L’ancien pensionnaire de la Comédie-Française Nâzim Boudjenah a obtenu un non-lieu au terme de l’enquête sur des accusations de viols portées par une ex-petite amie, Marie Coquille-Chambel.
Marie Coquille-Chambel accusait Nâzim Boudjenah, 54 ans, de trois viols entre février et mai 2020. La plaignante entretenait à l’époque avec cet homme, son aîné de 27 ans, « une relation manifestement nocive pour eux, probablement du fait de fragilités préexistantes, chacun se considérant a posteriori comme détruit par cette relation, souligne la source judiciaire. S’il ne peut être remis en question la souffrance évoquée par la partie civile, et s’il faut entendre que dans le contexte décrit, ses souvenirs puissent légitimement être parcellaires, une mise en accusation requiert que les investigations aient permis d’établir des charges suffisantes contre le mis en examen, et en conséquence que le déroulement des faits dénoncés soit connu, ce qui n’est pas le cas au terme de cette information judiciaire. »
« Cette décision, fidèle aux réquisitions du parquet, est accueillie avec soulagement par Nâzim Boudjenah, qui n’a jamais cessé de clamer son innocence. Pour autant, les conséquences de ces accusations, largement relayées dans les médias, ont eu un impact dévastateur sur sa carrière professionnelle qui a été brutalement interrompue, estime son avocate, Me Florence Bourg. Depuis six ans, en raison de ces accusations infondées, il a été écarté de la scène et a vécu une véritable mise à mort professionnelle. Aujourd’hui, cette décision judiciaire restaure son honneur. Nâzim Boudjenah va désormais tenter de se reconstruire. »
La « juge d’instruction a considéré qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments de preuve pour renvoyer le mis en cause devant la cour criminelle départementale de Paris, ce qui est peu surprenant compte tenu des statistiques de traitement judiciaire des violences sexuelles », assure de son côté l’avocate de Marie Coquille-Chambel, Me Anne Lassalle, indiquant qu’elle n’allait pas faire appel, « pour cette même raison ».
Nâzim Boudjenah a été condamné en juin 2021 par le tribunal de Paris pour des menaces de mort contre Marie Coquille-Chambel, qui était devenue l’une des figures du mouvement #MeTooThéâtre appelant à la libération de la parole sur les violences dans ce milieu. Nâzim Boudjenah a été relaxé pour les faits de violence dont elle l’avait accusé, aux mêmes dates que les viols dont elle se plaignait. Elle n’a pas fait appel. Le comédien a ensuite été licencié de la Comédie-Française. L’ancien pensionnaire a par ailleurs été condamné en juin 2025 à neuf mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans pour des menaces de mort contre les élues écologistes Sandrine Rousseau et Alice Coffin, engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
© Agence France-Presse



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