantômes au Théâtre de la Ville). Avec la compagnie Théâtre O, il met en scène des textes contemporains comme Grand-Duc d’Alexandre Horréard à Théâtre Ouvert, Je venais voir la mer de Nicolas Girard-Michelotti (création 2027) et Les Grandes Illusions d’Arthur Dreyfus, cette semaine aux Plateaux Sauvages, avec Hélène Alexandridis.

Avez-vous le trac lors des soirs de première ? 

Souvent, la nuit avant la première est épouvantable, mais le matin, je me lève, je vais au théâtre et, sur le chemin, je me dis : « Ça va être un grand jour ». Et je m’apaise – je crois que ça correspond exactement à la méthode Coué.

Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ? 

Un jour de première, j’essaie le plus possible de prendre l’air et de marcher, les yeux ouverts. Sortir du cocon des répétitions. J’en profite pour trouver mes cadeaux de première, ça permet de se rappeler que c’est une petite fête tout ça. Et puis, je bosse. J’essaie de me concentrer sur un truc nouveau qui donnerait encore aux acteurs et moi l’énergie supplémentaire pour passer du travail au partage du travail.

Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ? 

Lorsque je joue, pendant l’entrée du public – j’ai un peu honte de le dire –, je « fais la salle », c’est-à-dire que je regarde qui est là et comment les gens se placent dans les rangs, comment ils vont. En fait, je cherche à situer dans la salle quelques regards amicaux sur lesquels je me dis que je pourrai m’appuyer, en pensée, au besoin, pour me rassurer… Mais c’est purement imaginaire ! Lorsque je mets en scène et que je suis en régie, j’essaie, pendant les minutes qui précèdent le spectacle, de parler de tout autre chose avec le régisseur, de sa journée. Souvent, ces quelques mots sont doux.

Première fois où vous vous êtes dit « Je veux faire ce métier » ? 

J’étais au lycée, la compagnie de théâtre de Biarritz m’avait engagé pour la tournée d’une pièce de Claudel sous chapiteau de cirque : Protée. On allait ainsi par les villages dans les Pyrénées, et on était si bien reçus. Je me souviens, à la fin d’une représentation, d’un repas dans une auberge, sur une immense table de ferme. On mangeait de la garbure. À ce moment, je me suis dit : « C’est ça le théâtre, ce moment de communion. » Autre souvenir, même époque à peu près, j’avais 15 ans, je jouais Polynice dans Oedipe à Colone de Sophocle avec Jean-Claude Durand à Avignon. Après la dernière, je me suis écroulé, presque évanoui, et je me suis dit : « Après ça, qu’est-ce qui vaudra le coup ? »

Premier bide ?

À mon frère, Arnaud, et moi, on a confié la création du nouveau jeune public de la compagnie, d’après Don Quichotte. On a 18 et 20 ans, on a travaillé comme des fous. Pour la première, on a encore répété jusqu’à tard dans la nuit et le spectacle avait lieu dans une école de Bayonne à 8h30 du matin. À la fin, Francis, notre technicien, nous a dit : « C’est bizarre, c’est très compliqué pour les enfants, et pour les adultes, c’est vraiment… très enfantin. » Preuve qu’il n’est pas toujours facile de trouver l’équilibre.

Première ovation ? 

Pas une ovation, mais la première fois, tout petit, que je montais sur un plateau, je disais un poème dans un spectacle de fin d’année, mon père a dit : « Il a du coffre. » Quelques années plus tard, ado, première fois que je joue dans ce qui me semble vraiment du théâtre, et je sens que quelque chose dans mon cœur explose. À la fin, une dame vient me voir, elle me dit : « Petit, tu as le feu sacré. » C’est une belle expression.

Premier fou rire ? 

Il y en a tellement eu que je suis incapable de me rappeler le premier. Le pire pour moi, c’était dans Ivanov d’Alain Françon. J’avais un petit rôle d’invité au deuxième acte, Dominique Valadié entre en scène et dit : « On peut pas être et avoir tété. » Je ne m’en suis jamais remis – il faut vraiment imaginer Valadié le dire.

Premières larmes en tant que spectateur ? 

Durant les toutes premières, comme d’autres enfants, à un spectacle de cirque. On était en Bretagne en vacances et j’ai eu si peur du clown que j’en ai pleuré toute la soirée. Plus tard, c’est bizarre, c’est en regardant sur des cassettes vidéo des mises en scène de théâtre que j’ai eu mes premières grandes émotions. Devant ces captations de spectacles d’Antoine Vitez (Électre, Galilée…), j’avais l’impression d’avoir accès au plus beau théâtre du monde. Ou encore la scène qu’on m’a montrée un jour de Tête d’Or, entre Alain Cuny et Laurent Terzieff, quand Cébès meurt dans le bras de Tête d’Or. C’est en noir et blanc, on entend le bruit du parquet de la scène de l’Odéon sous leurs pas et leurs voix, ces mélopées qui déchirent le silence. Beaucoup plus tard, quand j’ai assisté au dernier spectacle de Claude Régy, Rêve et Folie. L’acteur Yann Boudaud dit les poèmes de Georg Trakl et, de l’abîme, il extrait le mot « vert », et je fonds en larmes. J’ai l’impression d’entendre pour la première fois ce mot, un mot, de voir une couleur, cette couleur, d’être voyant.

Première mise à nu ? 

Récemment, dans Grand-Duc à Théâtre Ouvert. Je jouais en solo et je mettais en scène. Une mise à nu ! J’ai vécu ce travail comme un moment extraordinairement intense de ma vie de théâtre, et je me suis senti plus relié que jamais aux autres personnes de l’équipe. Et littéralement, à un moment du spectacle, je me déshabillais. En répétitions, pour aller plus vite, je retirais facilement ma chemise par le haut, comme un t-shirt. Mais à la première, avec la chaleur des spectateurs et le stress, je suis resté coincé dans ma chemise. Je ne sais pas par quel miracle, la chemise trempée et retournée par-dessus ma tête, tout en continuant le texte, j’ai réussi à déboutonner et à finalement m’extirper. Mais la mise à nu a bien résisté ! (J’ai appris récemment qu’en grec « mise à nu » se dit « apocalypse ».)

Première fois sur scène avec une idole ? 

Quand je suis arrivé à Paris, il y avait au Théâtre de la Ville les Six personnages en quête d’auteur dans la mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota. L’acteur qui jouait le père m’a tellement fasciné ce soir-là que j’y suis retourné le lendemain pour le revoir, lui. C’était Hugues Quester. Vingt ans plus tard, je le mettais en scène et nous jouions en duo Fantômes dans ce même Théâtre de la Ville. Je pourrais parler aussi d’Anne Alvaro, que j’allais voir chez Sobel, religieusement ; ou encore de Michael Lonsdale, avec qui j’ai fait un spectacle à la Maison de la Poésie. Il m’a dit : « Quand vous entrez en scène, regardez l’espace comme si vous ne l’aviez jamais vu. »

Première interview ? 

Quand j’ai été reçu au CNSAD, j’ai eu droit à une interview dans Sud-Ouest. J’ai revu la photo, elle est incroyable : j’avais les cheveux longs, un jean bootcut et une chemise mexicaine blanche brodée d’or. Lorsque j’ai remis cette chemise l’année suivante au Conservatoire, Jeanne Herry m’a dit : « C’est dingue, on dirait mon père dans les années 1970. » (Julien Clerc)

Premier coup de cœur ? 

Comme les fous rires, il y en a tant ! Je pourrais parler de mon premier baiser de théâtre qui a eu lieu avant mon premier baiser dans la vie. Je pourrais parler d’amour ou d’amitiés, et me revient un pur choc : tg STAN présentant un spectacle à la Bastille. Je n’en revenais pas qu’on puisse raconter des histoires à ce point de simplicité, d’évidence, de vérité. Je me rappelle surtout qu’à la fin, l’acteur Frank Vercruyssen disait, avec une précision chirurgicale, la nouvelle de Raymond Carver Les Trois Roses jaunes, qui décrit dans le détail les dernières heures de la vie de Tchekhov. Ce moment me hante encore – d’autant que j’ai aujourd’hui l’âge exact de Tchekhov à sa mort.

6 avril 2026/par L'équipe de sceneweb
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