Dans un climat politique marqué par la montée des discours réactionnaires, la fragilisation des associations et la disparition progressive des espaces de sociabilité queer, le festival se veut plus que jamais un bastion de bienveillance, d’écoute et d’inclusivité L’objectif affiché reste inchangé : bâtir des espaces de rencontre, de transmission et de liberté inexpugnables face aux pressions politiques et sociétales actuelles.
Le festival s’ouvrira le jeudi 1er octobre au Théâtre de l’étoile du nord (18e arr.) avec la pièce La Demande d’asile, écrite et chorégraphiée par Nicolas Barry (Ensemble Facture). Interprétée par Nangaline Gomis et Sophie Billon, cette œuvre de danse-théâtre plonge le spectateur dans l’absurdité administrative et la violence psychologique des entretiens menés à l’OFPRA, en ciblant particulièrement les persécutions liées à l’orientation sexuelle. La soirée se prolongera avec un concert de l’artiste oXni, « objet X non identifié », qui mêle rap incisif, dark-pop et esthétique DIY. Accompagné sur scène par la claviériste JJ Ann, oXni défendra les titres de son deuxième album, Revue de Peste, ainsi que son recueil Chaoscène paru chez Rotolux.
Le lendemain, vendredi 2 octobre, le festival investira la librairie Les Mots à la Bouche (11e arr.) pour le lancement et les dédicaces du livre jeunesse Bouche cousue de Thibaut Galis, une œuvre intime explorant le corps et l’émotion. En parallèle, Les Laboratoires d’Aubervilliers (93) accueilleront la soirée « D’une manière ou d’une autre », programmée par Lucie Camous. Elle associera l’atelier d’écriture collective « Nous, exigeons » — mené par Anouk Chatellier et Camille Cornu — et une carte blanche à l’artiste queer et crip No Anger. Ce dernier y présentera des textes inédits interrogeant la place des corps handicapés et déviants face aux imaginaires dominants. La nuit se poursuivra au Point Éphémère (10e arr.) avec une after party survoltée marquant le lancement officiel de la Flinta Babecore Agency, portée par le collectif Dyketopia, proposant un plateau club, techno, baile funk et jungle.
Croisements méditerranéens et explorations mémorielles
Le samedi 3 octobre, Le Générateur de Gentilly (94) vibrera au rythme du projet Un Olivier ni d’Orient ni d’Occident, imaginé par Chams Barkaoui et Amenallah Atrous (Mamou) sur une proposition de la commissaire Inès Geoffroy. Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, cette performance artistique transméditerranéenne réinterprète les rituels soufis à travers une lecture queer et décentrée, questionnant les héritages spirituels de l’islam.
Le dimanche 4 octobre, le MAC VAL (Musée d’art contemporain du Val-de-Marne, à Vitry-sur-Seine) proposera une double immersion. D’abord à travers une visite guidée de l’exposition monumentale Ici grand ouvert de l’artiste chercheur SMITH, suivie de la création musicale Transition Pieces, un oratorio post-folk et DIY mené par Hot Bodies (Gérald Arev Kurdian). Ce cycle musical interroge les métamorphoses des corps, des identités et des technologies contemporaines.
Archives nocturnes, podcasts en direct et performance situationnelle
Mardi 6 octobre, le bar Les Souffleuses (4e arr.) accueillera un enregistrement en public du podcast Le Masque et la Plume dans le Cul, animé par Marguerite du Trash et Babouchka Babouche. L’émission mettra à l’honneur le travail monumental d’Yvette Néliaz, alias Dame Pipi, dont les archives photographiques et vidéographiques de la vie nocturne alternative des années 2000 viennent d’être éditées sous le titre damepipi.tv – Une archéologie du présent (JBE Books / École Duperré).
Les mercredis 7 et 8 octobre, le Centre culturel suisse (3e arr.) s’associera au festival pour une double proposition. D’une part, une rencontre littéraire avec l’écrivain Mathias Howald autour de l’ouvrage collectif Racontons-nous : récits de joie queer (Paulette Éditrice), fruit d’ateliers d’écriture intergénérationnels. D’autre part, une Situational Performance réunissant la danseuse et chorégraphe Catol Teixeira et l’artiste multidisciplinaire Chaos Clay, explorant le mouvement comme acte d’écoute et de réminiscence mémorielle.
Colonisation, marges urbaines et cabarets subversifs
Le vendredi 9 octobre au Centre Wallonie-Bruxelles (4e arr.), la performance documentaire Dirty Closets de Marianne Chargois et Jamal Phoenix décortiquera les échanges économico-sexuels en contexte colonial et néocolonial, interrogeant les filiations aux Antilles et en ancienne Indochine ainsi que les luttes des travailleurs et travailleuses du sexe.
Enfin, le samedi 10 octobre, le festival s’achèvera en apothéose. L’artiste Véronique Hubert présentera L’horizon est une fissure à The Window (10e arr.), transformant le rideau métallique du lieu en portail vers un territoire utopique. En soirée, La Marbrerie à Montreuil (93) accueillera le grand cabaret néo-traditionnel Pins & Needles, orchestré par Mona LaDoll, qui fusionne l’héritage des freak-shows et la revendication queer, précédé d’une première partie de Leon Marič intitulée Kiss me, inspirée de la tradition folklorique slovène du pozvačin.
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