Depuis 2011, le Théâtre Louis Aragon propose une programmation 100% danse au cœur du festival d’Avignon. Cette année, une dizaine de propositions artistiques éclectiques sont présentées au sein de trois programmes danses, du 9 au 18 juillet 2025 dans le cadre préservé d’un jardin historique et ombragé de La Parenthèse.
Du 9 au 13 juillet à 10h
Youness Aboulakoul / Compagnie Ayoun AYTA (extrait)
AYTA est un appel à la protestation, une manifestation chorégraphique portée par cinq interprètes, engagées dans un mouvement profondément collectif. Le chorégraphe le met en regard avec le « pli », théorisé par Gilles Deleuze, ici figuré comme la contrainte exercée sur le corps de l’individu, qui doit donc lui résister pour maintenir sa verticalité. Une danse qui s’oppose à toute tentative de pliement et s’inscrit dans la continuité d’une démarche chorégraphique centrée sur la violence.
Clémentine Maubon & Bastien Lefèvre / Compagnie La Grive Mortal soma (extrait)
Mortal Soma tente de mettre face à face, en regard, la pratique du yoga et la cérémonie funéraire. Nous connaissons bien sûr déjà le Hatha yoga, le Ashtanga yoga, le Vinyasa, le Kundalini… La compagnie La Grive inscrit ici sa pratique : un yoga pour travailler la souplesse et l’empathie de nos corps et de nos âmes en peine. Une traversée, une contemplation préparatoire à l’au-revoir.
Olga Dukhovna / C.A.M.P – Capsule artistique en mouvement permanant Crawl (extrait)
Olga Dukhovna chorégraphie un solo pour le danseur hip hop ukrainien Bboy Uzee Rock. Depuis une quinzaine d’années, Uzee Rock est une figure incontournable de la scène de breakdance ukrainienne. Alors que la Russie a envahi l’Ukraine, ces gestes complexes et virtuoses diffusés sur les réseaux sociaux par les danseurs entrent en résistance : ils sont comme un pied de nez à la propagande pro-Poutine qui bat son plein, affirmant la supériorité de la culture russe sur la culture ukrainienne. Un croisement magnifique entre une chorégraphe en recherche du côté de la danse urbaine qui lui est inconnue et une figure du breakdance ukrainien.
Du 14 au 18 juillet à 10h
Anne Nguyen / Compagnie par Terre [Superstrat[ (extrait)
[Superstrat[ (désigne les traces laissées dans une langue par une autre langue) explore le lien entre les racines ancestrales de la danse et de la musique et le patrimoine de la diaspora afro-américaine. Incarné par Mark-Wilfried Kouadio alias « Willy Kazzama », danseur africain urbain et traditionnel, le solo raconte la mémoire du corps, entre voyage initiatique et parcours migratoire.
Filipe Lourenço / Compagnie Plan-K Amazigh (extrait)
Après avoir exploré une danse guerrière dite Alaoui dans la région du RIF avec la création GOUAL en 2021, Filipe Lourenço puise ici son inspiration dans une autre danse traditionnelle appelé Ahidous situé au Maroc Central (moyen Atlas). Cette dernière est l’une des variantes de la danse collective d’essence berbère qu’on retrouve un peu partout au Maroc et au-delà sous différentes formes et appellations. Ahidous est le moyen d’expression corporelle et poétique collectif le plus prisé par les populations du Moyen Atlas pour faire la fête, ou même, il n’y a pas si longtemps, pour chanter les morts.
Gaëlle Bourges / Association OS Guillaume & Harold (extrait)
Collection tout-terrain du centre chorégraphique national de Caen en Normandie
Gaëlle Bourges travaille ici sur un spectacle sous forme d’épisodes : Guillaume & Harold. Elle se plonge sur la Tapisserie de Bayeux, qui emmènera les spectateur.trice.s dans ce récit d’invasion au long cours qui finit bien puis mal, ou mal puis bien : tout dépend du point de vue – anglais ou français – qu’on adopte. Le pari : représenter une centaine de personnages, des dizaines de chevaux, de mulets, de navires, la Manche, le Mont-Saint-Michel, la comète de Halley, le barbecue géant, la bataille historique…, avec deux interprètes et presque rien. Une savoureuse tranche d’histoire en musique et en danse.
Mickaël Phelippeau / Association bi-p Jean-Romuald, un garçon de son âge
(titre provisoire – étape de travail)
Cette nouvelle création s’inscrit dans la lignée des portraits chorégraphiques menés depuis plusieurs années. J’ai cette chance de faire des rencontres qui me marquent artistiquement ou humainement et de les poursuivre dans un studio de danse puis sur un plateau. Ainsi, Jean-Romuald, un garçon de son âge fait suite à Pour Ethan, Avec
Anastasia, Juste Heddy et Lou, pièces présentées dans le cadre de La belle scène saint-denis. Avec Jean-Romuald, c’est une nouvelle page qui s’ouvre. Il s’agit d’un jeune homme discret, qui ne parle pas beaucoup, qui vous regarde rarement dans les yeux, mais quand c’est le cas et qu’il vous sourit, c’est un renversement qui s’opère.
Il a un rapport au mouvement qui lui est propre, avec d’immenses bras et une grâce innée.
Du 12 au 14 juillet à 18h
Avec Danse Dense, plateforme de repérage, de visibilité et d’accompagnement
des chorégraphes émergent·e·s
Zoé Lakhnati et Per-Anders Kraudy Solli Where the fuck am I ?
Zoé Lakhnati et Per-Anders Kraudy Solli expérimentent autour de la voix et du mouvement dansé. Leur pratique consiste à suivre, diriger, subvertir ou souligner les sons ou les mouvements induits par l’autre. Ensemble, ils créent une pratique qui considère le corps et la voix comme des containers de mémoire. Ils s’interrogent sur leur capacité à s’exprimer à propos de leurs archives, leur corpus de références. Le corps apparaît ainsi comme bégayant; la voix comme une radio qu’on zappe ou qui bug.
Lucia Garcia Pullès Mother Tongue
Mother Tongue est un solo autour de la langue de l’artiste. Une langue troublée qui mélange le besoin de survie et la peur de disparaître. Mother Tongue est un duo de sa voix et son écho. Un son qui insiste pour résister. Mother Tongue est un être entre. Une fiction qui défend la multiplicité et la transformation comme force d’existence. Ce travail partage une lecture sur la transformation du geste sonore et physique à travers de la répétition, la saturation et l’insistance pour tisser une résonance des luttes.
Each One Teach One #5 avec Sandrine Lescourant / Compagnie Kilaï
Nouvelle rencontre pour donner la parole aux actrices et acteurs du hip hop, orchestré par Sandrine Lescourant, compagnie Kilaï et l’équipe du TLA.
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