Soir de Première avec Vanessa Larré
Vanessa Larré débute sa carrière à la télévision suisse, où elle présente des émissions du département jeunesse. En 1988, elle s’inscrit aux cours du théâtre Claude Delon de Genève, puis entre au Conservatoire de Genève, avant d’intégrer celui de Paris. En 2014, elle co-adapte et met en scène King Kong Théorie de Virginie Despentes. La pièce est un succès et est régulièrement reprise. Au Théâtre des Célestins de Lyon, elle crée Sublime(s) autour de témoignages de femmes rencontrées en prison. À cette occasion, elle effectue son retour sur scène.
Avez-vous le trac lors des soirs de première ?
Évidemment ! C’est pourquoi, depuis quelques années, je préfère mettre les autres en scène. Cela peut aussi parfois générer une sacrée tension, mais pas du tout de la même nature que ce trac de l’acteur ou de l’actrice sur scène, qui est probablement la chose la plus insensée qui soit. Dans le film Valeur sentimentale de Joachim Trier, la crise de Nora (Renate Reinsve) illustre assez magistralement la question.
Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ?
Comme un sportif qui va jouer une finale. Je dis ça, mais je ne sais pas ce que fait Serena Williams avant un match… Je dirais : dormir, bien manger, mais pas trop, méditer et boire de l’eau.
Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ?
J’évite toute situation ou personne négative. Je m’allonge quelque part dans le théâtre – en général, sur le plateau –, je regarde les cintres qui font comme une voûte de cathédrale et je me dis que c’est l’endroit où je préfère être au monde.
Première fois où vous vous êtes dit « Je veux faire ce métier » ?
Je ne me suis jamais dit « Je veux faire ce métier ». C’est tout le paradoxe de ma vie avec le théâtre.
Premier bide ?
Premier quoi ?
Première ovation ?
Ovation… je ne sais pas, mais le public est toujours assez généreux en applaudissements. Il y a toujours du bruit comme on dit. Je crois que les gens qui vont au théâtre aiment le théâtre et ont envie d’applaudir à la fin. Même quand ce n’est pas terrible, ils soutiennent ; quand c’est un travail honnête, ils sont là avec nous. Et ceux qui n’aiment pas, soit ils s’en vont, soit ils applaudissent comme les autres, ou juste un peu moins fort.
Premier fou rire ?
Je ne sais pas si je suis déjà trop vieille pour me souvenir des premières fois (rires). Des fous rires, il y en a tout le temps, c’est fou. Même sur les pièces les plus dures, surtout peut-être…
Premières larmes en tant que spectatrice ?
Pina Bausch, Café Müller, que j’ai vu en film lors d’une rétrospective à Beaubourg, je crois. Maestra absolue !
Première mise à nu ?
À l’occasion de ma première mise en scène, Concert à la carte. Je suis seule en scène, à poil, et sans un mot de texte.
Première fois sur scène avec une idole ?
Ce n’était pas sur scène, mais lors d’une audition avec Patrice Chéreau, quand il a monté Phèdre.
Première interview ?
C’était dans ma première vie à Genève. J’avais tourné mon premier téléfilm pour la RTS.
Premier coup de cœur ?
Novembre 1995, Manufacture des Oeillets, Dans la solitude des champs de coton, Patrice Chéreau et Pascal Greggory. Ça fait deux fois Chéreau dans mes réponses, mais c’est vrai que c’était immense !



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