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Matthieu Dandreau, transfuge de grande classe

A voir, Angoulême, Bordeaux, Les critiques, Théâtre, Thionville
Matthieu Dandreau crée Nostalgie du réconfort
Matthieu Dandreau crée Nostalgie du réconfort

Photo Thierry Laporte

Dans le cadre d’un moment consacré aux talents émergents au CDN de Limoges, Matthieu Dandreau signe un seul en scène réjouissant sur sa famille et ses origines, avec Grégory Fernandes, qui brûle les planches, dans le rôle de son personnage.

Matthieu Dandreau n’est pas bien connu, pas encore. Raison pour laquelle le quadra participe au « temps fort » du Théâtre de l’Union, à Limoges, intitulé « Attention ! Nouvelle génération », sorte de micro-festival qui met en valeur trois artistes en devenir. Raison pour laquelle aussi, peut-être, il propose un seul en scène sur sa famille et son enfance, comme pour montrer qui il est, d’où il vient, où il désire aller et où, très certainement, il ira. L’artiste a déjà un CV qui retient l’œil. Il a été l’assistant du maître flamand Ivo van Hove sur La Ménagerie de verre et Vu du pont – ce qui n’est pas rien –, et a deux spectacles à son actif : Nostalgie du réconfort, créé en 2021, dont il est ici question, et Tu peux me dire vous, mis en scène l’année suivante, en 2022 donc, – ce qui n’est déjà pas si mal. Sa première pièce – une petite pièce, mais une grande petite pièce – s’impose comme un pari sur l’avenir, parce qu’elle est touchante, comme le sont souvent les premières œuvres investies avec fougue par celles et ceux qui les écrivent, mais qu’elle est aussi intelligemment menée, comme le sont généralement celles composées avec davantage d’expérience.

Socialement, Matthieu Dandreau est ce que l’on a coutume d’appeler un transfuge de classe, une catégorie de gens qui proposent une catégorie d’œuvres, pour parler en termes un peu arbitraires de catégories. Enfin, pas si arbitraires que cela au fond. Comme Édouard Louis, Matthieu Dandreau coche toutes les cases du genre : une origine prolétaire, un rapport ambivalent à celle-ci, fait d’amour et d’incompréhension, une figure paternelle dévorante (par son absence, en l’occurrence), une homosexualité vécue dans la discrimination et la violence, une réinvention par la culture, et notamment par le théâtre. Mais si ces balises formées par son vécu sont bien là, son écriture et ses choix de mise en scène parviennent à les éviter, ou à les faire oublier. Au plateau, ce n’est pas lui qui incarne son personnage, mais Grégory Fernandes. Un type génial, très drôle, très fin, qui chante, qui danse, qui se déguise, qui se dédouble, qui parvient à incarner une famille entière, maniant les objectifs et les dizaines d’écrans qui jonchent la scène – un type qui, véritablement, donne envie d’être à Limoges un jeudi 22 janvier. Palpable, cette complicité avec l’acteur lui permet de mettre à distance son sujet, grâce au plaisir du jeu.

De plus, Matthieu Dandreau évite le piège du narcissisme. Il est (et demeure sûrement) un garçon qui s’interroge beaucoup, qui s’intéresse aux autres et qui provoque. Le spectacle, d’ailleurs, a été conçu au fil de nombreuses interviews filmées, dont certaines sont diffusées pendant la représentation, entre les multiples références « doudous » qui accompagnent une enfance française dans les années 1980-1990 (Les Chevaliers du Zodiaque, Madonna, les Spice Girls, le Minitel, Nintendo…). Pourtant, l’auteur ne perdra jamais son fil rouge familial qui le mène jusqu’à son père, la raison de sa colère. La raison qui, paradoxalement, est la force motrice derrière son identité, et son besoin d’en découdre. Il n’y a plus qu’à, comme dirait l’autre, parce que tout est déjà là : le talent, l’authenticité, le travail. Alors, vivement la suite.

Igor Hansen-Løve – www.sceneweb.fr

Nostalgie du réconfort
Écriture et mise en scène Matthieu Dandreau
Assistant à la mise en scène Barthélémy Pollien
Avec Grégory Fernandes, et la participation amicale et vocale d’Emmanuelle Bercot
Scénographie Nina Bonnin
Création vidéo Thomas Harel
Création lumière Iannis Japiot
Confection costumes Grégory Fernandes
Régie générale Matthieu Bernard
Régie lumière Thomas Rizzotti
Construction aux ateliers de décors du Théâtre de l’Union, avec la participation et l’aide de Laurent Balutet, Nicolas Brun, Clément Tilly, My-Linh Vo, et l’aide de Simon Roland pour les costumes

Production ES3-THEATRE
Coproduction Théâtres de Gascogne, Scène conventionnée de Mont-de-Marsan ; Théâtre de L’Union, Centre dramatique national du Limousin ; OARA – Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine ; NEST – CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est ; Théâtre d’Angoulême Scène nationale ; Châteauvallon – Liberté, Scène nationale
Avec le soutien du Glob-Théâtre, de la Cité Européenne du théâtre et des arts associés – Domaine d’O, Montpellier dans le cadre du Warm Up, du Département des Landes avec le Dispositif Culture en Herbe et de la Maison des Métallos
Avec l’aide de Châteauvallon – Liberté, Scène nationale dans le cadre d’une résidence de création
Avec la participation artistique du Jeune théâtre national

Ce projet a bénéficié de l’aide à l’écriture de l’association Beaumarchais-SACD et de l’aide à la création de la DRAC Nouvelle-Aquitaine. Le texte a été sélectionné dans le cadre du Festival Texte en Cours en 2021.

Durée : 1h30

Vu en janvier 2026 au Théâtre de l’Union, CDN du Limousin, Limoges

Théâtre d’Angoulême – Scène nationale, dans le cadre du Festival La Tête dans les nuages
le 6 mars

Nest – CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est, dans la cadre de la Semaine Extra
les 30 et 31 mars

La MÉCA, Bordeaux
le 23 avril

23 janvier 2026/par Igor Hansen-Løve
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