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Thomas Jolly et Laëtitia Guédon nommés à la direction du TNP de Villeurbanne

À la une, Théâtre, Villeurbanne
Le Théâtre National Populaire (TNP) de Villeurbanne
Le Théâtre National Populaire (TNP) de Villeurbanne

Photo Jacques Grison

Désignés par les tutelles, Laëtitia Guédon et Thomas Jolly prendront leurs fonctions à la tête du TNP de Villeurbanne en janvier 2027, succédant à Jean Bellorini, qui rejoint la direction du Théâtre de Carouge, à Genève.

Catherine Pégard, ministre de la Culture, en plein accord avec Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne, Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, et Fabrice Pannekoucke, président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, a donné son agrément à la proposition du jury de nommer Laëtitia Guédon et Thomas Jolly à la direction du Théâtre National Populaire, Centre Dramatique National de Villeurbanne.

Leur projet, intitulé Monde Ouvert, souhaite s’inscrire dans l’héritage de cette grande maison de production internationale. Il s’articule autour de quatre créations « phares » présentées chaque saison et déclinées en écosystèmes artistiques associant médiation, rencontres, formes satellites et partenariats. En binôme pour le TNP, ce duo propose également une vision ambitieuse des ateliers comme outils de production, de formation et d’insertion professionnelle, ainsi qu’une volonté d’élargir les publics grâce à une multiplicité de formats. Monde Ouvert a été conçu pour répondre aux enjeux d’un théâtre populaire contemporain.

Thomas Jolly

Photo Anthony Dorfmann

Comédien et metteur en scène né à Rouen au début des années 1980, Thomas Jolly commence le théâtre dès 1993 en côtoyant notamment, en tant que lycéen, des comédiens du Théâtre des deux rives Centre dramatique régional de Haute-Normandie. Il parfait ensuite sa formation scénique avec Olivier Lopez, Jean-Pierre Dupuy, René Pareja parallèlement à une licence d’études théâtrales.

En 2003, il entre à l’École Nationale Supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Bretagne à Rennes alors dirigée par Stanislas Nordey et travaille ainsi sous la direction de Jean-François Sivadier, Claude Régy, Bruno Meyssat, Marie Vayssière, Anton Kouznetsov… C’est durant cette formation que les metteurs en scène Cédric Gourmelon et Stanislas Nordey l’engagent au sein de leurs spectacles Splendid’s de Jean Genet et Peanuts de Fausto Paravidino. À l’issue de sa formation, il fonde sa compagnie en Normandie : La Piccola Familia.

Il met en scène Arlequin poli par l’amour de Marivaux en 2006 (repris en 2011 puis recréé en 2014 en russe, pour entrer au répertoire du Gogol Center de Moscou), Toâ de Sacha Guitry en 2009 (Prix du public, Festival Impatience, Odéon – Théâtre de l’Europe) ou encore Piscine (pas d’eau) de Mark Ravenhill. Parallèlement, avec le Trident – Scène nationale de Cherbourg-Octeville, Thomas Jolly crée un spectacle déambulatoire : Une nuit chez les Ravalet et deux spectacles-concerts avec l’ensemble baroque Les Cyclopes : Pontormo en 2008 et Musica Poetica en 2011.

De 2010 à 2014, il fait événement avec Henry VI de William Shakespeare : une trilogie découpée en quatre épisodes pour un spectacle-fleuve de dix-huit heures donné en intégralité lors du Festival d’Avignon 2014. Henry VI reçoit différentes récompenses : Prix Beaumar- chais – Le Figaro 2014, le Grand Prix de l’association pro- fessionnelle de la Critique et le Molière 2015 de la mise en scène. Soucieux du lien avec les différents publics, Thomas Jolly crée en miroir d’Henry VI une version (très) courte : H6m2 qui sillonne le territoire. La trilogie shakespearienne se conclut en 2015 avec Richard III qu’il met en scène et interprète. Cette création bénéficie elle aussi de son satellite conçu par l’artiste : une installation interactive intitulée R3m3.

Il conçoit pour le Festival d’Avignon 2016 Le Ciel, la Nuit et la Pierre glorieuse, un feuilleton théâtral en plein air retraçant l’histoire du festival en seize épisodes et conçoit avec l’auteur Damien Gabriac Les Chroniques du Festival d’Avignon, programme court diffusé sur France Télévisions. Dans cette même édition du festival, il met également en scène Le Radeau de la Méduse de Georg Kaiser avec les élèves de l’École supérieure d’art dramatique de Strasbourg. Sa création Thyeste de Sénèque ouvre la 72e édition du Festival d’Avignon en 2018 dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Cette même année, il crée la mini-série télévisée Le Théâââtre diffusée sur France Télévisons.

À l’opéra, Thomas Jolly met en scène Eliogabalo de Cavalli à Garnier en 2016, Fantasio d’Offenbach à l’Opéra Comique – prix Beaumarchais SACD – en 2017 puis Macbeth Underworld, composé par Pascal Dusapin, à l’Opéra Royal de la Monnaie à Bruxelles en 2019. Avec Un Jardin de silence, c’est une création musicale d’une autre nature que Thomas Jolly crée en 2019 avec la chanteuse L (Raphaële Lannadère) et Babx autour de Barbara.

Depuis 2011, Thomas Jolly intervient en tant que pédagogue dans plusieurs conservatoires et Écoles Nationales Supérieures (TNB, TNS…). Il est également successivement artiste associé au Trident – Scène nationale Cherbourg-en-Cotentin, au TNB – Théâtre National de Bretagne, au TNS – Théâtre National de Strasbourg, au Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique. Il a dirigé Le Quai Centre Dramatique National Angers Pays de la Loire de janvier 2020 à 2023. Au cœur d’une saison troublée par la crise sanitaire, il crée l’évènement « Quai l’Eté», et met en scène La Nuit de Madame Lucienne de Copi en juillet 2020. Acteur, il joue Xipharès dans la pièce Mithridate de Racine que met en scène Éric Vigner la même année.

En 2022, il crée Le Dragon d’Evgueni Schwartz et met en scène la tétralogie Henry VI + Richard III de William Shakespeare, un évènement hors normes de vingt-quatre heures présenté au Quai à Angers (juin 2022). Il est, par ailleurs, le metteur en scène choisit pour la recréation de la comédie musicale Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon à l’automne 2022 à la Seine Musicale. Il poursuit son travail sur l’œuvre de Shakespeare à travers la mise en scène de l’opéra de Gounod Roméo et Juliette, créé en juin 2023 à l’Opéra de Paris. Thomas Jolly a également été le directeur artistique des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques et Paralympiques – Paris 2024.

Laëtitia Guédon

Photo Pauline Le Goff

Laëtitia Guédon se forme à l’École du Studio d’Asnières en tant que comédienne, puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris en mise en scène. Riche d’un métissage singulier, elle est en quête d’une esthétique indisciplinée, où se mêlent en permanence les arts et en particulier le théâtre, la vidéo, la danse et la musique live.

Passionnée de transmission artistique et de pédagogie, elle met un point d’honneur à accompagner toutes ses créations d’actions artistiques liées aux enjeux du spectacle. Pendant plusieurs années, elle développe ainsi d’ambitieux projets à destination des publics en partenariat, avec le Théâtre de la Commune – CDN d’Aubervilliers, le Théâtre des Quartiers d’Ivry – CDN du Val-de-Marne et La Comédie de Caen – CDN de Normandie. Elle enseigne par ailleurs à l’Université Sorbonne Nouvelle, et est intervenue longtemps dans le cadre de Classes à Horaires Aménagés Théâtre (Collège Jean Vilar à La Courneuve) et en Option Théâtre (Lycée Le Corbusier d’Aubervilliers et Lycée Lamartine de Paris).

Elle fonde en 2006 la Compagnie 0,10, qui trouve son ancrage dans la création artistique, aussi bien que dans la transmission et le partage du processus de travail avec les publics. À ce titre, tous les spectacles de la compagnie s’accompagnent de projets d’actions artistiques innovants (s’opérant en amont de la création). Ces projets, sur-mesure, développés à destination de tous les publics (et particulièrement la jeunesse) infusent sur le territoire dans lequel se déroule la création, en partenariat avec des structures culturelles, associatives et éducatives. La compagnie est également particulièrement engagée dans la valorisation des écritures contemporaines. Ainsi, pour chaque création, une commande d’écriture est proposée à un auteur vivant. Kevin Keiss, Koffi Kwahulé, Marie Dilasser font partie des auteurices ayant collaboré avec la compagnie. Laurent Gaudé, Vanasay Kamphommala, Claudine Galéa, Nimmy Rafel (Inde) et Joséphine Serre prendront en charge l’écriture des cinq prochaines créations. Elle dirige de 2009 à 2014 le Festival au Féminin dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris.

En 2009, sa première création, Bintou de Koffi Kwahulé est en résidence au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis puis en création à la Chapelle du Verbe Incarné à Avignon, où il remporte le Prix de la Presse. Elle présente en 2010 et 2011 l’émission Pass Pass Théâtre sur Arte. En 2014, elle crée au Théâtre 13 à Paris, Troyennes – Les morts se moquent des beaux enterrements, traduit et adapté par Kevin Keiss d’après Euripide. En 2015, elle joue sous la direction de Serge Tranvouez dans une production de la Compagnie 0,10, Un dimanche au cachot d’après le roman de Patrick Chamoiseau (Théâtre des Quartiers d’Ivry, SN de la Guadeloupe et de la Martinique, Le Tarmac à Paris).

La même année, Élise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo, nommé directeur de La Comédie de Caen – CDN de Normandie, lui proposent de rejoindre leur collectif d’artistes associé·e·s. Elle y crée en 2017, SAMO. A tribute to Basquiat, un projet sur le peintre Jean-Michel Basquiat et retrouve la complicité de Koffi Kwahulé, à qui elle confie l’écriture du texte. Ce spectacle joue jusqu’en 2020 en tournée nationale : Théâtre des Quartiers d’Ivry, La Loge, Théâtre des Ilets – CDN de Montluçon, Théâtre de la Tempête…

En 2016, elle fonde Les Plateaux Sauvages, Fabrique Artistique et Culturelle de la Ville de Paris, où elle accompagne des artistes professionnel·le·s dans le développement de leur projet. Elle y dirige un projet au carrefour de la création professionnelle et de la transmission artistique, une pépinière de talents et un lieu de vie ouvert à tous les publics.

En 2018, la SACD lui confie pour le Festival d’Avignon la mise en scène des Intrépides Basta ! avec les autrices Céline Millat-Baumgartner, Natacha de Ponchara, Marine Bachelot NGuyen, Latifah Djerbi, Isabelle Wéry et Marie Dilasser, présenté au Conservatoire d’Avignon, aux Plateaux Sauvages et au Grütli à Genève. En 2021, elle conçoit et met en scène pour la 75e édition du Festival d’Avignon, le spectacle Penthésilé.e.s – Amazonomachie sur la célèbre reine des Amazones, dont elle confie l’écriture à Marie Dilasser.

En 2023, elle met en scène Même si le monde meurt avec les jeunes acteurices de l’Atelier Cité du Théâtre de la Cité – CDN de Toulouse Occitanie, dont elle a commandé l’écriture à Laurent Gaudé. Elle imagine également Violetta.s, une petite forme de La Traviata de Verdi, un projet commandé par l’Opéra National de Lorraine mettant en jeu des professionnel·le·s et des amateurices.
Elle participe aussi à Héros, un projet international en partenariat avec l’Ensatt de Lyon et l’Adishakti Theater de Pondichéry qui mettra en lien L’Iliade et La Bhagavad-Gîtâ.

En 2024, elle crée à la Comédie Française Trois fois Ulysse, autour de trois épisodes de L’Odyssée, dont elle a commandé l’écriture à Claudine Galéa.

1 juillet 2026/par D'après dossier de presse et site de la structure
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