La 6e édition du festival IMAGO, biennale, qui met à l’honneur les artistes en situation de handicap, se déroulera du 9 septembre au 27 décembre 2026 dans les Yvelines, le Val-d’Oise et en Nouvelle-Aquitaine. Un festival qui redéfinit les contours de la scène contemporaine avec les artistes en situation de handicap. Il est codirigé par le metteur en scène Olivier Couder.
Il y a un peu plus de 10 ans, Richard Leteurtre et Olivier Couder remarquent qu’ils se font un peu concurrence en programmant chacun de leur côté un festival en Île-de-France : le Festival Orphée dans les Yvelines et Viva la Vida dans le Val-d’Oise. Plutôt que de s’épuiser chacun de leur côté, ils décident de s’unir. « On s’est dit que c’était beaucoup plus intéressant et riche d’unir nos forces et du coup de faire un festival qui, au départ, était sur les deux départements », explique Olivier Couder, codirecteur du festival. IMAGO s’exporte aussi désormais en Aquitaine.
Le paysage de la création artistique portée par des personnes en situation de handicap a connu des évolutions ces dernières années. En 2021, le Festival d’Avignon programme Gulliver, le dernier voyage, de la compagnie La Catalyse de Madeleine Louarn. Une première. « Au départ, nous étions très peu nombreux, nous étions 5 ou 6 dans le paysage théâtral, comme La Compagnie de l’Oiseau Mouche dans le Nord, détaille Olivier Couder. Il y a eu également de grands metteurs en scène, de grands chorégraphes, comme Jérôme Bel ou Pippo Delbono, qui incluaient des artistes handicapés dans leur distribution, mais c’étaient des exemples très isolés. Aujourd’hui, le panorama s’est considérablement densifié et diversifié avec l’éclosion d’une multitude de formes esthétiques et de modèles organisationnels. À côté des ESAT à vocation culturelle, qui sont des organisations médico-sociales, il y a des artistes en situation de handicap qui s’auto-organisent pour créer leur propre compagnie, comme Ira Kodiche. Cela veut dire que les personnes en situation de handicap sont en mesure de diriger leurs démarches artistiques au lieu d’être des interprètes aux mains d’un directeur artistique. Cela change pas mal les choses. »
Diffuser, essaimer et décloisonner
Malgré ces avancées, la question du regard porté par la profession théâtrale et chorégraphique demeure une lutte permanente. « Cela évolue doucement, confie Olivier Couder. Il y a une vingtaine d’années, on entendait : « L’art avec les personnes handicapées, je suis contre« . Et puis les choses sont en train de changer ». Le festival IMAGO y participe depuis dix ans. La légitimité s’est déplacée. « Certains ont bien compris qu’il y a là une source de renouvellement et un véritable mouvement esthétique à intégrer dans une programmation, un spectacle avec des artistes handicapés. Malheureusement, il continue à y avoir certaines résistances. »
Reste l’obstacle de la diffusion dans les réseaux nationaux des théâtres labellisés, des scènes nationales ou des centres dramatiques nationaux, dans un contexte économique difficile. C’est encore plus compliqué pour les spectacles avec des personnes en situation de handicap, mais le festival Imago y participe. « Nous existons d’une part pour aider les lieux à repérer les spectacles de qualité, et le festival est un observatoire important pour repérer les lieux, faciliter les programmations, éventuellement faciliter aussi la venue d’un public en situation de handicap ».
Le festival IMAGO ambitionne à terme d’irriguer d’autres régions. « L’idée est d’en faire un festival national au fur et à mesure. Car la question de la place de l’artiste handicapé se pose sur tout le territoire français, et il est indispensable de développer le festival pour la légitimer et ainsi permettre à toutes les structures culturelles d’intégrer dans leur programmation des spectacles avec des artistes handicapés » conclut Olivier Couderc.

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