Le 9 juin, lorsque l’Administrateur général de la Comédie-Française a présenté sa première saison, forte de 24 spectacles, dont quatorze créations, trois commandes d’écriture et trois entrées au répertoire, il a évoqué la Troupe, « pas assez nombreuse » à ses yeux « pour répondre à l’ensemble de l’activité ». Il a également confirmé l’arrêt de l’Académie.
Georgia Scalliet va faire son retour sur la scène du Vieux-Colombier à la Comédie-Française dans le cadre de la coproduction de Résurrection. Un cas de conscience, une commande d’écriture passée à Leïla Slimani par Simon Delétang, le directeur et metteur en scène du Théâtre de Lorient – CDN, qui partira ensuite en tournée à Nice, Colmar et Aix-en-Provence, avant d’atterrir à Paris. Fabrice Lebert et Thibault Vinçon feront également partie de la distribution, aux côtés des comédiens de la troupe de la Comédie-Française : Guillaume Gallienne, Christian Gonon, Loïc Corbery, Marina Hands et Mélissa Polonie. Une coproduction pour enrichir la saison à la fois du CDN de Lorient et de l’institution parisienne, dans un contexte économique où toutes les bonnes idées d’associer des structures permettent de continuer à produire des spectacles.
La Comédie-Française va être contrainte, pour la riche saison à venir, de renforcer les effectifs pour certaines productions. « La troupe est éblouissante de talent, explique l’Administrateur général. Elle draine un public extrêmement nombreux et fidèle parce que les spectateurs et spectatrices viennent aussi pour la retrouver. Ce que je peux dire aujourd’hui, c’est qu’elle n’est pas assez nombreuse. La troupe compte 56 membres. Cela fait très longtemps que le chiffre n’avait pas été aussi bas. Pour rappel, en 1980, elle comptait 70 comédiens. » Pour pour abonder les distributions, notamment celle deRuy Blas, la Comédie-Française va embaucher « des comédiennes et des comédiens de tous âges, et de talent ». « Nous allons leur tendre la main pour partager la vie de la troupe », ajoute l’Administrateur général. C’est ce que l’on appelle dans le jargon théâtral des « Artiste de complément », un « qualificatif assez redoutable », concède Clément Hervieu-Léger.
Par ailleurs la Comédie-Française ne pourra plus compter sur les artistes de l’Académie, car elle n’existe plus. Cette structure permettait, le temps d’une saison, à de jeunes diplômés des grandes écoles supérieures d’art de bénéficier d’un complément de formation. « L’Académie a majoritairement pourvu aux besoins de figuration sur les spectacles. L’arrêt de cette dernière a simplement pour effet de diversifier le recrutement de figurants et petits rôles, diversifier en âge notamment » explique-t-on à la Comédie-Française. Clément Hervieu-Léger compte se tourner vers le Jeune Théâtre National, mais aussi vers le Conservatoire national, en proposant des contrats d’auxiliaires pour une durée déterminée.


Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !