Sabine Chevallier fondatrice des éditions Espaces 34, maison dédiée depuis 1992 aux écritures dramatiques contemporaines, installée à Montpellier, a transmis la direction en juillet dernier à l’acteur et metteur en scène Stanislas Nordey. Un passage de flambeau à celui qui depuis 40 ans, a travaillé sur les textes contemporains, quasiment exclusivement : Une passion, et un engagement militant.
Les Editions Espaces 34 publient du théâtre dans six collections : pièces d’auteurs contemporains français et étrangers, collection Hors cadre, théâtre jeunesse, pièces du 18e avec des universitaires, et livres sur la pratique théâtrale.
« Je suis un vieux crocodile du théâtre public qui devient un jeune éditeur explique Stanislas Nordey. Éditer c’est un acte de résistance. C’est à la fois célébrer l’écrit mais c’est aussi inscrire dans la durée le travail d’écrivain.es. Éditer du théâtre contemporain est un chemin ardu, escarpé, car il reste toujours ce préjugé qui a la peau dure : le théâtre ne se lit pas. »
Aujourd’hui Les éditions Espaces 34 comptent 300 titres, 80 auteurs et autrices et est l’une des seules maisons à publier des textes qui ne sont pas encore joués.
Il s’agit de s’inscrire dans la continuité : les quatre premières publications sont deux textes de Claudine Galea (Tango et Leurs cœurs se balancer) et deux de Gwendoline Soublin (Seuls dans la nuit et /T(e)r/ie:::r), figures phares de la maison.
Continuité également dans le rythme des parutions et dans leur nombre : une douzaine par an toutes collections confondues.
Une nouvelle collection verra le jour, Les Introuvables et qui rassemblera des textes de théâtre importants, intéressants, d’auteurs français, européens et du monde, qui ne sont pas édités en France, comme L’Orestiade di Eschilo traduit et adapté par Pier Paolo Pasolini de L’Orestie d’Eschyle que Vittorio Gassman lui avait commandé dans les années 60, et qui praitra en juin. Tout comme Zoologie, texte inédit, de Didier-Georges Gabily, qui est un dialogue théâtral et philosophique, porté par deux perdants, clochards célestes. Au-delà de la langue, magnifique, la singularité du geste de D.G. Gabily est de faire fi du genre et d’écrire pour deux actrices qui doivent porter les dépouilles de ces deux héros à la masculinité toxique.
En 2027 et 2028, les deux ouvrages prolongeant cette collection seront, l’un signé Werner Schwab, et l’autre une pièce inédite en France de Yukio Mishima. Les ouvrages publiés dans cette collection seront accompagnés d’un appareil critique recontextualisant la genèse de l’œuvre en question.
En 2028, une seconde collection, provisoirement intitulée Mémoire verra le jour. Son propos sera de donner accès à des textes théoriques jamais publiés ou jamais réédités.
Le premier projet d’ampleur sera la publication, au fil des ans, des carnets de création de Jean-Pierre Vincent : cinq volumes, à raison d’un tous les 18 mois. L’appareil critique et la sélection seront supervisés par Frédéric Vossier.
Enfin, le développement des écritures jeunesse, qui offrent un espace de liberté d’invention que ne s’autorise pas toujours le théâtre «adulte». Des commandes seront passées à des auteurs de théâtre qui n’ont jamais écrit pour la jeunesse.



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