Du 6 au 8 novembre 2026, le Théâtre Silvia Monfort vibrera au rythme de la troisième édition de son « Festival Sonore ». Conçu comme un rendez-vous de découvertes ludique, débridé et décloisonné, cet événement de trois jours ambitionne de décloisonner les frontières entre les esthétiques musicales.
Le coup d’envoi sera donné le vendredi 6 novembre à 19h30 dans le jardin du théâtre avec La Fanfort. Véritable fanfare résidente et festive du Théâtre Silvia Monfort, cette formation évolue sous la houlette artistique de Clea Torales, Antonin Leymarie et Fabrice Theuillon. Offrant une performance de vingt minutes en entrée libre, ce prélude brassicole et jazz marque le ton convivial et de proximités voulu par les organisateurs, avant d’enchaîner sur le gros morceau de la soirée.
À 20h30, la grande salle accueillera l’un des événements phares de cette édition : « Myotis V« , une coproduction réunissant le musicien, compositeur et ingénieur du son Anthony Laguerre et le prestigieux ensemble des Percussions de Strasbourg.
Projeté comme le prolongement direct de la recherche menée par Laguerre depuis 2017 à travers son solo « MYOTIS« , ce spectacle explore l’amplification comme un véritable outil de composition. S’appuyant sur l’essence rock qui a nourri le musicien pendant deux décennies, la pièce déplace progressivement le curseur de l’énergie brute et tribale vers la nuance extrême du pianissimo. Grâce à des microphones sophistiqués et une amplification millimétrée, des sons presque inaudibles, produits sur des peaux et des métaux, se transforment en une matière sonore puissante et immersive.
Pour cette déclinaison « V », Anthony Laguerre transpose son set improvisé à un quatuor de percussionnistes, interrogeant la dramaturgie de l’espace, qu’il s’agisse de l’acoustique d’un théâtre ou de celle d’une église. Un défi de taille pour Les Percussions de Strasbourg, ensemble historique fondé en 1962 et pionnier incontesté de la percussion contemporaine, qui dispose d’un instrumentarium unique au monde et dont la direction artistique est assurée depuis septembre 2026 par la percussionniste et marimbiste Vassilena Serafimova, succédant à Minh-Tâm Nguyen. La première soirée s’achèvera par une jam session ouverte dans le jardin à partir de 21h45.
La journée du samedi 7 novembre commencera sous le signe de l’introspection et du bien-être sonore avec les « Siestes musicales : Au fil de l’eau« , composées par Thomas Nguyen et proposées au studio en trois sessions (17h30, 18h15 et 19h). Accessible dès 7 ans pour un tarif unique de 5 euros, cette parenthèse intime invite le public, solidement installé sous casque, à se laisser porter par le mariage délicat d’une harpe, d’une voix et d’un paysage sonore aquatique.
La soirée du samedi sera orchestré en partenariat avec le Centre culturel suisse à Paris, aveec dès 20h dans la grande salle avec l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp (OTPMD). Fondé à Genève en 2006 à l’initiative du contrebassiste Vincent Bertholet, ce collectif polymorphe s’inspire librement des grands orchestres africains du XXe siècle — à l’instar du Tout Puissant Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou — tout en rendant hommage à l’esprit subversif et révolutionnaire de l’artiste français Marcel Duchamp.
Mêlant folk, krautrock, post-punk et polyrythmies africaines, l’OTPMD déploie une musique organique, ample et contestataire où s’entremêlent marimbas scintillants, cuivres incisifs, cordes, dissonances et riffs de guitare anguleux. Porté par une vision politique radicale et collectiviste héritée de la scène squat et punk genevoise — dont l’esprit perdure à travers le label culte Les Disques de Bongo Joe, cofondé par Bertholet et Cyril Yeterian —, l’orchestre cultive une force collective unique. Comme l’explique Vincent Bertholet, la simplicité volontaire des compositions permet au groupe de maintenir son identité intacte malgré les rotations de musiciens. En première partie de cette soirée d’envergure (durée totale 2h30), le public pourra retrouver l’univers sonore de Myotis et Anthony Laguerre, avant qu’une nouvelle jam session ne vienne enflammer le jardin à 22h30.
La journée de clôture, dimanche 8 novembre, prendra des airs de grande fête familiale sous la bannière « Kids Sonore ».
Dès 14h au studio, un atelier de sifflage gratuit sur réservation (sous condition d’achat de places pour le spectacle principal) sera animé par Bertrand Causse, altiste, chef d’orchestre et grand siffleur reconnu mondialement (vice-champion du monde à Tokyo en 2018). Cet atelier, accessible dès 5 ans, entend réhabiliter le sifflement comme une pratique musicale noble et surprenante.
À 15h, la musique s’échappera dans l’espace public (lieu à venir) avec « La Sirène en fanfare« , une formation pop et cuivrée réunissant près d’une trentaine de musiciennes et musiciens autour d’un répertoire éclectique et festif en entrée libre.
Enfin, à 16h dans la grande salle, le festival culminera avec la création très attendue de « La Vie bien accordée de Rémy Pinson« . Ce conte musical, destiné au jeune public dès 5 ans, met en scène l’existence monotone et réglée de Rémy Pinson, dont la vie morose ne connaît initialement qu’une seule note. Son quotidien paisible se trouve subitement bouleversé par l’intrusion progressive de la musique.
Porté par la plume et la mise en scène de Néry Catineau — figure incontournable de la scène alternative française (ex-fondateur des VRP et des Nonnes Troppo, lauréat de l’Académie Charles-Cros) —, et mis en musique par le compositeur associé Thomas Nguyen, le spectacle bénéficie d’une distribution prestigieuse. On y retrouve Bertrand Causse au sifflet, Néry Catineau en récitant, ainsi qu’un quintette à cordes de haut vol composé de Cécile Brey et Stéphane Causse aux violons, Laurent Causse à l’alto, Johann Causse au violoncelle et Claire Lebrun à la contrebasse.
Avec cette troisième édition, le Théâtre Silvia Monfort souhaite renforcer la création musicale, en association avec le Pavillon de la Sirène. Thomas Nguyen sera compositeur associé pour les saisons 2026/2027 et 2027/2028. Formé au Conservatoire de Reims et nourri d’influences aussi éclectiques que Tchaïkovski, Debussy, Ravel, Pink Floyd, Queen ou les maîtres de la musique de film (John Williams, Michel Legrand, Bernard Herrmann), Thomas Nguyen mène de front une carrière prolifique. Entre ses résidences internationales (notamment à Montréal pour son futur opéra Walls of Glass), ses musiques de films (remarqué notamment dans Vortex de Gaspar Noé) et ses hommages ciselés à Michel Berger (Bergermania), le compositeur insuffle au Festival Sonore une vitalité créative rare à Paris.





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