Josse De Pauw cofonde en 1977, avec Anne Teresa De Keersmaeker et Jan Lauwers, le collectif Radeis. En 1984, il entame aussi bien des parcours collectifs (Schaamte qui deviendra le Kaaitheater) qu’indépendants. Il sera cette Minetti, dans la nouvelle mise en scène de la pièce de Thomas Bernhard par Matthieu Cruciani, création à La Comédie de Colmar, avant une grande tournée.
Avez-vous le trac lors des soirs de première ?
Oui ! Et le jour où je ne l’aurai plus, je crois qu’il vaudra mieux que j’arrête de jouer.
Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ?
Je vais me promener dans un parc en disant mon texte, je prends un bon café (sur une terrasse si possible), je me mets dans ma bulle pour rester focus.
Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ?
Juste avant le spectacle, j’aime bien passer un moment dans le décor en silence. Mais je n’ai pas de superstitions.
Première fois où je me suis dit « je veux faire ce métier » ?
J’ai passé quatre années au Conservatoire de Bruxelles, mais en sortant je n’étais pas convaincu. C’est plus tard, en montant un spectacle de rue avec des copains, que je me suis dit : « oui, peut-être, qui sait… »
Premier bide ?
Je vais avoir 75 ans. L’âge me fournit l’avantage d’oublier.
Première ovation ?
Dans un parc à Modène, en Italie, où nous avions joué Vogels, un spectacle de rue. La ville avait construit deux tribunes de trois cents places chacune. Le soir, lentement les tribunes se remplissaient. C’était un parc en banlieue, je n’ai aucune idée d’où sortaient tous ces gens. Les lumières dans le parc s’éteignaient au début du spectacle, se rallumaient pendant l’ovation. Un souvenir spécial !
Premier fou rire ?
Dans les années 1980, au Beursschouwburg à Bruxelles. Je ne sais plus qui a commencé, mais nous étions quatre sur la scène riant comme des fous. Puis j’ai regardé le public, en le faisant signe qu’on n’y pouvait rien. Le public nous a rejoints dans le fou rire. Tout le théâtre rigolait, personne ne savait pourquoi. Un grand plaisir.
Premières larmes en tant que spectateur ?
Quand j’ai vu jouer ma fille dans Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, qu’ils avaient monté à l’école.
Première mise à nue ?
J’avais écrit un texte, Larf, sur l’impuissance du pouvoir. Je l’ai mis en scène avec un big band de dix-sept musiciens. Je jouais un roi, une couronne sur la tête, une chemise qui s’arrêtait au-dessus du nombril, pas de pantalon, juste des chaussettes aux pieds. L’image de l’impuissance. Le trône était trop haut.
Première fois sur scène avec une idole ?
Pas sur une scène, mais j’ai fait un film en France avec Miou-Miou.
Première interview ?
Il y a plus d’un demi-siècle…
Premier coup de cœur ?
Julien Schoenaerts (le père de Mathias) qui jouait Kaspar Hauser de Peter Handke. J’avais 17 ans.



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