Le festival d’Aurillac 2026 sous le signe de la Méditerranée avec un dispositif de sécurité renforcée
Un dispositif de sécurité renforcé est mis en place pour le festival d’Aurillac, qui s’ouvre ce mercredi 19 août et dont la précédente édition avait été émaillée de violences, a indiqué la préfecture du Cantal. La 40e édition du festival d’Aurillac portée par le Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public (CNAREP) ÉCLAT se déroule jusqu’au 22 août 2026 et propose cette année un « Focus Méditerranée ».
Trois unités de forces mobiles (CRS) seront présentes tout au long de la manifestation, a annoncé la préfecture. La police bénéficiera des effectifs locaux mais également de renforts (BAC, équipes cynophiles et officiers de police judiciaire), selon la même source. Concernant la gendarmerie, aucun renfort extérieur n’est prévu mais il y aura une « mobilisation très importante des effectifs cantaliens » avec 31 services spécifiques de contrôles associant plusieurs gendarmes, dont des équipes cynophiles, des équipes dans les trains et un hélicoptère.
L’objectif « est que le festival se déroule dans les meilleures conditions pour les habitants, les festivaliers et les artistes », fait savoir la préfecture qui a pris plusieurs arrêtés, notamment pour interdire l’utilisation d’artifices. La mairie d’Aurillac a pour sa part mis en place des actions de médiation et de prévention, appuyées par des agents municipaux et plusieurs associations, soit une centaine de personnes au total. L’édition 2025 avait été marquée dès le premier jour par des violences au cours desquelles huit policiers avaient été blessés par des émeutiers cagoulés.
« Nous avons eu des événements fâcheux qui ont porté atteinte à l’image du festival et à sa pérennité. Nous voulons garantir la sérénité de l’édition 2026, qui doit être familiale et conviviale », a déclaré à l’AFP le maire de la ville Patrick Casagrande, qui a porté le nombre de caméras de vidéoprotection à 60 depuis son élection en mars. Le festival, qui s’achève samedi, accueille près de 200.000 visiteurs.
Pour le directeur du festival, Frédéric Remy, l’édition 2026 entend bien répondre aux soubresauts du monde par l’art, la poésie et la fête. « On n’est pas là pour regarder le monde s’effondrer », martèle le directeur dans son édito, affirmant que « la rue ne filtre pas » et que quatre jours par an, « l’insouciance n’est pas une faiblesse, mais une façon de tenir ».
Un focus majeur tourné vers la Méditerranée
Événement phare de cette 40e édition : un important « Focus Méditerranée », ancré dans la Saison Méditerranée 2026 portée par l’Institut français et le ministère de la Culture. Une volonté d’élargir les perspectives et de diversifier les récits en invitant de nombreux artistes venus du Maghreb, du Moyen-Orient et des rives de la Méditerranée.
Parmi les temps forts de cette programmation internationale :
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Taoufiq Izeddiou (Maroc/France) présente Hmadcha, une pièce de danse contemporaine pour neuf interprètes qui revisite la transe et le souffle d’une confrérie marocaine pour interroger les crises contemporaines.
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Mehdi Dahkan / Cie Jil Z (Maroc/France) propose Kms of Resistance, une exploration chorégraphique et sonore de la respiration comme acte primaire de résistance collective.
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Nancy Naous (Liban/France) questionne la fabrique du corps patriarcal et masculin dans SUPERMÂLE.
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Raeda Saadeh (Palestine) déploie l’installation poétique et participative Wishes Tree, où le public noue ses espoirs sur une vaste robe blanche portée comme un arbre à souhaits dans l’espace public.
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S’y ajoutent les propositions visuelles et musicales de Khalil Epi (Tunisie/France) avec Aïchoucha, le DJ set engagé de La Louuve (Algérie/France), le solo crépusculaire de Shaymaa Shoukry (Égypte) avec Womb, ou encore la cohabitation sensible entre un danseur et un pigeon orchestrée par Selma & Sofiane Ouissi (Tunisie) dans Bird.
Créations 2026 et engagement sociétal au cœur de l’espace public
La programmation officielle réunira au total une vingtaine de compagnies aux esthétiques pluridisciplinaires, mêlant cirque, danse, théâtre et performances engagées :
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Edith Amsellem / Cie Erd’o livre Le Grand Défilé, une traversée critique et joyeuse du vêtement et des injonctions faites aux corps féminins sur un podium transformé en rituel d’émancipation.
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Le collectif In Itinere investit le collège de la Jordanne avec Nuisibles, une fresque haletante questionnant les figures de l’exclusion et du pouvoir à travers l’invasion métaphorique de rats dans un quartier.
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La compagnie Marzouk Machine présente Phoenix, une vaste fresque tragi-comique en quadri-frontal inspirée de la convention citoyenne pour le climat.
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Le cirque vertical et aérien sera également à l’honneur avec Minuit Compagnie et sa sculpture métallique monumentale haute de 12 mètres, Bleue Volute.
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Le public pourra aussi retrouver le duo clownesque et cartonné d’Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois (Cie Le Fils du Grand Réseau) avec leur succès Les Gros patinent bien, ainsi que le ballet diaphane de la Cie Monstre(s) avec Projet Fantôme.
Un fourmillement de 650 compagnies de passage
Au-delà de la sélection officielle, c’est toute la ville d’Aurillac qui va s’embraser grâce aux plus de 650 compagnies de passage et près de 3 000 artistes attendus en autoproduction. Ce « Rendez-vous des Compagnies de passage », qui célèbre ses 40 ans d’existence en même temps que le festival, garantit le bouillonnement d’une liberté artistique totale et inattendue dans chaque rue, place ou recoin de la ville.
Tournée estivale et pôle d’accompagnement
En amont du grand rendez-vous aurillacois, la tournée itinérante Champ libre ! parcourt depuis le 28 juillet et jusqu’au 9 août près de 25 communes et villages du Cantal et des environs, tissant des liens étroits entre habitants, touristes et équipes artistiques à travers des propositions singulières (comme le quatuor clownesque de la Cie 126 kilos et Toi d’abord, la balade acrobatique de la Cie Casa Otra, ou le théâtre radiophonique des Productions PQTM).
Le festival s’appuie également sur des outils de production pérennes tels que Le Parapluie (situé à Naucelles), premier lieu de fabrique dédié aux arts de la rue, et s’inscrit dans de dynamiques partenariales fortes à l’instar du pôle européen FAIRE CORPS pour soutenir la création contemporaine et les écritures en mouvement.
Durant ces quatre jours, le festival espère rassembler plus de 160 000 spectateurs de toutes générations et de tous horizons sociaux, confirmant qu’à Aurillac, la rue reste le plus bel espace démocratique de partage et de vie.
Avec AFP.

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