Sceneweb
  • À la une
  • Actu
  • Critiques
    • Coup de coeur
    • A voir
    • Moyen
    • Décevant
  • Interviews
  • Portraits
  • Disciplines
    • Théâtre
    • Danse
    • Opéra
    • Cirque
    • Jeune public
    • Théâtre musical
    • Marionnettes
    • Arts de la rue
    • Humour
  • Festivals
    • Tous les festivals
    • Festival d’Avignon
    • Notre Best OFF
  • Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Rechercher
  • Menu Menu

Laurent Rochut, un pied dans le Off, un pied dans la politique

Actu, Avignon, Les interviews
Laurent Rochut
Laurent Rochut

Photo Stéphane Capron

Il est désormais adjoint au spectacle vivant et à l’éducation dans l’équipe du nouveau maire divers droite de la Cité des Papes, Olivier Galzi, mais aussi directeur de La Factory, théâtre permanent d’Avignon. Une double casquette qui pose question. Ses prises de position renvoyant dos à dos le RN et LFI lui ont valu des tracts anonymes pendant le Festival Off. Laurent Rochut explique ses positions. 

La Factory s’est agrandie au fil des années. Vous accueillez cette année plus de 70 compagnies. Pourquoi avez-vous choisi de vous agrandir autant ?

Laurent Rochut : Ce n’est pas un concours chez moi. L’objectif, c’est plutôt d’avoir assez de recettes l’été pour financer notre travail toute l’année. Nous avons une subvention, très petite par rapport aux autres scènes permanentes d’Avignon, car nous sommes les derniers arrivés, et je me suis engagé, en tant qu’élu, à ne pas solliciter d’augmentation pendant les sept années qui viennent. Cela veut donc dire qu’il faut générer assez d’activité et assez de profits pendant le Festival Off d’Avignon pour remettre au pot tout au long de l’année afin de pouvoir accueillir les 40 semaines de résidence, soutenir la jeune scène rap, comme nous le faisons tous les deux mois avec des concerts au Théâtre de l’Oulle, et financer nos propres événements, comme le festival de clowns « Sorties de piste » en décembre. Il faut que l’été, on arrive à dégager des bénéfices, pour les reperdre en hiver. La recherche du nombre de salles répond donc vraiment à une logique de recherche d’équilibre économique. Et je ne cherche pas à gagner un concours.

Vous êtes désormais adjoint à l’éducation dans l’équipe du nouveau maire d’Avignon, Olivier Galzi, et vous êtes aussi chargé du spectacle vivant. N’est-ce pas un peu schizophrène ?

L.R. : Ce n’est pas tellement schizophrène parce que je m’étais quand même bien organisé. J’ai réduit mon empreinte municipale au minimum pendant le festival car j’avais besoin d’être présent pour La Factory. Jusqu’à la fin juin, j’ai été très présent pour la ville afin de préparer la rentrée scolaire.

Votre double casquette crée des interrogations, certains évoquent un conflit d’intérêts. Vos prises de position ont provoqué des réactions, parfois violentes. Comment l’avez-vous vécu ?

L.R. : J’ai l’habitude de faire des jaloux et de me faire des ennemis. Ça, j’ai envie de dire, c’est la phrase de Montherlant : « Se faire des amis est une activité de commerçant. Se faire des ennemis est une activité d’aristocrates ». Alors, oui, je fais face à des attaques, parfois violentes. Notamment pendant ce festival, avec des tracts qui ont été agrafés à certaines affiches de La Factory. La vérité, c’est que, quand on est un peu serein, quand on est un peu droit dans ses projets et dans ses bottes, on laisse passer le tumulte. Je ne suis pas quelqu’un d’impressionnable physiquement, ni intellectuellement. On s’en est pris aux compagnies qui jouent chez moi parce que je suis adjoint au maire, et que, lors de la campagne des municipales, j’ai opposé La France insoumise (LFI) au Rassemblement national (RN). Je les ai mis dos à dos, et je persiste et je signe. Je pense que, toutes les semaines, les sorties des dirigeants de LFI donnent raison à cette idée que l’un et l’autre sont dangereux pour la démocratie, et que leur victoire à la prochaine présidentielle serait une catastrophe pour la France.

Du coup, effectivement, LFI m’a pris comme bouc émissaire. J’ai pris la parole sur les réseaux sociaux, j’ai voulu marquer un coup d’arrêt en disant : « On ne peut pas expliquer qu’on est les amis des compagnies et essayer de les intimider en agrafant des tracts sur les affiches des gens qui jouent chez moi ». On peut prendre la parole dans la presse, contester, il n’y a aucun souci. Par contre, l’intimidation, les tracts de corbeau, ce sont des méthodes de voyous. J’ai appelé cela des méthodes de miliciens. Et je persiste et je signe : cela en dit long, malheureusement, sur les pratiques politiques auxquelles on risque d’assister dans les années qui viennent.

En renvoyant dos à dos le RN et LFI, n’avez-vous pas froissé une partie des compagnies qui jouent dans vos théâtres, et une partie des spectateurs ?

L.R. : Il y en a deux ou trois avec lesquels on a beaucoup discuté, et qui ont entendu mes arguments. On n’est pas obligé d’être d’accord. Moi, je pense que Jean-Luc Mélenchon est une figure de la dangerosité et de la dérive personnelle, c’est l’ego trip politicien. Comme Trump est un ego trip. Sa finalité, c’est d’avoir le pouvoir. Ce sont des figures ultra-dangereuses dans les temps d’incertitude que l’on connaît, donc je persiste et je signe. J’assume complètement d’être un intellectuel doublé d’un entrepreneur. Ça peut me valoir des inimitiés. Des compagnies ne viendront pas jouer chez moi en raison de mes prises de position, je les respecte. À plusieurs reprises, j’ai soutenu Charlie Hebdo et je continue de soutenir le journal dans son engagement pour la laïcité. C’est mon centre de gravité. Alors, il y a parfois des contraintes, des effets collatéraux.

Je suis un grand gaulliste social, ma figure de proue politique, c’était Philippe Séguin. Je pense qu’on n’est pas obligé d’opposer l’économie de marché et le social pour faire une bonne politique. Je pense que les propos outranciers et les propos clivants, la double tenaille identitaire à laquelle on nous oblige et on nous contraint aujourd’hui, entre le RN et LFI, fracturent le terrain politique et le terrain social. Ce sont de vrais dangers pour nos démocraties. La liberté est en danger. Elle est en train d’être remise en cause, avec des mouvements politiques qui essaient d’écraser l’individu par le poids de leur doctrine. Et je crois qu’aujourd’hui, en tout cas, c’est là où ça rejoint ma fonction de directeur de théâtre, ce dont on a fait don à l’humanité avec les Lumières est en train d’être menacé. Si je fais du théâtre, si j’écris, si je soutiens des compagnies, c’est pour continuer de défendre cette liberté.

Propos recueillis par Stéphane Capron – www.sceneweb.fr

24 juillet 2026/par Stéphane Capron
Partager cette publication
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur X
  • Partager sur WhatsApp
  • Partager sur LinkedIn
  • Partager par Mail
  • Lien vers Instagram
Vous aimerez peut-être aussi
L’appel d’Avignon contre le Rassemblement National
Espace Roseau Teinturiers À Avignon, La Factory s’agrandit avec l’arrivée de l’Espace Roseau Teinturiers
L’appel de LA FACTORY//Fabrique à Avignon pour ouvrir les théâtres samedi 30 janvier
Une quarantaine de théâtres ouvrent leurs portes
Résidences Tremplin À Avignon, quatre théâtres et un tremplin
Sorties de Piste Avignon « Sorties de piste » : les clowns font leur festival à Avignon
0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous à notre newsletter

Vérifiez votre boîte de réception ou vos indésirables afin de confirmer votre abonnement.

Dans le moteur de recherche, plus de 22 000 spectacles référencés

Search Search
© Sceneweb | Limbus Studio – création et maintenance de site WordPress
  • L’actualité du spectacle vivant
  • Qui sommes-nous ?
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité
  • Signaler un abus
  • Contact
  • Politique de cookies (UE)
Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut