Pour cette édition 2026, l’équipe du CIAM a choisi d’explorer une thématique intime et universelle : le lien sous toutes ses formes. Lien entre des corps en mouvement qui ne se connaissent pas mais se reconnaissent dans l’effort et la grâce ; lien entre les gestes hérités de la tradition et ceux qu’il reste à inventer ; et enfin, question centrale de cette année, le lien familial, la parentalité et la transmission des rôles que l’on reçoit et que l’on choisit de transformer.
Sous les chapiteaux, dans le Magic Mirrors ou au cœur des monuments historiques, les artistes invités exploreront cette partition intime. « Les corps racontent ce que les mots ne disent pas toujours. C’est un cirque à la fois poétique, indocile et profondément humain, qui relie autant qu’il bouscule », confie-t-on du côté de la direction du festival. Une démarche qui s’incarne pleinement dans la programmation, conçue comme un pont suspendu entre enfance, maturité et héritage artistique.
Week-end inaugural : Le patrimoine [en mouvement]
Le coup d’envoi sera donné dès les 19 et 20 septembre à travers un vaste volet de spectacles gratuits déployés sur le territoire, en étroite collaboration avec la Biennale d’Art et de Culture d’Aix-en-Provence. Intitulé Patrimoine [en mouvement], ce premier week-end propose aux spectateurs de redéfinir leur rapport à l’espace public et aux monuments à travers des parcours artistiques singuliers.
Le samedi 19 septembre, le public aixois est invité à suivre « Le Cirque de fontaine en fontaine ». Trois parcours artistiques distincts prendront leur départ dès 10h devant la fontaine d’Albertas ou la fontaine des Lumières. Mêlant la carte blanche de jonglage plastique de la compagnie Sombra et les suspensions vertigineuses de Maria Celeste Funghi à la corde lisse, ces déambulations d’une heure et demie s’achèveront en apothéose dans les jardins du Pavillon de Vendôme. C’est ici que la compagnie Zec présentera Zenzero e Cannella, un main-à-main physique, surprenant et musical.
Parallèlement, la Bastide du Jas de Bouffan vibrera au rythme d’un troisième parcours in situ. Les spectateurs pourront y admirer la fragilité poétique de Roberto Stellino (compagnie Lassen Fallen) sur un solo de corde souple baptisé Bambouin, les prouesses de Viola Dix au rola-bola, et la danse en perpétuel déséquilibre de Chiara Gauvin au sein de la Roue Cyr.
Un rayonnement métropolitain
Le lendemain, dimanche 20 septembre, le festival élargira son périmètre à plusieurs communes partenaires de la métropole Aix-Marseille-Provence. À La Roque d’Anthéron, l’Abbaye de Silvacane offrira un écrin majestueux aux performances de la compagnie Sombra, de Viola Dix et de Roberto Stellino lors de visites-spectacles programmées à 11h et 15h30.
À Vitrolles, c’est l’architecture brutaliste et contemporaine du Stadium qui dialoguera avec les arts circassiens. Le public pourra y découvrir le duo Benelo dans un numéro de main à main d’une grande puissance poétique, conjugué aux propositions de Chiara Gauvin (Roue Cyr) et Maria Celeste Funghi (corde lisse). Enfin, Jouques (avec la compagnie Zec au Grand Pré) et Venelles (avec la compagnie Laskaskas et sa forme burlesque Mue sur la place Jean-Pierre Saez) complèteront cette cartographie culturelle itinérante et gratuite.
Au cœur du CIAM : Chapiteaux et têtes d’affiche
À partir du jeudi 24 et jusqu’au dimanche 27 septembre, le Centre International des Arts en Mouvement (CIAM), situé route de Galice à Aix-en-Provence, reprendra son rôle de cœur battant du festival. C’est sous les chapiteaux et dans l’ambiance chaleureuse du Magic Mirrors que se déroulera le cœur de la programmation payante, concentrée sur les grands spectacles de plateau et de piste.
Parmi les temps forts les plus attendus figure la création [Hourvari], portée par la compagnie Rasposo. Marie Molliens y convie les enfants sur la piste, entraînant le cirque du côté de l’innocence du rêve et du désordre inspiré des univers de Guignol et de Pinocchio. Un spectacle total, mêlant acrobates, funambules et marionnettes, programmé les 24, 25 et 26 septembre.
Autre proposition marquante, le solo aérien [Peau d’âme] de Camille Judic (les 26 et 27 septembre) dissèque avec finesse la question des apparences et des injonctions faites aux femmes. Derrière les paillettes, l’artiste se défait des rôles hérités pour faire surgir une présence brute et intensément vivante. Enfin, la compagnie Ea Eo proposera [Biographies], un tête-à-tête vibrant où le jonglage dialogue frontalement avec le rap, interrogeant le temps qui passe, la mémoire et les bouleversements intimes de la maternité.
Le Cabaret et la nouvelle formule Duo Apéro
Rendez-vous festif par excellence, l’incontournable Cabaret rassemblera chaque soir une dizaine d’artistes pour un tourbillon d’acrobaties, d’humour et d’émotions brutes, adapté à toute la famille. Nouveauté notable de cette édition 2026 : le lancement d’une formule « Duo Apéro » à 85 euros pour deux personnes, incluant l’accès prioritaire au Magic Mirrors, une table réservée, une planche à partager (charcuterie-fromages ou végétarienne) et un verre de vin par personne. Une manière gourmande et conviviale de prolonger l’expérience circassienne.
Réflexion professionnelle : Vie d’artiste et parentalité
Fidèle à sa vocation de pôle de recherche et d’innovation, le CIAM ne se contente pas de diffuser des spectacles : il offre également un espace de débat sur les conditions de travail dans le spectacle vivant. Une table ronde professionnelle majeure sera ainsi consacrée à la question : « Vie d’artiste et parentalité : créer, transmettre, tourner, élever, s’émanciper ».
Cette rencontre permettra d’interroger la conciliation entre trajectoire artistique exigeante, tournées internationales et charges parentales. Des artistes comme Marie Molliens (qui partage la scène avec ses propres enfants dans Hourvari) ou les membres de la compagnie Ea Eo apporteront des témoignages précieux sur la manière dont la maternité redéfinit le rapport à la scène et au temps artistique.
Ateliers participatifs et engagement écologique
Le week-end des 26 et 27 septembre permettra également au public de passer de l’autre côté du miroir grâce à de nombreux ateliers ouverts à tous : initiation au jonglage, équilibre sur objets, trapèze volant (avec des baptêmes individuels dès 15 ans et des duos parents-enfants dès 6 ans), sans oublier le traditionnel rendez-vous gratuit de jonglage collectif à 13h.
Sur le plan environnemental, le CIAM renforce ses engagements écoresponsables. Après le tri sélectif et le recyclage des décors de spectacles, l’édition 2026 inaugure l’installation d’un premier bloc de toilettes sèches, permettant d’économiser près de 3 à 6 litres d’eau par passage (soit un objectif estimé à 70 000 litres économisés par an à l’échelle du site). S’ajoutent à cela une restauration centrée sur les circuits courts avec des producteurs locaux et l’utilisation de vaisselle réutilisable par les foodtrucks installés sous la pinède.
Soutenu par la Ville d’Aix-en-Provence, la Région Sud, le Département des Bouches-du-Rhône, la Métropole Aix-Marseille-Provence et la Préfecture de région, le festival confirme son statut de phare culturel incontournable. Avec plus de 10 000 spectateurs attendus, « Jours [et nuits] de cirque(s) » promet une semaine suspendue entre terre et ciel.
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