Arthur Igual se forme au métier de comédien au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Dès le lycée et sa rencontre avec Sylvain Creuzevault, Damien Mongin et Louis Garrel, il se passionne pour le théâtre. Ils cofonderont ensemble la compagnie « D’ores et déjà » et feront leurs premiers pas à l’Odéon en 2006 avec Baal de Bertolt Brecht. Ils enchaînent les succès. En 2015, Arthur Igual est nommé aux Molière pour son interprétation dans Le Capital et son singe. Il sera cette semaine sur la scène du Studio-Théâtre de Vitry, pour revisiter Reprenons, spectacle co-écrit avec Adrien Béal en 2011.
Avez-vous le trac lors des soirs de première ?
Oui. Vraiment beaucoup. C’est quand même une inconnue très grande. Pas que ça plaise ou non. Mais quand bien même le travail continue avec les spectateur.ices, tout de même il change de nature.
Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ?
Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ?
Bah du coup pas très bien…J’ai des souvenirs très précis de mes journées avant une première. Avant tel spectacle j’ai mangé dans ce restaurant, avant cet autre j’ai fait une ballade dans ce quartier…Une journée particulière, à chaque fois.
Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ?
Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ?
Oui j’ai des habitudes, beaucoup, elles sont proportionnelles au trac. Elles sont différentes pour chaque pièce. Elles s’accumulent pendant les répétitions et se fixent le jour de la première. Celles que je fais ce soir là ne changeront plus ou très peu. L’heure à laquelle j’arrive au théâtre, le moment où je mets mon costume, les scènes pour lesquelles je dois faire des italiennes, l’échauffement ou le non échauffement…
Première fois où je me suis dit « je veux faire ce métier ? »
A 6 ans. On était en 1989, bicentenaire de la Révolution. Une grande scène dans le jardin des Tuileries. Une guillotine grandeur nature. Les révolutionnaires guillotinent le Roi. Ce soir là, j’avais envie d’être sur scène avec eux. 20 ans plus tard, on a fait Notre Terreur une création collective mise en scène par Sylvain Creuzevault sur le Comité de Salut Public de 1793. Le spectacle commencait avec nous arrivant sur scène après avoir assisté à la mort par guillotine de Georges Danton.
Premier bide ?
Premier bide ?
Dans La jungle des villes. Je jouais Schlink. Depuis l’expression « être à côté de la plaque » à un sens pour moi .
Première ovation ?
Première ovation ?
Notre Terreur.
Premier fou rire ?
Premier fou rire ?
Avec Micha Lescot, dans Le Mental de l’équipe d’Emmanuel Bourdieu, mis en scène par Frédéric Bélier Garcia et Denis Podalydès. Il jouait le gardien de but, moi la nouvelle recrue en attaque. Sa cage était au fond de scène. Un jour je me retourne il faisait le cochon pendu.
Premières larmes en tant que spectateur ?
Premières larmes en tant que spectateur ?
Le journal d’Anne Franck avec Marie Gillain. J’avais 13 ans, le même que celui où Anne Franck reçoit son livre qui deviendra son journal.
Première mise à nue ?
Première mise à nue ?
Pas la première mais la plus marquante. Je jouais le Christ dans Le grand inquisiteur de Dostoïevski mis en scène par Sylvain Creuzevault, et je me faisais dévorer par Margaret Thatcher (Frédéric Noaille) et Donald Trump (Servane Ducorps).
Première fois sur scène avec une idole ?
Première fois sur scène avec une idole ?
Le première fois, au Conservatoire, au cours de Dominique Valadié. Je jouais une scène de Edward Bond et je n’y arrivais pas. Elle est montée sur scène, non pas pour me montrer ce que je devais faire mais pour jouer avec moi. Je me suis rappelé une phrase que j’avais lu de Louis Jouvet: « Ne cherche rien en toi, cherche dans l’autre ».
Et sinon, dans ma carrière professionnelle, avec Maurice Benichou qui jouait Agamemnon dans L’Orestie. À la première lecture, il ne décollait pas de la brochure, le texte d’Eschyle était le sien, il avait travaillé comme un fou. Plus tard, pendant les représentations il m’a dit: « Pour moi un acteur n’est pas un récitent ». J’ai repensé à cette première lecture.
Première interview ?
Première interview ?
Avec Laure Adler dans l’émission Studio théâtre sur France Inter. C’était pour la création du Capital et son singe d’après Marx. Il y avait comme invités pour parler du spectacle avec moi, la philosophe Geneviève Fraisse et le metteur en scène Bernard Sobel. Heureusement je ne savais pas qu’ils seraient là et je n’avais rien préparé. J’aurai paniqué. J’en ai un souvenir joyeux.
Premier coup de cœur ?
Premier coup de cœur ?
Quelqu’un va venir de Jon Fosse, mis en scène par Claude Regy avec Valérie Dréville, Martial Di Fonzo Bo et Yann Boudaud. Au théâtre on peut voir dans la nuit.



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