Après le Conservatoire d’art dramatique, et titulaire d’une maîtrise de philosophie, Constance Dollé intègre la Classe Libre du Cours Florent. En 2019, elle reçoit le Molière du Seul·e en scène pour Girls & Boys de Dennis Kelly, dans la mise en scène de Mélanie Leray au Petit Saint-Martin. Avec Sandrine Raynal, elle a adapté Croire aux fauves, le roman de Nastassja Martin, dans une version présentée à La Scala Paris.
Avez-vous le trac lors des soirs de première ?
J’ai toujours le trac. Le plus fort jusqu’à présent a été celui que j’ai éprouvé quand j’ai joué le seule en scène Girls & Boys parce qu’à première vue, on ne peut compter que sur soi. Et puis, très vite, j’ai pu considérer que le public et l’auteur étaient mes partenaires comme pour n’importe quelle autre pièce où l’on est plusieurs comédiens à jouer. Au fond, le meilleur remède au trac, c’est d’avoir confiance en sa capacité à être au présent.
Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ?
Je relis mon texte, mes notes et me repasse les intentions sur chaque scène. Je me re-raconte l’histoire. Après, j’arrive en loge, offre mes cadeaux de première, ouvre les miens, pense à celles et ceux qui me soutiennent et respire un bon coup.
Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ?
Elles varient selon les projets, mais il y a toujours deux personnes en particulier à qui j’adresse quelque chose en pensée.
Première fois où vous vous êtes dit « Je veux faire ce métier » ?
En réalité, je ne me le suis pas vraiment dit. Je n’y pensais pas, j’étudiais. Et puis, il s’est trouvé plusieurs personnes qui ont pensé que la scène pourrait être un espace d’épanouissement pour moi. Elles m’ont encouragé à jouer Numerobis, par exemple, quand j’étais en cinquième pour le spectacle de fin d’année. J’ai fait rire des centaines d’élèves et j’ai trouvé ça formidable. Et puis, beaucoup plus tard, alors que j’étais à la fac, un ami m’a conseillé de passer les auditions du Conservatoire du 10e arrondissement où j’ai passé trois ans ; et encore ensuite, une autre, de tenter la Classe Libre de Florent. Là-bas, une agent a décidé de me représenter et, quelques mois plus tard, j’ai été engagée pour jouer avec Robert Hirsch et Marina Hands à la Porte Saint-Martin. On m’a appelée en début d’après-midi pour faire une lecture deux heures plus tard, et j’ai su le jour même que c’était moi qui était choisie. À partir de ce moment-là seulement, je me suis dit : OK, ce sera mon métier.
Premier bide ?
Un parcours libre au Conservatoire. On avait trois minutes où on pouvait faire ce qu’on voulait. Et j’ai tenté : rien. Je me suis tue pendant trois minutes en regardant devant moi.
Première ovation ?
Astérix et Cléopâtre en cinquième dans le théâtre d’Ostie, près de Rome.
Premier fou rire ?
J’en ai eu plein, mais les plus mémorables restent ceux avec François Berléand dans Moi, moi et François B. J’ai une complicité extraordinaire avec lui. Nous avons joué plusieurs fois ensemble au cinéma et au théâtre, mais nous sommes si rieurs et la pièce était dingue… donc il a fallu essayer de tenir bon tous les soirs. En tournée, ça a été grandiose !
Premières larmes en tant que spectatrice ?
Au cinéma, Annie, je crois. Et au théâtre j’ai été bouleversée par Mnemonic de Simon McBurney.
Première mise à nu ?
Littéralement, c’était dans un spectacle au Conservatoire où je jouais Bianca, la sœur de Catharina dans La Mégère apprivoisée. À un moment, elle déchirait mon bustier et on découvrait ma poitrine. Mes parents étaient présents dans la salle et je me suis dit, moi qui suis très pudique : « Si tu parviens à assumer, c’est que tu ne confondras plus jamais le personnage et toi. »
Première fois sur scène avec une idole ?
Je ne connaissais pas Robert Hirsch quand j’ai su que j’allais jouer avec lui. J’ai découvert plus tard à quel point c’était une idole pour les autres, ou plus exactement un comédien très admiré par la profession. J’ai été donc très libre avec lui, parfois même insolente, et c’est ce qui lui a plu. Nous sommes devenus très proches et c’est seulement après que j’ai regardé le comédien qu’il était avec une immense admiration.
Première interview ?
Je ne me souviens plus si c’était la première, mais celle qui m’a marquée était pour Télérama. On faisait la couverture avec plusieurs « jeunes étoiles montantes » et le journaliste avait écrit un truc du genre : « Elle qu’on engage souvent pour jouer les ingénues, les naïves ou les soubrettes n’est finalement pas si sotte ! ». Je m’étais dit : « Ah d’accord, on en est là. »
Premier coup de cœur ?
Anne Benoît dans Les Prétendants de Lagarce monté par Jean-Pierre Vincent. Elle m’a fait hurler de rire.



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