L’Opéra national de Paris, le Théâtre royal de la monnaie à Bruxelles, le Théâtre du Châtelet, l’Opéra national de Lyon et le festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence ont présenté jeudi un système de « structures standards » pour décors de scène, « vertueux » sur le plan environnemental, qu’elles espèrent voir utilisé largement dans la filière du spectacle vivant.
Cette innovation, appelée MOD 200, a été conçue par le Collectif 17h25 qui regroupe, outre le Festival d’Aix, l’Opéra national de Paris, le Théâtre royal de la monnaie à Bruxelles, le Théâtre du Châtelet et l’Opéra national de Lyon.
Ces institutions ont fait le constat que chaque production de spectacle engendrait la réalisation d’éléments techniques de décor, qui « pour nombre d’entre-eux sont à usage unique« , ont-elles indiqué lors d’une présentation aux professionnels du secteur à l’OnP.
D’où l’idée de standardiser ces structures, pour pouvoir les réutiliser facilement « sur différentes productions et au sein de différentes maisons« , a souligné Alexander Neef, directeur général de l’OnP, rappelant « l’objectif de réduire l’empreinte carbone liée à la fabrication et au transport de ces éléments« .
Concrètement, MOD 200 sont des modules en acier de 20 cm sur 20 cm, qui, assemblés comme une sorte de Meccano, derrière le décor, dans la partie invisible aux yeux du public, permettent d’accrocher un mur latéral, un plancher, un plafond…
Fin 2022, après trois années de recherche, ce nouvel outil a été mis à l’épreuve. Ainsi le Théâtre Royal de la Monnaie l’a utilisé, pour l’opéra Fanny et Alexandre (à hauteur de 30% de la masse totale des décors), le Théâtre du Châtelet pour l’Histoire du Soldat (90%) puis Hamlet (20%), le Festival d’Aix-en-Provence pour La Calisto (40%), etc.
Selon Frédéric Lyonnet, directeur technique adjoint au Festival d’Aix, une analyse de cycle de vie a permis de montrer que « la structure standard MOD 200 devient vertueuse au cours de la deuxième utilisation » (sur une deuxième production, ndlr).
Il s’agit désormais de donner au projet « une dimension nationale et internationale » selon les termes d’Alexander Neef.
Pour cela, « les plans, les schémas de fabrication de ce MOD 200 sont en open-source« , a précisé Thomas Lauret, responsable du bureau d’études au Théâtre du Châtelet. « Tout le monde est libre de le construire« , a-t-il ajouté.
En attendant, une co-production entre ces cinq institutions est à l’étude, ont-elles annoncé sans davantage de détails.
Le projet a bénéficié des fonds du 4e Programme d’investissements d’avenir de l’Etat (« France 2030 »).




Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !