Formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Jérôme Kircher a notamment été l’élève de Michel Bouquet. En 2000, Jean-Pierre Vincent lui confie le rôle-titre de Lorenzaccio, dans la Cour d’honneur du Palais des papes à Avignon. En 2009, il est le Lopakhine de La Cerisaie mise en scène par Alain Françon. En parallèle, il a également joué sous la direction de Bernard Sobel, Luc Bondy, Irina Brook, Wajdi Mouawad, Guy Cassiers ou encore Amos Gitaï. Il sera cette semaine Salieri dans Amadeus au Théâtre Marigny.
Avez-vous le trac lors des soirs de première ?
J’ai une forme de trac, mais je fais en sorte qu’il se transforme en grande énergie, un peu comme les personnages de manga qui se transforment en leur double puissant !
Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ?
Le jour de la première, je suis très classique. Je me remets en tête la totalité du texte le matin. Après un bon déjeuner, je pars au théâtre tôt, je traîne sur le plateau, je discute avec tout le monde. Et une heure et demie avant l’heure, la machine se met en marche : douche, encas, je relis certains passages et je réchauffe mon corps. Et cinq minutes avant le lever du rideau, il ne faut pas m’adresser la parole !
Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ?
Pas de superstitions, mais des rituels, qui changent selon les spectacles, mais la douche et le petit truc à grignoter sont des constantes.
Première fois où vous vous êtes dit « Je veux faire ce métier » ?
Je ne me suis jamais dit que j’allais en faire mon métier. Au début, je me donnais des baux de trois ans, puis de cinq ans. Maintenant, j’ai arrêté. Je ne saurais rien faire d’autre.
Première ovation ?
Mon premier spectacle était le Hamlet de Patrice Chéreau dans la Cour d’honneur du Festival d’Avignon, donc, au niveau des ovations, j’étais servi, mais je savais qu’elles ne m’étaient pas directement destinées ! Sinon, Lorenzaccio, dans ce même lieu, où, là, je jouais le rôle-titre, et ça fout une sacrée décharge. Et dernièrement, Wajdi Mouawad m’a fait applaudir le soir de mon anniversaire aux saluts, après six heures de son Racine carrée du verbe être. J’en ai pleuré comme un enfant.
Premières larmes en tant que spectateur ?
J’ai été bouleversé en voyant Ariel Garcia-Valdès dans la Cour d’honneur, au Festival d’Avignon, dans Richard III. Probablement la naissance de mon grand respect pour ce métier.
Première fois sur scène avec une idole ?
J’ai eu la chance de jouer avec quelques-unes de mes idoles, comme Gérard Desarthe, Michel Piccoli, qui était devenu mon ami, ou Bruno Ganz. Et surtout, j’ai eu la chance d’être dirigé par de grands metteurs en scène.
Premier coup de cœur ?
J’ai eu la chance, enfant, de voir grâce à mes parents les Shakespeare d’Ariane Mnouchkine dans la Cour d’honneur du Festival d’Avignon. Inoubliables. Et le Mahabharata de Peter Brook aux Bouffes du Nord.


Iris Banda

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