Plein feu sur les Cabarets en ce début de saison, avec ce temps fort organisé par le ministère de la Culture du 18 septembre au 18 décembre 2026, en métropole ainsi qu’en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane. Cette manifestation d’envergure ambitionne de célébrer la vitalité, la diversité et la modernité d’un art populaire pluriel, à la croisée de la tradition et de la création contemporaine.
Portée par un secteur solidement structuré au plan économique — représentant environ 200 cabarets et compagnies, plus de 255 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et 2,7 millions de spectateurs —, cette initiative institutionnelle vient couronner les efforts engagés depuis la mise en place du Plan Cabaret en 2025, doté de 475 000€. Ce dispositif a déjà permis d’accompagner de nombreux artistes et d’impulser des résidences de création sur l’ensemble du territoire.
Un patrimoine vivant entre histoire et émancipation
Né il y a plus de 160 ans, le cabaret s’impose historiquement comme un espace de liberté, d’irrévérence et de fête. Des mythiques scènes montmartroises du XIXe siècle telles que le Chat-Noir, le Moulin Rouge ou le Paradis Latin jusqu’aux implantations rurales et régionales contemporaines, le genre n’a cessé de se réinventer.
Au cœur de cette identité patrimoniale, le French Cancan fait l’objet d’une démarche de reconnaissance majeure avec le travail engagé en vue de son inscription à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel (PCI). Une étude réalisée début 2026 par l’association « Arts du cabaret » révèle que 70 % des établissements référents présentent ce numéro emblématique, perçu par une écrasante majorité comme un vecteur fort d’émancipation et de liberté des femmes.
Une programmation foisonnante et indisciplinaire
Pendant trois mois, la Saison Cabaret fédère des structures culturelles publiques et privées autour de 54 projets directement soutenus par le ministère de la Culture. La programmation s’articule autour de trois fils rouges principaux : le cancan, les créatures et personnages de cabaret, ainsi que les ambassadeurs de l’événement.
Parmi les temps forts figure l’exposition photographique nationale, Cabaret(s) – Histoire d’une transmission vivante, placée sous la direction artistique de Véronique Prugnaud. Installée sur les grilles du Square du Temple à Paris et déclinée dans plusieurs grandes villes (Reims, Blois, Lyon et dans les Hauts-de-France), elle met en lumière les corps, les costumes, les savoir-faire et la mémoire collective de cet art.
De nombreuses manifestations maillent le territoire : spectacles « indisciplinaires » et queer, performances déambulatoires, tables rondes universitaires, projections de films documentaires et journées professionnelles organisées en lien avec l’ONDA et l’Institut national des arts du music-hall. En Outre-mer, le collectif Kabarè Z propose notamment des temps d’échange sur le cabaret comme espace décolonial de subversion du genre dans la Caraïbe.
En décloisonnant les esthétiques et en favorisant la rencontre entre les scènes publiques labellisées et les établissements privés, cette Saison Cabaret entend rappeler avec éclat que le divertissement, lorsqu’il est exigeant, demeure l’un des piliers les plus vibrants de notre cohésion sociale et de notre liberté d’expression.

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