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« De la Comédie-Française », une farce enlevée pour célébrer l’amour du théâtre

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De la Comédie-Française
De la Comédie-Française

Photo Unifrance

Annoncée comme la comédie de l’été, De la Comédie-Française sort au cinéma ce mercredi et tourne en dérision les déconvenues rencontrées un soir de première dans un film joué par la troupe de cette institution.

Le long-métrage, réalisé par Bertrand Usclat et Martin Darondeau, a été co-écrit avec l’actrice Pauline Clément, sociétaire de la Comédie-Française et complice de longue date du créateur du programme court Broute. Elle y incarne Nina, une metteuse en scène confrontée, à trois heures de la représentation, à une cascade d’imprévus : problèmes techniques, garde d’enfant impossible, retards des comédiens et conflits d’ego s’enchaînent. Mais une seule règle prévaut : on n’annule jamais une représentation à la Comédie-Française. « C’est vraiment une fiction mais, quand on vous raconte des trucs qui se sont passés là-bas, c’est tellement de haut niveau, ça ne sert à rien d’inventer », s’amuse Pauline Clément. La panne de réveil de Pierre Niney un jour de représentation ou Laurent Lafitte qui se tranche un doigt sur scène font désormais partie de la légende du temple de l’art théâtral à la française.

Le projet est né de la volonté de l’institution de dépoussiérer son image. Habituée à naviguer entre théâtre et pastilles humoristiques à la télévision ou sur Internet, Pauline Clément est sollicitée pour réunir ces deux univers. La direction de la Comédie-Française « me disait : On ne sait pas où tu en es. Est-ce que tu préfères ton travail à l’extérieur ou le théâtre que tu fais ici ? », se remémore l’actrice. « Je me disais qu’un jour, j’aimerais faire une fusion des deux », poursuit-elle. C’est donc avec cette idée qu’elle sollicite Bertrand Usclat, rencontré au conservatoire.

« Fusion »

Initialement envisagé comme une série télévisée à la Dix pour cent, leur projet est rejeté par toutes les chaînes avant qu’un producteur de cinéma ne propose d’en faire un film. Il a été écrit en deux mois pour disposer d’une rare fenêtre de tournage de trois semaines dans la salle Richelieu, site historique de la Comédie-Française, à l’époque en travaux. Le résultat est une comédie ramassée de 1 heure 12 minutes, qui a déjà remporté quatre prix au Festival de l’Alpe d’Huez, dédié à l’humour. « Pendant toute l’écriture, j’étais inquiète. Je me disais : si le film sort et fait un bide, qu’est-ce que je fais après ? Parce que la Comédie-Française, c’est toute ma vie », se souvient Pauline Clément.

Bertrand Usclat, qui a décliné une proposition d’audition à la Comédie-Française au sortir du conservatoire pour se concentrer sur sa chaîne YouTube, est ravi de consacrer son premier long-métrage au théâtre. « Le premier grand succès parisien de Molière, c’est Les Précieuses Ridicules, qui est en fait une parodie des salons bourgeois. Normalement, on commence avec des gros trucs classiques, à l’ancienne, et lui débarque en disant : On va faire marrer les gens, expose-t-il. Ça a toujours été mon rapport au théâtre. Quand il n’y a pas d’humour sur scène, je pense qu’il y a un ratage. »

En tout, 22 comédiens de la Comédie-Française jouent dans le long-métrage, dont certains déjà vus au cinéma comme Guillaume Gallienne, Marina Hands ou Laurent Stocker, et d’autres dont c’est le premier film, comme Sefa Yeboah. « C’est un film sur la Comédie-Française par ceux qui la font, la troupe », résume son administrateur général, Clément Hervieu-Léger, qui y voit un moyen d’ouvrir la porte « de notre maison pour un public qui n’y a peut-être jamais mis les pieds ».

20 juillet 2026/par AFP
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