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Ludmilla Dabo part en quête de nos héritages musicaux

A voir, Les critiques, Paris, Théâtre musical
Musiques en héritage de Ludmilla Dabo
Musiques en héritage de Ludmilla Dabo

Photo Jean-Louis Fernandez

Qui n’a pas une berceuse ou une mélodie imprégnée depuis sa plus tendre enfance dans sa chair ? Ludmilla Dabo invite cinq comédien·nes-musicien·nes à partager leurs racines musicales dans un concert en forme de veillée où les récits appellent les chansons et le contraire. Elle s’attèle à exhumer du passé ces musiques qui nous bâtissent et nous relient, à interroger la transmission qui s’y joue et à faire de nos mémoires musicales un pont pour approcher de plus près nos histoires.

Il y a des spectacles qui sont comme les émanations du rêve d’un artiste, une extension de son désir le plus profond, un souhait qui prend forme, un vœu qui se réalise. Musiques en héritage est de ceux-là. Deuxième création de la comédienne-chanteuse Ludmilla Dabo après My body is a cage, présenté dans l’ex-salle Copi de La Tempête, ce nouvel opus, tout autant musical et collectif, déploie cette fois ses ailes dans la grande salle et témoigne d’une maturité nouvelle, nourrie de patience, de sédimentation, comme si les curseurs de la curiosité pour l’autre et de l’attention à la rencontre avaient été poussés à leurs maximums, comme si le besoin de faire se croiser des histoires, des voix, des présences avait atteint là son point de saillance. Ludmilla Dabo a mûri, fait du chemin et affiné ses outils, et son spectacle au grand cœur reflète ce qu’elle a chevillé au corps : cette nécessité ardente de tendre le micro aux autres, de faire œuvre commune en tissant les récits de chacun et chacune.

Entre le concert et le théâtre, comme une veillée de contes et de chansons au coin du feu, Ludmilla Dabo et ses complices nous invitent dans leur cocon accueillant. Un salon tout-monde à leur façon, qui étale ses tapis, fauteuils et coussins sous des abat-jours qui en ont vu. Mais rien ne respire la poussière ici ni le repli, c’est un lieu qui a vécu, un mobilier avec un passé, une scénographie en îlots et écrins où s’abriter, mais aussi se déplacer pour reconfigurer les relations, exprimer le mouvement et le passage des générations. Car c’est une affaire de transmission, de migrations et d’exils que ce spectacle cousu de témoignages et de chansons. Au centre, à l’avant-scène, une malle, autel où déposer ses souvenirs, cercueil où se recueillir. Jonché de fleurs et de bougies, ce coffre-symbole est le lieu où tout commence, où le chœur qui habite le plateau s’avance et prend corps, où les un·es et les autres reviennent régulièrement partager un souvenir personnel, une anecdote familiale, une part secrète qui les constitue.

En partant du constat que les musiques qui nous ont été transmises par nos mères, nos pères, nos grands-parents, nos oncles et tantes ont façonné les personnes que nous sommes devenues, qu’elles ont impacté nos identités futures, Ludmilla Dabo se met en quête de connaître les origines musicales des artistes avec qui elle a choisi de partager cette aventure. Dans la simplicité de conversations attisées par ses questions, elle lève le voile sur des récits intimes et universels à la fois. Que ce soit une berceuse bretonne chantée par un grand-père avant le coucher dans un lit bordé trop serré, une passion maternelle pour Wagner et l’opéra, un oncle qui partage son amour pour le maloya, le rituel d’une comptine avec un père qui s’éclipsera ou un cantique en bassa qu’on chante en phonétique à l’oreille sans parler la langue, chaque morceau apporté sur ce plateau est un pan de mémoire et de vie, un héritage immatériel qui charrie nos goûts et cultures, convoque nos racines et nos liens.

La musique irrigue le spectacle, surgit sans crier gare au détour d’une histoire, émane du vécu de chacun et chacune qu’il nous faut citer tant iels sont parties prenantes de ce jaillissement de récits et mélodies jamais convenues ni trop entendues, surgies du fond de l’enfance, du pays natal et des époques : Kaloune, Élise Vigier, Anthony Cappelli, Louis Jeffroy et Gilles Normand. Toutes et tous font de ce spectacle une utopie collective, s’expriment depuis leur génération, réactivent leurs origines et ravivent leurs aïeux, rendant hommage aux fantômes de leurs ancêtres en une cérémonie réparatrice et rassembleuse. Dans une dramaturgie organique qui privilégie la circulation, où paroles et musiques rebondissent les unes sur les autres, s’entremêlent jusqu’à des expérimentations de medley épiphaniques qui donnent des frissons, les interprètes parviennent à nous faire oublier le théâtre et ses conventions. Et c’est comme si nous faisions partie de leur cercle, que nous allions nous aussi nous lever et nous mettre à parler, à raconter nos musiques à nous, celles qui nous tissent et nous habitent, nous relient en creux à celles et ceux qui nous ont précédés.

Rythmes et chants traditionnels du Cameroun ou du Sénégal, maloya de résistance et d’émancipation de l’île de La Réunion, airs bretons et variété française, la partition musicale est métissée, varie ses orchestrations, tantôt a capella, en polyphonie, accompagnée par deux batteries et d’autres instruments. Elle est le fruit du mélange de ces six personnalités, de leurs différences et de leurs points communs, qui enrichissent la composition et ouvrent des horizons. Ludmilla Dabo laisse la place à l’écoute et ce n’est pas rien, c’est palpable et bouleversant. Star en son domaine, elle pourrait tirer la couverture à elle et n’en fait rien. Une parmi les autres, elle irradie d’une générosité qui enveloppe et élève quiconque se chauffe à sa lumière et à sa voix extraordinaire.

Marie Plantin – www.sceneweb.fr

Musiques en héritage
Texte et mise en scène Ludmilla Dabo
Avec Anthony Capelli, Ludmilla Dabo, Louis Jeffroy, Kaloune, Gilles Normand, Élise Vigier
Assistanat à la mise en scène Marie Desgranges
Lumières Kevin Briard, assisté de Hannah Kircher
Son Alexandre Borgia, Patrick Da Silva
Régie générale, accessoires Hannah Kircher
Costumes Alma Bousquet

Production Sorcières et compagnie, Libomna
Coproduction Comédie de Caen ; Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines – Scène nationale ; Théâtre Sénart – Scène nationale ; Machinerie-Vénissieux – Scène conventionnée d’Intérêt National ; La Ferme du Buisson
Avec l’aide de la MC93
Coréalisation Théâtre de la Tempête
Action financée par la région Ile-de-France

Durée : 1h40

Théâtre de la Tempête, Paris
du 6 au 24 mai 2026

8 mai 2026/par Marie Plantin
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