La dixième édition du festival Un Week-end à l’Est se déroulera du 16 au 28 novembre 2026 à Paris en mettant à l’honneur la scène culturelle de Cracovie. Il réunira une centaine d’artistes, penseurs, musiciens et cinéastes. L’objectif de Brigitte Bouchard, directrice artistique est « de dépasser l’image figée d’une ville-musée pour révéler l’immense vitalité de la création contemporaine cracovienne ».
Krystian Lupa, figure de la scène internationale, donnera le coup d’envoi du festival par une conférence inaugurale aux Beaux-Arts de Paris le 17 novembre. Le maître polonais présente également ses dessins numériques à la Galerie Paris Cinéma Club et prépare activement Capri – L’Île des fugitifs, qui sera créé en février 2027 à l’Odéon Théâtre de l’Europe.
Parmi les temps forts théâtraux, le public pourra découvrir Kofman. Double Bind de Katarzyna Kalwat, produite par le Nowy Teatr. Ce spectacle, salué pour sa forme fragmentaire, met en résonance la pensée de la philosophe française Sarah Kofman – figure majeure du déconstructionnisme aux côtés de Jacques Derrida – avec les tourments identitaires contemporains.
La résistance et la mémoire féminine traversent également d’autres créations, à l’instar de The Indomitable Love of Eve Adams par le Stary Teatr, qui retrace le destin tragique et méconnu d’une pionnière queer et anarchiste, ou encore Simona K. Crying in the Wilderness mis en scène par Anna Gryszkówna, consacré à Simona Kossak, biologiste et farouche gardienne de la forêt primaire de Białowieża.
Un dialogue musical entre héritages classiques et avant-gardes
Le volet musical, marqué par des partenariats prestigieux, rendra notamment hommage à de grands maîtres disparus. À l’église Saint-Germain-des-Prés, l’Orchestre de l’Académie Beethoven de Cracovie interprétera un concert en hommage à Krzysztof Penderecki.
Le compositeur de musiques de films Zbigniew Preisner assurera quant à lui le concert de clôture à l’Odéon Théâtre de l’Europe, combinant son poignant Requiem for My Friend (écrit après la disparition de Krzysztof Kieślowski) et des thèmes revisités au piano par le virtuose du jazz Dominik Wania. Wania se produira également en solo à la Péniche Le Son de la Terre.
La programmation fait aussi la part belle aux musiques actuelles et exploratoires grâce à une collaboration avec le festival Unsound de Cracovie. Sont ainsi attendus le trio du chanteur égyptien Abdullah Miniawy à la Péniche Marcounet, le Bester Quartet au Théâtre de l’Alliance française, ainsi qu’une performance de la compositrice Martyna Basta chez 22Visconti et un DJ set du collectif underground Sekta Selekta.
Arts visuels et exploration du réel
Plus d’une dizaine d’expositions jalonneront ce parcours parisien, investissant des lieux emblématiques de la Rive gauche. Un hommage appuyé est rendu à Tadeusz Kantor à la Bibliothèque polonaise de Paris à travers l’exposition de son œuvre mythique La Classe morte.
Les artistes contemporains occupent une place centrale dans cette programmation visuelle. Wilhelm Sasnal expose ses toiles énigmatiques et percutantes sous l’intitulé Black Things à la galerie 22Visconti. Małgorzata Mirga-Tas, qui avait marqué les esprits au pavillon polonais de la Biennale de Venise en 2022, présente ses tapisseries et patchworks intimistes à la Galerie Boquet sous le titre De toutes les fleurs du monde, j’aimerais cueillir le soleil. Emilia Kina investit la galerie Loeve&Co avec Props Room, une réflexion picturale autour du motif du rideau et de la théâtralité.
Le festival s’associe par ailleurs à la 15e édition de PhotoSaintGermain, accueillant notamment le travail de Rafał Milach chez delpire & co.
Littérature, débats et engagements écologiques
La vitalité intellectuelle de Cracovie se traduira par de nombreuses rencontres à la Sorbonne, à la Maison de la Poésie et dans plusieurs librairies partenaires. Les romanciers et poètes Jacek Dukaj, Ewa Lipska, Małgorzata Lebda, Urszula Honek et Wojciech Tochman viendront à la rencontre du public français.
Un accent tout particulier est mis sur la figure de Simona Kossak et la préservation de la forêt de Białowieża, prolongé par l’exposition des planches originales de la bande dessinée de Laura Pozzi, La Dernière Forêt (Actes Sud), présentée à la Galerie Berthet-Aittouarès.
En ancrant sa programmation dans les grands questionnements contemporains – urgence climatique, résilience des peuples, exil et défense de la liberté de création –, cette dixième édition d’Un Week-end à l’Est confirme son statut de carrefour culturel incontournable entre la France et la Pologne.




Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !