Le projet de loi de finances 2027 prévoit 3,649 milliards d’euros de crédits de paiement, contre 3,745 milliards en loi de finances initiale pour 2026, soit une baisse de 2,55 % et de 95,4 millions d’euros. Les crédits consacrés à la création diminuent de 4,6 % en autorisations d’engagement et de 3,5 % en crédits de paiement. « Près de 33 millions d’euros disparaissent des crédits déconcentrés, fragilisant directement l’action de l’État dans les territoires », s’inquiète le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).
Après un été 2026 tendu, il n’y aura pas eu de miracle pour le spectacle vivant : la mission Culture se situe désormais en dessous de son budget de 2023, alors même que l’inflation cumulée atteint 9,2 %. « Le résultat, c’est une création fragilisée, des artistes privés de soutien et, au-delà, une culture réduite à un apparat de la vie des territoires : visible, valorisée en façade, mais privée des moyens et de l’ambition nécessaires pour jouer pleinement son rôle », explique le Syndeac dans un communiqué.
Voici ce qui se profile : des fermetures de lieux, des disparitions de compagnies, des emplois fragilisés, des créations empêchées, un recul de l’éducation artistique et culturelle et un désengagement de l’État dans les territoires. « Concrètement, ce sont des spectacles qui ne pourront plus être produits, des artistes qui ne pourront plus être rémunéré·es, des tournées supprimées, des créations reportées, des lieux contraints de réduire encore leur activité et des territoires qui verront disparaître une partie de leur offre culturelle », explique le Syndeac. « Ce sont des emplois directs et indirects qui sont détruits, des citoyennes et citoyens, des publics qui sont amputés de leur droit à la culture. »
La campagne « Culture partout, 1 % obligatoire » sur tous les territoires a franchi le cap des 50 000 signataires. À quelques mois de l’élection présidentielle, la tribune impulsée par le Syndeac a déjà réuni plus de 600 signatures d’élus, de ministres, d’ex-ministres et de candidats déclarés à la présidentielle allant du centre jusqu’aux Républicains, qui s’accordent pour réclamer a minima une concertation nationale sur le refinancement de la culture.



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