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Soir de Première avec Anne Conti

À la une, Paris, Théâtre
Anne Conti © Didier Péron
Anne Conti

Photo Didier Péron

Formée au Conservatoire national de région d’art dramatique de Lille, Anne Conti vit sa première expérience scénique avec Vincent Goethals, de qui elle restera longtemps une fidèle. Par la suite, elle écrit de nombreuses adaptations scéniques, puis ses propres textes, et fonde sa compagnie en 2005. Elle présente au Théâtre 14, à Paris, Rien n’a jamais empêché l’histoire de bifurquer, d’après des textes de Virginie Despentes.

Avez-vous le trac lors des soirs de première ?

J’ai la chance de ne pas être sujette au trac. Les soirs de première, comme les autres soirs, j’ai juste cette petite montée d’adrénaline qui met en vigilance et en excitation. Je me concentre uniquement sur le jeu, les moments perfectibles et le plaisir de jouer.

Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ?

La journée avant un soir de première, c’est généralement l’immersion totale, les derniers petits raccords, un dernier filage, très concentrée. Une envie d’y être. Comme un accouchement. Il est temps.

Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ?

J’ai besoin d’un temps tranquille en loge, costumée, à me maquiller. Cela concourt à la concentration. Je repointe tout ce à quoi je dois faire attention. Je vérifie plusieurs fois la mise en place des accessoires que j’utilise. Je vérifie. Souvent, je raconte une histoire drôle, que toute mon équipe connait déjà. Ils sont désespérés. Ils me chambrent. J’adore.

Première fois où vous vous êtes dit « Je veux faire ce métier » ?

Quand je suis allée, toute petite, voir Le roi se meurt avec ma grand-mère au TPF (Théâtre Populaire des Flandres).

Premier bide ?

Je n’ai jamais vécu un bide. Seulement une annulation pour grève, en juillet 2003, au Festival d’Avignon. Je jouais dans la création Cendres de cailloux de Daniel Danis, mise en scène par Vincent Goethals. Cette grève a porté ses fruits, mais ça a été un moment terriblement douloureux pour notre équipe.

Première ovation ?

Le Cercle de craie caucasien d’après Brecht, mis en scène en 1993 par Vincent Goethals.

Premier fou rire ?

Il y en a eu des dizaines en répétitions. Je suis la première à plonger dans un fou rire. Le fou rire, c’est la connivence totale avec son partenaire quand il y a un raté, un imprévu qui survient. Mais je crois que le premier était avec Claire Dancoisne dans Tête de poulet de Spiro, à la Rose des Vents en 1997. Et aussi, évidemment, avec Serge Bagdassarian dans Salina de Laurent Gaudé, au Théâtre du Nord à Lille en 2005.

Premières larmes en tant que spectatrice ?

Pas de souvenir de larmes, mais les poils qui se dressent. Et il y en a eu plein. Surtout lors de concerts, surtout au Channel, scène nationale de Calais dirigée à l’époque par Francis Peduzzi. Et ses programmations de haut niveau. Preljocaj, Decouflé, El Khatib, Phia Ménard, Didier Ruiz, Loïc Lantoine, le Royal de Luxe et ses géants …

Première mise à nu ?

Au premier degré, c’était dans Le Sylphe, qui regroupait des textes érotiques du XVIIIe siècle. J’y étais nue dans un costume tout en dentelle et transparence créé par Chantal Thomas.

Première fois sur scène avec une idole ?

C’était avec Jacques Bonnaffé dans Le banquet du Faisan en 2004. Le mot idole n’est pas le mot adéquat. C’est un grand artiste du verbe qui m’a donné envie de monter des textes poétiques et de m’amuser avec l’oralité et la musicalité des textes.

Première interview ?

Pour Stabat Mater Furiosa de Jean-Pierre Siméon, il me semble. C’est loin. En 2006. Année où je créais ma propre compagnie.

Premier coup de cœur ?

Le premier, je dirais, Les Bas-fonds de Gorki, mis en scène par Gildas Bourdet en 1982. Et mon dernier (immense) coup de coeur est pour Qui som ? des Baro d’evel.

9 février 2026/par L'équipe de sceneweb
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