Après la manifestation du 13 juillet qui avait rassemblé 1 800 personnes et qui avait lancé un ultimatum au Gouvernement, environ 300 professionnels ont échangé ce jeudi 16 juillet devant le Palais des Papes lors d’une agora syndicale. Il a été décidé de poursuivre les actions tout au long du festival et de programmer une semaine d’action nationale en septembre.
L’intersyndicale avait posé un ultimatum au gouvernement. Maxime Séchaud, de la CGT Spectacle, a tenté en direct de joindre la directrice de cabinet de Catherine Pégard, la ministre de la Culture pour obtenir une réponse. Sans succès, tombant sur sa messagerie, il a lui a laissé ce message : « Nous mettrons en oeuvre tous les moyens nécessaires, possibles et inimaginables, parce que nous avons de l’imagination ». Mais la grève d’ici la fin du festival n’a pas été retenue.
« Aujourd’hui, nous ne sommes cités nulle part dans les lettres de cadrage du Gouvernement », a dénoncé Ghislain Gauthier, de la CGT Spectacle. « Si nous avions eu un budget en hausse, nos dirigeants se seraient empressés de nous le dire. Ils vont nous faire cuire à petit feu. D’ici un an, je ne sais pas ce qui restera en termes de politique publique dans le spectacle vivant ».
Lors de cette agora, Stéphane Frimat, directeur du Vivat à Armentières et membre du SYNDEAC, a appelé à la vigilance : « le moment n’est pas aux divisions. Il faut que nous restions ensemble. Nous réclamons un moratoire sur l’ensemble des coupes budgétaires, une commission interministérielle et le 1 % culturel. C’est le minimum que l’on puisse demander à ce gouvernement ».
Cette volonté d’action collective a été relayée par Emmanuelle Gourvitch, déléguée générale du SYNAVI, qui a exhorté les professionnels à s’emparer de la séquence politique : « Nous nous mobilisons pour que la culture soit au premier plan. Nous devons parler de culture pendant toute cette campagne présidentielle. »
Diversifier les modes d’action
Le débat a également porté sur la forme que devait prendre la contestation. Julien Gill, metteur en scène montpelliérain de la compagnie La Maison Théâtre, a invité à repenser les stratégies de lutte en soulignant l’efficacité des occupations de lieux, vécues comme des moments de « fédération » — comme cela avait été le cas à Montpellier au Centre Chorégraphique Nationale et au CDN des Treize Vents — plutôt que la simple grève, difficile à tenir pour les compagnies les plus précaires. « Aller jouer dans la rue est possible, mais il s’agit surtout d’occuper les lieux, ce qui s’est toujours très bien passé », a-t-il témoigné.
L’intersyndicale appelle désormais à une prise de parole systématique lors de chaque représentation dans les festivals tout au long de l’été, et à une mobilisation nationale d’envergure, avec un point d’orgue le 26 septembre. « Nous déposons un préavis de grève pour que celles et ceux qui peuvent faire grève puissent se mettre en grève. Pour les autres, nous avons plein de moyens d’action, comme l’occupation, la manifestation ou le tractage pour soutenir les camarades. On peut construire collectivement, malgré nos disparités, et c’est comme ça qu’à la fin, on les fera trembler », a conclu Maxime Séchaud, de la CGT Spectacle.




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