Une grande manifestation intersyndicale se prépare au Festival d’Avignon, le lundi 13 juillet à 18h devant le Palais des Papes. Dans un communiqué que nous reproduisons ici, la CGT Spectacle propose aux équipes artistiques de mettre « en discussion la question d’une grève durant le festival et tout au long de l’été. »
Depuis des mois, les coupes budgétaires asphyxient la profession. Avec moins de possibilité de produire et diƯuser des œuvres, ce sont nos emplois qui sont eƯacés et supprimés sur ordre de l’Elysée et de nos gouvernants, dans l’indiƯérence générale. C’est la possibilité même pour les auteur·es de vivre de la création qui est en péril. Beaucoup d’entre nous peinent à faire leurs heures, beaucoup d’entre nous réfléchissent à quitter la profession. Nos salaires partout sont exsangues et comme pour beaucoup de personnes, les fins de mois deviennent de plus en plus compliquées. Dans de nombreuses structures, les accords d’entreprises sont remis en question et les licenciements économiques se multiplient.
Les causes qui nous ont conduit à cela, nous les connaissons. Les 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises sans exiger de contrepartie qui auraient pu être mobilisées pour financer les services publics d’avenir. Le refus de reconstruire une fiscalité plus juste en taxant les milliardaires et les super profits. L’asphyxie organisée de nos droits sociaux à coup d’exonérations de cotisations sociales en faveur du patronat. Les choix opérés privilégiant les budgets de l’armée au détriment de plusieurs services publics, dont celui de la culture qui contribue à l’émancipation.
Nous avons franchi ces derniers jours une nouvelle étape dans cette politique de mépris. Alors que la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a annoncé une réouverture de la concertation sur les aides pour soutenir l’emploi dans les salles de petites jauges (APAJ), celle-ci se fera sans 1 euro de plus ! Le fonds d’aide à l’emploi, le Fonpeps, a enfin été rouvert le 9 juillet, mais il sera vide très rapidement en raison de la division de son budget par 3 !
Les centres dramatiques nationaux, les scènes nationales, les opéras, les orchestres et autres structures labellisées subissent à nouveau des baisses majeures – 28 structures sont concernées. Ce sont donc de nouveaux spectacles qui ne verront pas le jour ou ne seront pas programmés en 2026 et 2027, encore du travail en moins !
Et désormais cette petite musique que l’on commence à entendre par la voix d’éditorialistes libéraux partisans : les intermittent·es seraient des « nanti·es » et leur régime un « privilège » à abolir dans un contexte où le gouvernement spolie à nouveau les moyens de l’assurance chômage.
Nous souhaitons dire à la profession que l’heure n’est pas aux divisions et que nous devons agir ensemble. Au rythme où vont ces coupes budgétaires, c’est l’ensemble de l’écosystème du spectacle vivant non marchand, des petites compagnies aux institutions, qui risque bel et bien de s’effondrer. Nos emplois sont plus que jamais en danger.
Si nous voulons continuer de vivre de nos métiers, si nous voulons continuer de pouvoir présenter des spectacles à la population, si nous voulons lutter contre la progression de l’extrême droite et ses idées, il n’y a d’autres choix que de construire le rapport de force cet été et dès le Festival d’Avignon.
Mettons en discussion la question d’une grève durant le festival et tout au long de l’été. Parlons en partout sur les lieux de travail.
Des arbitrages ministériels sont en cours sur les budgets 2027 et c’est maintenant que tout se joue.
Nous appelons dès aujourd’hui à une semaine d’actions à partir de lundi 21 septembre avec comme point fort le samedi 26 septembre 2026, pour défendre nos métiers !
Notre avenir dépend de notre engagement collectif.





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