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« Sept Larmes pour Élisabeth » : Thibaut Garcia et Aure Wachter dans l’univers de John Dowland

Actu, Danse, Montpellier, Orléans, Paris, Théâtre musical
Thibaut Garcia et Aure Wachter Sept Larmes pour Élisabeth
Thibaut Garcia et Aure Wachter dans Sept Larmes pour Elisabeth

Photo Aglaé Bory

Aurélien Bory met en scène la danseuse Aure Wachter et le guitariste classique Thibaut Garcia dans Sept Larmes pour Élisabeth, une plongée dans la musique élisabéthaine du compositeur John Dowland, ou comment trois univers artistiques différents fusionnent pour donner vie à une œuvre unique et novatrice. Un spectacle créé au festival Montpellier Danse, en partenariat avec le Festival de Radio France Montpellier Occitanie.

Au départ du projet, il y a une rencontre fortuite entre le metteur en scène Aurélien Bory, directeur du Théâtre Garonne, et le guitariste Thibaut Garcia lors d’une réception à Toulouse. Aurélien Bory aime la guitare classique, et Thibaut Garcia lui confie avoir envie de travailler avec Aure Wachter, sa compagne. Très vite, jaillit dans leurs conversations le nom de John Dowland, compositeur anglais de la Renaissance (1563-1626) et auteur de Flow My Tears. « C’est un tube de la Renaissance, explique Thibaut Garcia. Cette œuvre parle à tout le monde. On est parti de Flow My Tears, qui, en extension, a donné les Seven Tears, qui est son plus grand cycle. Et cela nous a amené ensuite, dans la dramaturgie et dans la mise en scène, au mouvement, avec cette idée des larmes, de la mélancolie, des plis de l’âme et de l’intérieur de soi. »

La musique de Dowland est donc au cœur de cette pièce qui est une véritable collaboration entre les trois artistes. « Il y a dans le spectacle une cohérence par rapport à ce que j’ai toujours fait : le rapport à la musique, souligne Aurélien Bory. Je sortais de ce cycle autour des portraits de femmes avec Questcequetudeviens?, Plexus et aSH. Quand j’ai rencontré Thibault et quand il m’a dit qu’ils n’avaient jamais travaillé ensemble avec Aure, j’ai eu envie de mettre un peu de leur vie sur le plateau et de voir aussi comment cette période mélancolique élisabéthaine nous traverse aujourd’hui. Le sujet des Seven Tears, c’est vraiment la musique, comment elle vient se loger à l’intérieur de nous dans le temps, dans les plis de notre âme, dans nos mots. Gilles Deleuze disait que la musique produisait des affects. »

Aure Wachter travaille comme interprète depuis près de dix ans avec plusieurs chorégraphes, dont Rachid Ouramdane, Jann Gallois et Soa Ratsifandrihana. Dans ses collaborations avec François Chaignaud et Les Cris de Paris, elle mène également un travail autour de la relation entre la voix et le mouvement dans l’espace scénique. C’est la première fois qu’elle se confronte à la chorégraphie. Elle a découvert à travers ce spectacle la guitare comme un objet physique, pas seulement musical. « Très vite dans la collaboration est arrivé le motif de la transe, ce mouvement circulaire, cette espèce de transe en tournant sur soi même », précise la chorégraphe qui a également assisté Maud Le Pladec pour la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, et fait désormais danser son compagnon. « Je pose la guitare pour la première fois de ma vie pour aller danser, pour me mettre en mouvement, confesse le guitariste. Je pense que cela aurait été différent dans un autre contexte. C’est un langage différent, c’est une autre façon de s’exprimer. Il nous a fallu du temps et c’était passionnant. »

Comment dès lors traiter de la mélancolie dans la scénographie ? Aurélien Bory a fait le choix de travailler sur des impressions. « Le défi était de traiter la mélancolie dans l’espace. Je l’ai trouvée dans la notion du pli, qui est la caractéristique du baroque, avec un tissu de 32 mètres, un grand rideau de théâtre noir, qui nous ramène à cette période historique car Élisabeth Ire ne portait que des robes noires depuis le massacre de la Saint-Barthélemy. Cela donne un ancrage à Aure et Thibaut pour incarner cette période dans le mouvement et dans cette scénographie de l’âme qui devient organique au fil du spectacle. »

Stéphane Capron – www.sceneweb.fr

Sept Larmes pour Élisabeth
Scénographie, mise en scène Aurélien Bory
Direction musicale Thibaut Garcia
Écriture chorégraphique Aure Wachter
Avec Thibaut Garcia, Aure Wachter

Production Compagnie 111 – Aurélien Bory
Coproduction ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, La Philharmonie de Paris, Théâtre d’Orléans – scène nationale, Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie
Accueil en répétitions et résidences Théâtre de la Digue, théâtre Garonne, ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie

La Compagnie 111 – Aurélien Bory est conventionnée par le Ministère de la Culture – direction régionale des affaires culturelles Occitanie. Elle est aidée au fonctionnement par la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée au titre du dispositif d’aide aux opérateurs structurants et par la Mairie de Toulouse. Elle reçoit le soutien du Conseil départemental de la Haute-Garonne et de la Mairie de Toulouse pour certaines de ses créations. La Compagnie 111 reçoit également le soutien de l’Institut français pour certains projets à l’international.

Durée : 1h

Montpellier Danse, Théâtre Jean-Claude Carrière – Domaine d’O
les 3 et 4 juillet 2026

Philharmonie de Paris
les 19 et 20 novembre

Théâtre d’Orléans, Scène nationale
les 24 et 25 novembre

4 juillet 2026/par Stéphane Capron
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