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Avec « Croire aux fauves », Constance Dollé s’impose en majesté 



A voir, Les critiques, Paris, Théâtre
Sandrine Raynal et Constance Dollé adaptent Croire aux fauves de Nastassja Martin
Sandrine Raynal et Constance Dollé adaptent Croire aux fauves de Nastassja Martin

Photo Pierre-Marie Croquet

Constance Dollé interprète l’anthropologue française Nastassja Martin, survivante d’une attaque d’ours lors d’une expédition en Sibérie. Un écrin parfait pour sublimer le talent de la comédienne, qui propose ici une lecture très personnelle des aventures de la chercheuse.

Décidément, l’essai Croire aux fauves de Nastassja Martin paru en 2019 aux éditions Gallimard ne cesse de fasciner. D’Émilie Faucheux à Laure Werckmann, elles sont nombreuses à s’être penchées sur le destin captivant de cette anthropologue française, spécialiste des peuples animistes du Nord. Avec un simple tabouret, une parka et un cadre de lit, Constance Dollé, accompagnée de Camille Grandville et Miglen Mirtchev, retrace le parcours de la jeune femme partie pour la région du Kamtchatka, en Sibérie, à la découverte du peuple Évène et sa rencontre avec Lanna et Nikolaï, compagnons d’aventure avec qui elle va entreprendre l’ascension du volcan Klioutchevskoï. Lors de cette périlleuse expédition, elle croise la route d’un ours qui la laissera pour morte et défigurée à vie. S’ensuit un parcours médical houleux, qui débute dans un hôpital russe inhospitalier avant de se poursuivre en France, où les différents spécialistes s’opposent sur son cas. C’est aussi le récit d’un difficile retour à la vie et l’acceptation du lien exceptionnel, tout autant qu’étrange, qui la lie désormais à ces terres et à cet animal.

Entre deux scènes, la comédienne retire sa parka, ou ôte son bonnet, et s’assoit derrière le miroir d’une petite loge. C’est ici que réside l’originalité de la proposition : le regard très intime que pose Constance Dollé sur ce récit, dont elle déploie les résonances avec son propre parcours de comédienne. Car le même sentiment d’incomplétude semble tenailler Nastassja Martin et Constance Dollé. Sentiment qui les pousse, chacune à leur manière, à partir à la rencontre de la multitude d’identités qui les habitent et ainsi à expérimenter le dédoublement – l’une en découvrant ce lien si intime qui la lie désormais à vie à l’animal, l’autre en endossant le masque d’un personnage chaque soir.

On peut cependant regretter que le si lien fort qu’entretient Nastassja Martin avec le peuple Évène soit à peine abordé, que la relation complexe et sensible que noue l’anthropologue avec la cosmogonie animiste – qui est pourtant au cœur de l’essai – soit si peu présente. Cosmogonie matérialisée de manière caricaturale à l’aide de quelques tambours en fond sonore. Surtout, on regrette d’entendre si peu la langue bouleversante de Nastassja Martin, amputée de larges considérations passionnantes sur son expérience, auxquelles sont préférés des dialogues relativement plats entre les médecins de l’hôpital ou avec la famille de l’autrice.

Ainsi, la portée poétique de l’adaptation réside essentiellement dans la performance fascinante de Constance Dollé, qui transforme la proposition en parfait écrin pour y déployer un jeu sensible et puissant. De la bestialité de la rencontre à la dureté d’une femme confrontée à la douleur, en passant par la fragilité d’une comédienne qui doit dépasser les regards que porte toute une profession sur les visages des actrices de plus de 45 ans, Constance Dollé propose ici une lecture toute personnelle de l’essai de Nastassja Martin et livre ainsi, avec générosité, un peu d’elle-même.

Fanny Imbert – www.sceneweb.fr

Croire aux fauves
d’après le roman de Nastassja Martin (Éditions Gallimard), sur une idée de Constance Dollé
Adaptation Sandrine Raynal, Constance Dollé
Mise en scène Sandrine Raynal
Avec Constance Dollé, Camille Grandville, Miglen Mirtchev
Création lumière Alexis Beyer
Création sonore et musicale Alexandre Carlotti
Scénographie Marion Pellarini, Sandrine Raynal
Constructeur décor Marion Pellarini, Norbert Richard

Production Scala Productions & Tournées
Coproduction Châteauvallon-Liberté – Scène nationale
Avec l’aide de l’Adami Déclencheur

Durée : 1h

La Scala Paris
du 16 janvier au 12 avril 2026

18 janvier 2026/par Fanny Imbert
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