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Au lieu de plonger, « Nage libre » reste en surface

Décevant, Les critiques, Paris, Théâtre
Nage libre de Lisa Wurmser
Nage libre de Lisa Wurmser

Photo Ludo Leleu

Dans un cabaret viennois, trois anciennes nageuses se retrouvent des décennies après leur exil. Juives, elles ont fui le nazisme, laissant derrière elles leur jeunesse, des souvenirs et des Jeux olympiques auxquels elles ne participeront jamais. Lisa Wurmser se saisit de cette histoire vraie pour en faire une fiction trop mince pour livrer tous ses potentiels dans une mise en scène qui manque de relief.

Est-ce parce que le spectacle a commencé avec une demi-heure de retard qu’il s’est pris les pieds dans le tapis ce soir-là ? On ne le saura pas. Toujours est-il qu’avec son sujet annoncé et sa jolie distribution, nos espoirs étaient placés haut. Malheureusement, malgré tous nos efforts pour entrer dedans et y trouver notre compte, le spectacle de Lisa Wurmser nous a laissé à la porte dans une perplexité très inconfortable. Inspiré par une histoire vraie et des faits réels, la pièce est néanmoins une fiction aux accents presque oniriques, qui noie son propos pourtant fort dans un tempo étrange et une accumulation de dialogues anecdotiques. De quoi s’agit-il ? Trois anciennes nageuses juives autrichiennes, ayant fui le nazisme, se retrouvent presque soixante ans après dans un vieux cabaret de la capitale qu’elles fréquentaient dans leur jeunesse, au nom prémonitoire : L’Enfer. Convoquées pour y recevoir la médaille qu’elles n’ont pu obtenir, n’ayant pas participé aux Jeux olympiques de Berlin en 1936, et pour cause, les voici de retour au pays natal, prêtes pour une consécration en décalé. Mais la cérémonie grandiose attendue ne ressemblera pas à ce qu’elles avaient imaginé. Car tout a changé, rien n’est plus comme avant, le temps a passé et le présent ne colle plus à leurs souvenirs. Une intrigue ténue, mais chargée donc, qui s’inscrit dans les remous de la grande Histoire et qui constituait un socle solide et une matière pertinente pour en tirer une pièce documentaire intéressante.

Lisa Wurmser, qui signe le texte et la mise en scène, choisit d’en faire un spectacle hybride entre music-hall et théâtre de fiction. Ses trois héroïnes arrivent au compte-gouttes et sous la pluie, dans ce décor simple et symbolique, qui évoque tout autant le carrelage des piscines qu’un café dans son jus. Un homme en livrée à mi-chemin entre un domestique un peu suranné et un monsieur loyal de cirque les accueille sans que l’on sache vraiment qui il est, pourquoi il semble les connaître, quel est son rôle. Mais Nicolas Struve, qui l’interprète, est suffisamment éloquent pour qu’on accepte cette présence étrange un peu en retrait du trio qui crée du lien avec leur passé. Quant aux trois comédiennes, les pétulantes Francine Bergé, Bernadette Le Saché et Flore Lefebvre des Noëttes, passé le plaisir rare de voir sur scène des femmes de leur âge, de goûter l’espièglerie dans leur regard, de savourer leur défilé de costumes jusqu’à leurs superbes robes à sequins finales et cette belle idée de mélanger les langues dans un joyeux melting pot, elles nous apparaissent néanmoins souvent peu à leur aise, en dessous des pleines capacités que l’on sait et devine chez elles, et ce, malgré quelques moments cocasses et d’autres plus émouvants.

Tout reste en surface. Le texte, évanescent et paradoxalement sans densité malgré son thème brûlant, ne fait qu’effleurer son propos comme s’il restait dans l’antichambre des vrais enjeux. Le jeu en conséquence peine à trouver son rythme et la mise en scène s’avère poussive et sans relief. Les musiques qui ponctuent l’ensemble offrent un brin d’éclat, comme cette reprise du titre swing des Andrew Sisters mélangeant yiddish et anglais, Bei Mir Bist Du Shein, pépite du genre, ou ce tango qui plonge immédiatement dans une époque révolue. Mais tout se dilue sans qu’un fil rouge nous transporte et la pièce avance sur une ligne mince sans s’épaissir, distillant quelques informations éparses qui nous permettent de reconstituer les parcours des unes et des autres. L’exil et la nostalgie d’un pays se racontent certes en creux, la douleur d’avoir perdu une sœur, mais même le film projeté sur un rideau reste désespérément flou et lointain. On aurait aimé prendre ça pour du mystère, la grande Histoire drapée dans une rêverie de théâtre, mais non, on n’y a vu que manque de dramaturgie et ennui.

Marie Plantin – www.sceneweb.fr

Nage libre
de Lisa Wurmser
Avec Francine Bergé, Bernadette Le Saché, Flore Lefebvre des Noëttes, Nicolas Struve
Musique Eric Slabiak
Musiciens bande originale Eric Slabiak, Yuri Shraibman, Ivica Bogdanic
Lumière Philippe Sazerat
Costumes Marie Pawlotsky
Scénographie Floriane Benetti
Chant Anne Fischer
Chorégraphie Gilles Nicolas
Dramaturgie Daniel Berlioux
Création vidéo Mathias Cloos
Chanteuse film Yzoula
Son Stéphanie Gibert

Production Théâtre de la Véranda
Coproduction La Comédie de Picardie, en accueil avec La Maison de la Culture d’Amiens
Avec le soutien de La Fondation pour la Mémoire de la Shoah, La Maison des Arts de Thonon-les-Bains, du Théâtre Roger Lafaille de Chennevières-sur-Marne, l’ADAMI, la SPEDIDAM

Durée : 1h15

Studio Hébertot, Paris
du 23 avril au 31 mai 2026

Théâtre Roger Lafaille, Chennevières-sur-Marne
le 15 novembre

2 mai 2026/par Marie Plantin
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