Avec Orfeo vacilla, présenté au CIAM, Marie Molliens signe un opéra circassien jeune public, qui réinvente le mythe d’Orphée et Eurydice.
Depuis quinze ans, en marge de la création de ses opéras, le Festival d’Aix-en-Provence organise en juin ses Passerelles, sous l’impulsion de Frédérique Tessier. Des spectacles gratuits à destination de tous les publics. Une introduction au monde lyrique, à travers des formes multiples et propose de multiples actions de médiation. Comme ce fut le cas cette semaine, avec l’une des représentations de la nouvelle création de la circassienne Marie Molliens qui a ravi des dizaines d’enfants. Une production de sa compagnie Rasposo et du Centre International des Arts en Mouvement (CIAM), dont le président, Philippe Delcroix, est également directeur technique du festival d’art lyrique. La fildefériste et voltigeuse Marie Molliens réussit une fusion artistique innovante entre le cirque et l’opéra.
Le cahier des charges imposait d’avoir un lien avec la programmation du festival, soit La Flûte enchantée ou le Requiem. Marie Molliens est partie sur l’idée d’un petit Requiem. « Mais, à force d’y réfléchir, on trouvait que ça ressemblait beaucoup à notre précédent spectacle, Oraison, qui était déjà sur ce sujet-là. On a donc proposé cette réécriture de l’opéra de Gluck, où il est question du deuil », explique la circassienne. Sous le chapiteau, il n’était pas question d’embarquer un orchestre. Alors, pour rester dans l’esprit forain, le compositeur Éric Bijon a transposé la partition pour accordéon et orgue de foire en faisant fabriquer spécialement des cartons pour cette réécriture de la composition de Gluck pour le limonaire.
Marie Molliens a fait le choix de concentrer l’opéra sur les deux personnages principaux dans un univers qui frôle le fantastique. « Le cirque se prête à ce mythe onirique. On avait envie de transformer le chapiteau, comme une attraction de foire un peu abandonnée, même si les enfers ne sont pas faciles à représenter, sans que le spectacle, destiné à un jeune public, ne soit terrifiant ou angoissant. »
Orfeo vacilla a été créé en très peu de temps, à peine huit jours de répétitions. Le chœur est assuré par les jeunes artistes de l’Ensemble vocal EV’AMU. Il y a trois interprètes pour le rôle d’Orphée : les circassiens Niels Mertens et Robin Auneau, et le contre-ténor Ludovic Glowacz, qui a rejoint la production au pied levé. Il se hisse sur la toile du chapiteau, grimpe avec aisance aux mâts. Marie Molliens a été époustouflée par le jeune chanteur : « Sa façon de bouger et son physique sont impressionnants, il n’est pas du tout déconnecté des artistes circassiens. » La fusion entre cirque et opéra est une réussite. Marie Molliens parvient à mettre les deux arts au même niveau, sans hiérarchie. Ted Huffman, le nouveau directeur du Festival d’Aix, a lui aussi été séduit par la performance. Une première collaboration entre le festival d’art lyrique et le CIAM qui pourrait en appeler d’autres.
Stéphane Capron – www.sceneweb.fr
Orfeo Vacilla
Écriture, mise en scène, lumières Marie Molliens
Avec Ludovic Glowacz (contre-ténor), Niels Mertens (acrobate, porteur, basculiste), Robin Auneau (porteur, équilibriste), Marie Molliens (fil-de-fériste), Eric Bijon (accordéon) et l’Ensemble vocal EV’AMU
Assistant mise en scène Robin Auneau
Arrangement musical Eric Bijon
Création sonore Grégory Adoir
Création lumière Antoine Travert
Création masques Camille Judic
Cheffé accessoriste Fanny Molliens
Contributeur en cirque d’audace Guy PérilhouProduction Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, dans le cadre du dispositif Passerelles
Coproduction Cie Rasposo ; CIAMDurée : 1h
À partir de 6 ansCIAM, Aix-en-Provence, dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence
du 21 au 25 juin 2026




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