La 14e édition du festival Scènes d’automne en Alsace se déroule du 8 au 16 octobre et célèbre la création à travers le Haut-Rhin.
Porté par un réseau de partenaires culturels de premier plan — La Filature à Mulhouse, le Théâtre La Coupole à Saint-Louis, l’Espace 110 à Illzach, la Comédie de Colmar et le festival Momix de Kingersheim, le festival met particulièrement à l’honneur le metteur en scène Thibaut Wenger et sa compagnie Premiers actes, ancrée dans le Haut-Rhin. Fondée en 2008 et solidement implantée dans le paysage théâtral national et transfrontalier, la compagnie présente sa nouvelle création, C’est la fête, écrite en collaboration avec l’autrice vosgienne Magali Mougel.
Ce spectacle revisite librement les fragments du Roi Lear de Shakespeare. Mêlant l’intime et le politique, la pièce dresse le portrait d’un patriarche boucher dans un village vosgien et interroge le poids de la dette intergénérationnelle et de l’emprise familiale à travers le prisme d’un western provincial.
Des écritures plurielles entre passé et engagements contemporains
La programmation se distingue par la diversité de ses propositions esthétiques et politiques, faisant écho aux grands questionnements de notre époque. La compagnie Les Heures Paniques présente ainsi Terre-Ville, un texte de Maud Galet Lalande mis en scène pour explorer, avec une sobriété poignante, le quotidien de mères élevant seules leurs enfants dans des zones périurbaines en marge des grands centres.
Le matrimoine et la figure de la résistance féminine irriguent également le festival. Avec Antigonick, la compagnie Roland furieux et Laëtitia Pitz s’emparent de l’inoubliable figure de Sophocle relue par la poétesse canadienne Anne Carson, interrogeant la fidélité à l’humanité face aux dérives du pouvoir. Dans la même dynamique, Juliette Steiner et la compagnie Quai n°7 signent Aux suivantes, un spectacle plastique et musical qui brosse un collage surréaliste et réjouissant à travers l’histoire de l’art, convoquant des figures oubliées d’Artemisia Gentileschi à Britney Spears pour réaffirmer la nécessité de la création comme acte de résistance.
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