Plancher neuf, régie modernisée et rénovation énergétique : la salle Richelieu, site historique de la Comédie-Française, s’apprête à rouvrir au public après plusieurs mois de travaux d’un montant total de 22 millions d’euros, selon l’institution.
Plus ancienne troupe de théâtre au monde encore en activité, la Comédie-Française est née en 1680. Elle a connu quatre salles avant de s’établir en 1799 à la salle Richelieu.
Après un peu plus de six mois passés à jouer hors les murs, dans neuf théâtres partenaires, la troupe et les équipes se sont réinstallées dans les lieux, près du Palais-Royal en plein centre de Paris, pour les prochaines représentations de Ruy Blas de Victor Hugo dans la mise en scène de Julie Duclos.
La troupe dispose désormais d’un nouveau plancher entièrement refait. Le précédent, qui avait plus de vingt ans, avait perdu en stabilité. La régie a également été modernisée et ouverte ; elle rassemble dorénavant le son et la lumière au même niveau, ce qui n’était pas le cas auparavant.
« Tout le monde est déjà au travail, dans une ambiance sereine », a assuré Clément Hervieu-Léger, administrateur général de la Comédie-Française. « D’un point de vue technique, il n’y a pas eu de travaux de cet ordre-là depuis 1975 », a-t-il ajouté.
Les dessous de scène ont été consolidés. Inclinée à 4 %, cette dernière est soumise à rude épreuve en raison des nombreuses alternances de décors au cours d’une même journée.
Parmi les autres changements visibles par le public, l’escalier d’honneur, autrefois très sombres, a vu ses murs s’éclaircir après un nettoyage, tandis que sa jolie verrière a été restaurée et solidifiée. Le foyer Pierre Dux (ancien comédien et administrateur de la Comédie-Française) a lui aussi bénéficié d’une restauration de son plafond, de ses murs et de ses dorures.
Ces espaces accueillent pour la première fois huit bustes de comédiennes de la troupe — tels que ceux de Mademoiselle Dumesnil (1713–1803) ou d’Adrienne Lecouvreur (1692–1730) —, installés non loin de ceux de Molière, Corneille, Racine ou encore Beaumarchais.
Autre chantier d’envergure, qui s’étalera jusqu’en 2030 : la rénovation énergétique du bâtiment, qui date de 1790. De nouvelles fenêtres, des stores, des travaux d’isolation ainsi qu’un système de ventilation nocturne ont déjà été mis en place.
« On a tenu les délais et les budgets », s’est félicité Clément Hervieu-Léger. L’ensemble des travaux représente un investissement de plus de 22 millions d’euros, dont plus de 19 millions financés par le ministère de la Culture et deux millions par trois mécènes.
Karine Perret – AFP




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