Jean-Luc Mélenchon a promis jeudi la « fin des coupes budgétaires » dans la culture s’il est élu Président en 2027, en marge d’un rassemblement organisé à l’occasion du Festival d’Avignon pour protester contre la réduction des financements dans ce secteur.
« On commence par arrêter les coupes. Article 1 : fin des coupes budgétaires », a déclaré à la presse le candidat de LFI, alors que le secteur du spectacle vivant est très fragilisé par une succession de diminutions de subventions ces dernières années, provenant de l’État et des collectivités territoriales. Jean-Luc Mélenchon a promis de dédier « 1 % du PIB » de la France à la culture, prônant de « faire passer à la caisse toute une série de gens qui refusent de le faire aujourd’hui », comme « les 43 000 qui ont de très hauts revenus et qui payent zéro impôt ». « C’est un moment-clé, on est à l’os », a-t-il dit, alors que 28 structures du spectacle vivant, dont de nombreuses scènes nationales, des opéras et des orchestres, s’inquiètent d’une possible baisse d’environ 10 % de leur budget promis par l’État pour le second semestre 2026. Cette part est soumise à une négociation budgétaire avec Bercy.
Le rassemblement, organisé à l’appel de la CGT Spectacle notamment, a réuni environ 900 personnes, selon ce syndicat, derrière une banderole proclamant « Nous voulons vivre de nos métiers ». Flottaient également plusieurs drapeaux de LFI et du PCF, tandis qu’un drapeau palestinien a également été déployé. « Ce n’est pas une crise, c’est une hécatombe », a déclaré Maxime Séchaud, secrétaire général adjoint de la CGT Spectacle, pour décrire la situation des compagnies. « C’est un plan de licenciement massif qui se prépare », a-t-il lancé. Le Syndeac (employeurs des entreprises artistiques et culturelles, premier syndicat du secteur public) a demandé un « moratoire sur les coupes budgétaires » et de consacrer 1 % du budget de l’État à la culture (contre 0,7 % environ aujourd’hui).
Dans une lettre à Emmanuel Macron, des élus des territoires des 28 institutions menacées d’un moindre financement ont mis en garde contre les conséquences d’un tel choix : « annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou […] remise en cause de leur activité même ». « Monsieur le Président, […] en faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle », affirment ces élus. Parmi eux figurent Emmanuel Grégoire, maire socialiste de Paris, Nathalie Appéré, maire socialiste de Rennes, Xavier Bertrand, président (LR) de la région Hauts-de-France ou Jean-Luc Moudenc, maire (divers droite) de Toulouse. Les arts vivants « créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires », ajoutent ces élus.
© Agence France-Presse





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