Environ 1800 personnes se sont rassemblées en fin de journée, devant le Palais des Papes pour réclamer un moratoire immédiat sur l’ensemble des coupes budgétaires. L’intersyndicale laisse jusqu’au 16 juillet au Gouvernement pour se prononcer et discutera ensuite des modalités d’action, incluant la possibilité d’un appel à la grève durant le festival.
Les syndicats d’employeurs et de salariés, et les artistes ont lancé ce lundi 13 juillet un appel solennel à l’exécutif pour dénoncer une politique budgétaire qualifiée de « catastrophe sociale » lors d’une conférence de presse unitaire, avant un rassemblement devant le Palais des Papes. La situation est « totalement inédite » pour Joris Mathieu, le coprésident du SYNDEAC, qui a posé les jalons des revendications : un moratoire urgent sur les coupes budgétaires, l’ouverture d’une commission interministérielle et l’exigence d’un refinancement portant le budget de la culture à 1 % du budget de l’État.
Avant la dernière de Maldoror, dimanche 12 juillet, dans la Cour d’honneur du Palais des Papes à Avignon, les artistes du festival avaient interpellé Emmanuel Macron, le Président de République sur la réduction sans précédent des subventions de l’État, en plein mois de juillet, alors que les saisons sont lancées.
« Jamais il n’y a eu autant de monde dans nos salles, jamais autant de jeunes gens ne se sont tournés vers les arts », a expliqué Hortense Archambault, la directrice de la MC93, qui fait partie des 28 structures touchées par le surgel des subventions de 5%. Le budget de son théâtre pourrait être amputé de 400 000 euros. Elle s’est dit confrontée à un dilemme moral sans précédent : sacrifier la confiance des artistes et du public ou mettre sa structure en péril financier. « J’ai annoncé à mon conseil d’administration que je mettais la MC93 en gros déficit en 2026. Je ne veux pas déprogrammer mes spectacles », tranche-t-elle, dénonçant un « double discours » gouvernemental qui vante la culture à l’étranger tout en la démantelant en silence.
La précarité frappe désormais toutes les strates du secteur selon Ghislain Gauthier de la CGT Spectacle qui a souligné que « les baisses d’emploi dépassent les 10 % dans plusieurs branches, rendant l’accès aux droits sociaux de plus en plus difficile pour les intermittents et les permanents.» Tiago Rodrigues, le directeur du Festival d’Avignon, a réaffirmé son soutien total au mouvement. Il a rappelé que le festival, « patrimoine démocratique », est interdépendant de ces structures qui, une fois affaiblies, fragilisent l’ensemble de l’écosystème culturel français.
Dès le 16 juillet au soir, une agora est prévue à 19 h devant le Palais des Papes pour discuter de modalités d’action qui pourraient aller jusqu’à la grève au sein du festival. Une pétition destinée aux élus a été lancée recueillant déjà des centaines de signatures et une semaine de mobilisation nationale est déjà programmée autour du 21 septembre, avec un point d’orgue le samedi 26 septembre. « Cette confrontation n’est pas voulue, elle est provoquée par la surdité de l’exécutif », a conclu Ghislain Gauthier. Les acteurs culturels exigent désormais un véritable débat parlementaire sur l’avenir de leur service public, refusant que leur avenir soit sacrifié sur l’autel d’une gestion comptable imposée sans concertation.




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