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« Doléances (La fable de l’écoute) » exhume les « doléances » du Grand débat de 2019

Actu, Avignon, Théâtre
Doléances © Pascal Gely
Doléances © Pascal Gely

© Pascal Gely

Au festival Off d’Avignon, la compagnie Artépo fait entendre sur scène les cahiers de doléances rédigés par des Français lors du Grand débat national de 2019, pour sortir ces paroles de leur « invisibilisation ». A voir au Théâtre du Train bleu jusqu’au 23 juillet 2026.

Cette consultation citoyenne, entre le 15 janvier et le 15 mars 2019, avait été la réponse du président Emmanuel Macron à la crise des gilets jaunes, mouvement populaire de contestation contre la vie chère, les inégalités et les lacunes de la démocratie.

Pour écrire Doléances (La fable de l’écoute), le metteur en scène Stanislas Roquette et le dramaturge Alexis Leprince ont épluché les archives départementales de la Somme, à Amiens, examinant les cahiers de quelque 200 communes, d’abord sur place puis grâce à des versions numérisées.

« On a eu un coup de coeur en prenant connaissance de ces quantités de textes inédits enterrés » , confie Stanislas Roquette, les qualifiant de « matériau extraordinaire » pour le théâtre. Est alors née « l’envie artistique de les faire entendre, du fait de leur invisibilisation, de leur oubli et du non-respect de la promesse qui avait été faite de les rendre publics.»

Le projet, selon lui, est aussi né de la volonté « politique de faire connaître ce qui est peut-être la plus grande consultation populaire depuis la Révolution française ».

Dans une mise en scène sobre, la pièce est introduite par un rappel de la crise des gilets jaunes, vidéos à l’appui. Puis, trois comédiens jouent tour à tour un couple de retraités protestant contre « la hausse de la CSG », un couple rêvant de meilleurs services publics et une citoyenne réclamant de fermer l’Elysée.

A l’écran défilent aussi des images de lettres manuscrites, parfois sur des pages d’écolier, comme celle d’une mère seule avec un enfant, habituée de l’épicerie sociale, qui demande de « relever les minima sociaux » ou celle d’un citoyen citant Victor Hugo.

Cris de colère, appels au secours, propositions documentées, humour, émotion… Parfois, les remarques sont plus ordinaires et portent sur ce « stop au bout de la rue » que personne ne respecte ou le prix trop élevé des appareils auditifs.

Des extraits de discours prononcés par Emmanuel Macron pendant cette période rythment la pièce, tandis que son personnage sur scène se fait baffer, déshabiller et ornementer de grandes oreilles.

« Ce Grand débat, contrairement à l’idée d’une désaffection publique pour la chose politique, a redonné ses lettres de noblesse à la parole citoyenne », estime Stanislas Roquette, qui juge que son spectacle « questionne également la justesse de la parole politique ».

Karine Perret © Agence France-Presse

7 juillet 2026/par AFP
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