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Macha Makeïeff : « La brutalité de l’annulation de l’exposition estivale au Palais des Papes est une forme de désinvolture à l’égard des artistes »

À la une, Avignon, Théâtre
Macha Makeïeff
Macha Makeïeff

Photo Stéphane Capron

Avignon Tourisme a annulé la grande exposition du Palais des Papes, préparée par Macha Makeïeff, Les Choses divines – Inventaire fantaisiste, qui devait se dérouler du 26 juin 2026 au 3 janvier 2027. Elle l’a fait savoir dans un communiqué quelques jours seulement avant le début du transfert des œuvres. Sans donner plus d’explications à la metteuse en scène, qui s’interroge sur les vraies raisons de cette annulation.

En mars, vous présentiez les contours de votre exposition Les Choses divines – Inventaire fantaisiste qui était prévue cet été au Palais des Papes à Avignon. Début avril, Avignon Tourisme a annoncé dans un communiqué l’annulation de l’exposition. Quelles raisons vous ont été données ?

L’exposition est un spectacle immobile, une excentrique traversée du Palais comme un vaste cabinet de curiosités, l’invention d’une histoire qui dit nos beaux mensonges, nos vérités inventées. Sarabande vers l’imaginaire du public.

J’ai trouvé, rassemblé de pauvres et sublimes choses de la scène, accessoires, costumes, restes de décor, châssis, masques et autres merveilles défaites et aimées. Le factice à sa part divine. Avec le frénétique désir de jouer encore avec des débris héroïques des spectacles perdus. Avec Barcelo, Traquandi, Adami, Mckenzye, Hidaka… une confrontation avec les peintres de la scène, Gontcharova, Derain, Cassandre, Lalique, Masson, Prassinos, Manessier, Pignon, Cassandre. Une grande Parade des Bêtes comme écho aux ménageries des Papes, et toutes mes Choses comme autant de reliques hérétiques. Une célébration grave et fantaisiste du Théâtre, art prophétique.

Alors, il y a désormais l’abandon d’un travail artistique et logistique de 18 mois (commissariat, conception, scénographie, dessins, rédaction, graphisme, affiche, maquette, écriture d’un catalogue…) et la suspension de la promesse d’une rencontre avec le public qui fait le sens de ce geste.

Après des réunions mensuelles, j’ai pu présenter, en mars, le projet détaillé avec les plans, un calendrier, et un premier budget susceptible d’aménagements, d’arbitrages. Comme c’est toujours le cas pour toute exposition. On présente une proposition idéale et on regarde ce qui est ajustable techniquement, en termes de sécurité et de budget. C’est la règle du jeu, elle est connue. Mais finalement, on m’a fait comprendre qu’il n’y avait pas le financement de l’exposition. La surprise fut de le savoir si tard. J’ai alors proposé un report de l’exposition.

Est-ce que le nouveau maire, Olivier Galzi, ou son équipe municipale sont entrés en relation avec vous ?

Non, je n’ai eu aucun contact avec la nouvelle équipe, à part ce communiqué de presse. Pas un mot. Rien pour l’instant. Cela participe à ce sentiment douloureux de l’empêchement. Une expérience tout à fait inédite pour moi.

Avignon Tourisme met en avant des « contraintes administratives qui ne permettent plus de garantir le planning d’installation des œuvres ». Vous aviez prévu de rassembler des œuvres puisées dans les collections de plusieurs musées du Sud (le Nouveau Musée national de Monaco, le Musée Requien d’Avignon, le Museon Arlaten d’Arles, le Muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence, le Cirva…). Est-ce que cela signifie que tout n’avait pas été négocié avec ces musées ?

Tout avait été négocié et les conventions signées. L’exposition, outre un geste artistique personnel, était l’occasion de valoriser les collections du territoire. Simplement, on a craint que pour certains musées, pour deux d’entre eux, il faille repasser devant le nouveau conseil municipal dont on n’avait pas la date en raison du calendrier électoral. Cela ne concerne que quelques œuvres qui, le cas échéant, auraient été mises en place à la fin de l’installation.

Une annulation à quelques heures seulement du début de l’accrochage d’une telle exposition, qu’est-ce que cela vous inspire ? 

C’est violent, comme un désaveu. Il y a cet effacement pour moi-même, mes collaborateurs, et pour les jeunes artistes invités, de ce qui allait se mettre à exister et d’un rendez-vous avec le public qui n’aura pas lieu. Ce vide et ce vertige. Une blessure.
Mais, c’est au-delà de ma personne et de mon geste artistique que cela se joue.
Je m’interroge sur cette brutalité qui est aussi une forme de désinvolture à l’égard des artistes, mais aussi des régisseurs, des artisans, des intermittents.
Est-ce le monde qui se prépare, brutal, désinvolte ? Est-ce le manque de considération vis à vis de l’art et de la culture dans la Cité, variables d’ajustement, qui sera la règle nouvelle?

Pensez-vous qu’un report soit possible en 2027 ?

Qui sait ? Ce n’est pas ce que le communiqué suggère, et je crains que la nouvelle équipe ne se démarque et ne désavoue la précédente. Le choix de l’artiste invité au Palais des Papes est la décision du Maire. Quel sera l’arbitrage ultime? On jette tout ce travail et cet imaginaire avec indifférence ? Ou alors un miracle, puisque je racontais des Choses divines dans un haut lieu du pouvoir…

Propos recueillis par Stéphane Capron – www.sceneweb.fr

21 avril 2026/par Stéphane Capron
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