Carmen, loin de l’Espagne de Bizet, chante, danse, dans les rues, les champs ou sur les places des villages de Franche-Comté, au rythme de l’ensemble des Percussions Claviers de Lyon, avec ses xylophones, vibraphones, marimbas, et un piano.
« C’est ça l’amour ? » Dans des villages de Franche-Comté, une nouvelle production de Carmen envoie promener la notion de « crime passionnel » pour mieux dénoncer le féminicide de l’héroïne de Bizet.
Par 35°C en ce vendredi soir, un « opéra promenade » s’installe dans le petit village de Pusy, près de Vesoul. Le concept : chaque acte est joué dans un lieu différent du village, les quelque 300 spectateurs se déplaçant avec leur tabouret pliant d’un endroit à l’autre aux côtés des solistes, des choristes et des musiciens, loin de l’ambiance compassée des grandes salles internationales.
« Le cliché de l’opéra qui est très cher et élitiste, malheureusement il perdure, mais en réalité, voilà ce qu’on peut faire aujourd’hui », se félicite Marie Le Normand, qui interprète le rôle-titre.
La production, qui se déplace jusqu’au 28 août dans huit villages de la région, est une version très originale de l’opéra de Bizet. Baptisée « Carmen oiseaux rebelles », elle est accompagnée par un orchestre de percussions claviers (xylophone, marimba, glockenspiel, vibraphone…), qui respecte la mélodie originale mais lui donne une saveur étonnamment moderne.
Surtout, l’œuvre, qui s’achève par le meurtre de Carmen par son amant Don José, est fréquemment interrompue par des acteurs qui mettent en cause les préjugés machistes sous-tendant l’opéra de Bizet, chanté pour la première fois en 1875.
Si Carmen, à la nuit tombée, est habillée d’un tailleur rouge vif, évoquant la couleur du sang, elle ne sera pas sacrifiée devant le public.
« Il faut arrêter avec ces œuvres où on applaudissait la mort en disant que c’était une histoire d’amour », explique à l’AFP le metteur en scène, Olivier Letellier.
À la place du final habituel, le compositeur Didier Puntos a écrit un « bal de l’amour » qui enchante les spectateurs, invités à danser sur scène avec les chanteurs.
« Il ne fallait pas avoir peur de réécrire l’histoire », s’enchante Anna Pida, 66 ans, pour qui on n’a pas trahi Bizet. « Il est temps qu’on change la vision des choses », affirme cette retraitée de La Poste, venue avec son mari d’un village voisin.
L’opéra promenade, qui existe depuis 20 ans en Franche-Comté, compte sur la population locale pour assurer les chœurs, mais aussi pour accueillir chaque soir entre 20 et 30 chanteurs, techniciens et musiciens d’un village à l’autre : faute d’hôtellerie, ces derniers sont hébergés chez l’habitant.
Au total, en huit soirées, le spectacle devrait attirer entre 2 500 et 3 000 spectateurs, dont beaucoup n’ont jamais eu la chance d’aller à l’opéra.
Patrick Baert – AFP
Carmen, oiseaux rebelles
Musique Georges Bizet I Livret original Henri Meilhac, Ludovic Halévy I Musiques additionnelles Didier Puntos I Adaptation du livret Ecriture originale Catherine Verlaguet I Adaptation musicale Gilles Dumoulin I Direction musicale Gilles Dumoulin, Didier Puntos I Mise en scène Olivier Letellier I Direction musicale Gilles Dumoulin, Didier Puntos I Avec Teddy Bogaert, Luc Dhenin, Marie Le Normand, Perrine Livache, Arthur Pérot, Elsa Roux Chamoux, Les Percussions Claviers de Lyon, L’Atelier chant du Théâtre direction : Roberto GraiffProduction déléguée Théâtre Edwige Feuillère I Coproduction Tréteaux de France CDN, Percussions Claviers de Lyon
Conseillé dès 8 ans
Durée : 2h15
Opéra promenade avec le Théâtre Edwige Feuillère
Tournée été 2026
VENDREDI 14 AOÛT À 19H – Pusy-et-Epenoux (70)
DIMANCHE 16 AOÛT À 19H – Cendrecourt (70)
MARDI 18 AOÛT À 19H – Genevrey (70)
JEUDI 20 AOÛT À 19H – Voillans (25)
SAMEDI 22 AOÛT À 19H – Poligny (39)
LUNDI 24 AOÛT À 19H – Arbois (39)
MERCREDI 26 AOÛT À 19H – Boussières (25)
VENDREDI 28 AOÛT À 19H – Charcenne (70)

Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !