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Oona Doherty, de Belfast à Marseille, recrée « Leather Jacket »

À la une, Danse, Marseille
Oona Doherty en répétition à Marseille
Oona Doherty en répétition à Marseille photo Stéphane Capron

Photo Stéphane Capron

La chorégraphe nord-irlandaise Oona Doherty, découverte il y a dix ans avec son solo Hope Hunt and the Ascension into Lazarus, revisite un autre de ses solos, Leather Jacket, dans une version en plein air au Théâtre de la Sucrière, dans le cadre du Festival de Marseille. La ville où elle a décidé d’installer sa compagnie.

Élue l’une des dix meilleures artistes irlandaises en 2017 par The Irish Times, Lion d’argent à la Biennale de Venise pour l’ensemble de sa carrière, Oona Doherty a très vite été coproduite en France par La Briqueterie CDCN du Val-de-Marne ou le Ballet national de Marseille. En 2020, elle fonde OD Works à Belfast, et, en 2023, la compagnie migre à Marseille et rayonne depuis à travers le monde. Pour cette recréation de Leather Jacket, Oona Doherty retravaille avec la même distribution que celle de Navy Blue, dont font partie les danseurs français Andréa Moufounda et Thibaut Eiferman. « Depuis Navy Blue, le groupe est fusionnel, explique le premier. C’était un spectacle rempli de vulnérabilité, dans lequel le groupe est resté solidaire, et on est resté soudé pour Leather Jacket. »

« J’ai réinventé une partie de la pièce pour ces interprètes, pour créer une œuvre nouvelle, minimaliste et intensément physique », souligne la chorégraphe qui a été formée par le groupe de performance dansée T.R.A.S.H. aux Pays-Bas, où Guilherme Miotto enseignait un mouvement répétitif appelé « le bounce » (le rebond). « Les danseurs ont fourni leur propre matière chorégraphique pendant les improvisations », poursuit Oona Doherty. Dans la pièce initiale, il y avait de la rage, de la fragilité et de la rébellion, et « Oona nous a demandé de nous référer à nos propres danses folkloriques », raconte Thibaut Eiferman, avant de poursuivre : « On est en pleine relation avec le sol. C’est un mix entre le saut et l’épuisement ». Avec les années, Oona Doherty a transformé sa pièce. « Dans le solo, je criais un poème. C’était une prise de position par rapport à l’état du monde qui était dans un piètre état. C’est toujours le cas aujourd’hui, mais, ici, j’avais plutôt envie de me concentrer sur le mouvement et sur la danse. »

La danse d’Oona Doherty reste une danse de résistance, même loin de Belfast. « Il n’y a plus de financements pour la culture en Irlande du Nord », se désole la chorégraphe qui a trouvé à Marseille, « là où l’on prend vraiment soin des artistes », les moyens de continuer à produire ses spectacles. Même si elle a conscience que la crise touche aussi la France : « Je vois qu’il y a aussi un effondrement du système public et des financements dans le spectacle vivant, mais je vais continuer à trouver cette force et cette énergie pour résister. »

Stéphane Capron – www.sceneweb.fr

28 juin 2026/par Stéphane Capron
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