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Soir de Première avec Julie Nioche

À la une, Danse, Paris
Julie Nioche
Julie Nioche

Photo Stéphanie Gressin

Julie Nioche est chorégraphe, danseuse, et formée à l’ostéopathie. Depuis les années 2000, elle allie théories et pratiques autour des savoirs du corps pour développer ses processus de créations et ses recherches. Elle croise pratiques somatiques et improvisation dansée pour développer des danses où chacun·e est auteur·rice de ses gestes. Elle co-fonde A.I.M.E. avec l’enseignante-chercheuse Isabelle Ginot et Stéphanie Gressin pour la mise en œuvre de tous les projets. Elle sera cette semaine, avec Isabelle Ginot, sur la scène de L’Atelier de Paris / CDCN, à l’occasion du festival June Events, dans SUPERPOUVOIR, une conférence performée sur les puissances de nos danses dans le monde d’aujourd’hui.

Avez-vous le trac lors des soirs de première ?

Quand c’est la première d’une pièce dans laquelle je danse, j’ai beaucoup moins le trac que quand je suis en régie. Être dans la danse est un appui énorme. Mes créations sont un aboutissement, à un instant T, de processus toujours en évolution. C’est donc paradoxal cette notion de « première », car c’est censé être prêt et parfait, mais je sais que ce n’est pas vrai. J’ai tendance à mettre en place des dispositifs qui nous font toujours chercher.

Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ?

C’est un jour de rassemblement avec toute l’équipe qui a suivi la création. C’est un jour centré sur le projet, avec une énergie et une concentration particulières. C’est un jour où je fais encore plus confiance à l’intelligence collective et à ses processus pour être la plus disponible possible.

Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ?

Je fais tout pour être prête à la dernière minute, voire être en retard. Probablement pour être prise par surprise, pour ne pas voir arriver ce « début » si organisé et attendu.

Première fois où vous vous êtes dit « Je veux faire ce métier » ?

Je n’ai pas le souvenir de m’être dit cette phrase. J’ai dansé et composé très tôt, et j’ai toujours eu envie de continuer et d’en faire de plus en plus, sans réellement prévoir que ce serait mon métier.

Premier bide ?

Je ne m’en souviens pas. J’oublie beaucoup de choses, c’est une vraie chance !

Première ovation ?

Je suis toujours surprise par les applaudissements. Je me rappelle d’applaudissements d’enfants intervenus en plein milieu d’un spectacle, de façon inattendue, qui m’ont beaucoup touchée.

Premier fou rire ?

Adolescente, lors d’une pièce de Carolyn Carlson que nous jouions en plein air, pendant laquelle un ami s’est endormi sur scène. J’ai beaucoup aimé ce contraste et j’ai beaucoup ri sur le moment.

Premières larmes en tant que spectatrice ?

Devant une pièce de Claude Régy, dont le titre m’échappe malheureusement !

Première mise à nu ?

J’ai la sensation d’être à la fois jamais vraiment mise à nu et toujours mise à nu en étant sur scène, ou lors des rendez-vous professionnels où l’on présente son travail, ou encore en répondant à des questions pour des articles. Et sinon, j’ai accepté de danser nue pour la première fois dans l’une de mes toutes premières pièces sur l’objectification du corps féminin, et pour la pièce Good Boy d’Alain Buffard sur le Sida – et je pense que ce sera tout.

Première fois sur scène avec une idole ?

Je n’ai pas de réponse. Il faut croire que je n’ai pas d’idole.

Première interview ?

Celle dont je me souviens, et qui remonte à loin, c’est quand on m’a questionnée sur la programmation que j’avais faite entre le Vooruit à Gand et l’hôpital psychiatrique de la même ville, en 2003. J’avais dû expliquer mes choix d’invitations et de créations entre ces deux mondes : art et soin.

Premier coup de cœur ?

Un spectacle au CAT (Centre d’aide par le travail) où travaillait mon père à Cormeilles-en-Parisis, dans lequel j’ai dansé avec les résidents en situation de handicap et leurs chevaux. C’était totalement hors-piste pendant mes études au CNSMDP. Et Jorge Donn dans le Boléro au Grand Palais. Je devais avoir 11 ans.

1 juin 2026/par L'équipe de sceneweb
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