Le directeur du Théâtre du Nord, l’américain Stuart Seide se replonge dans ses années de jeunesse. Lui, l’étudiant new-yorkais qui dans les années 60 découvre l’œuvre de Dylan Thomas pendant ses études universitaires lors des master class de Philip Burton (le père adoptif de Richard), à qui il dédie d’ailleurs le spectacle. Dylan Thomas poète gallois est méconnu en France. Au bois lacté a très peu été jouée ces dernières années. Il s’agit d’une pièce conçue pour la radio. Dylan Thomas l’a écrite en 1945 en réponse aux bombardements d’Hiroshima. Mais elle ne sera jouée pour la première fois à la radio par la BBC qu’en 1954. Elle raconte les rêves des habitants d’un petit village du Pays de Galles. On suit ainsi 24 heures de la vie de cette petite société. Il y a le vieux Captain Cat devenu aveugle (magnifique prestation d’Eric Castex), le révérend Eli Jenkins qui veille sur ses ouilles (Jean Alibert), Miss Price la couturière, le veuve Ogmore-Pritchard, Lili Pot-de-Colle, Polly Garter…et ainsi de suite…il y a plus de 60 personnages dans la pièce et deux voix qui racontent les histoires et les caractères de chacun (Caroline Mounier et Bernard Ferreira).
Sur un plateau de bois, assis à la table, Bernard Ferreira commence à raconter l’histoire du Bois Lacté. Les personnages vont s’animer peu à peu, puis se transformer, comme le plateau qui va évoluer grâce à des trappes qui vont donner de la forme à la mise en scène, et un peu de couleur aussi. Un dispositif astucieux. Quelques personnages sont aussi représentés par des marionnettes.
L’excellence du travail de Stuart Seide permet à chaque comédien de changer de personnalité avec une réelle facilité. Un travail de direction d’acteur d’une précision inouïe. Tout est réglé au millimètre, et cette mécanique est nécessaire pour s’y retrouver dans les méandres de la pensée de Dylan Thomas, car le texte alterne monologues et scènes dialoguées. Alors tout devient simple avec la mise en scène de Stuart Seide, toujours maître dans l’art de décoder les écritures. Cependant, et même si l’esthétique du spectacle est parfaitement maitrisée, la magie n’opère pas sur tous les spectateurs. La poésie de Dylan Thomas est d’une noirceur profonde, et en choisissant de nous guider dans cet espace presque nu, avec des éclairages et des costumes sombres, Stuart Seide transforme son Bois Lacté en village triste et moribond. Et si l’âme de ces habitants n’était pas aussi sombre que cela ?
Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr
Au Bois lacté de Dylan Thomas
Mise en scène : Stuart Seide
Scénographie : Philippe Marioge
Costumes : Fabienne Varoutsikos
Lumières : Jean-Pascal Pracht
Son : Marc Bretonnière
Maquillage, perruques : Catherine Nicolas
Chant : Jacques Schab
Mouvement : Yano Iatridès
Marionnettes, conception et fabrication : Pascale Blaison et Sébastien Puech
Marionnettes, conseils manipulations : Jean-Louis Heckel
Assistant à la mise en scène : Sébastien Amblard
Avec
Jean Alibert,
Christophe Carassou,
Eric Castex,
Bernard Ferreira,
Noémie Gantier,
Jonathan Heckel,
Caroline Mounier,
Karin Palmieri,
Géraldine Roguez,
Vincent Schmitt,
Hélène Theunissen.
Production – Théâtre du Nord, Théâtre National Lille Tourcoing Région Nord Pas-de-Calais
Du 26 septembre au 12 octobre 2012,
à 20h, les jeudis à 19h, les dimanches à 16h, relâche le lundi.
Les 23 et 24 octobre à la Comédie de Béthune
Du 21 au 23 novembre au Théâtre National de Toulouse
Les 28 et 29 novembre au Théâtre de l’Union à Limoges
Les 5 et 6 décembre à La Coursive, La Rochelle
Du 13 au 21 décembre au Théâtre National de Strasbourg
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