Nouvelle pièce pilotée par la chorégraphe Géraldine Chollet, La Tendresse du ventre de la baleine convie le public à entrer dans un monde nocturne, grâce à huit interprètes et deux musiciennes.
En 2024 déjà, la chorégraphe suisse Géraldine Chollet investissait La Chartreuse de Villeneuve lez Avignon avec Ouverture. Sous des guirlandes façon guinguette, le public déambulait en cercle, alors que les interprètes slalomaient en dansant dans la foule. La Tendresse du ventre de la baleine se déploie dans ce même cadre, à la tombée de la nuit. Il devient l’écrin pour un rituel festif, musical et dansé, espace propice aux transformations, inspiré par le mythe biblique de Jonas et la baleine.
Une chanteuse circule parmi les spectatrices et spectateurs, sagement assis sur des coussins posés au sol ou sur quelques rares chaises et tabourets. Quand elle s’approche, on glane quelques notes de mélodies fredonnées. Elle prend ensuite place à côté des techniciens, qui siègent derrière de grandes tables, attrape une guitare et fait sonner quelques riffs. Elle et son acolyte musicienne portent des ensembles ocre, avec une capuche à franges, leur donnant des airs de membres d’un culte New Age.
Huit danseuses et danseurs déboulent dans la cour les uns derrière les autres. Ils portent des ensembles bleus. Ils joggent autour du public. On croirait qu’ils veulent activer quelque chose, ou, peut-être, nous intimider ? Leurs petites foulées sont accompagnées d’un geste de la main, faisant mine de lancer quelque chose. Plus que l’inventivité des gestes, la relation entre les performeurs et le public semble l’enjeu principal de La Tendresse du ventre de la baleine. Les danseurs encerclent d’abord le public, répartis selon un « quadrillage » précis que la chorégraphe nous a intimé de ne pas perturber, comme un bloc. Représentons-nous la baleine et les danseurs des poissons ? Ils s’infiltrent ensuite dans les interstices de la masse, entre les assises. Au gré de « Hé ! », ils attirent l’attention sur eux et livrent, chacun leur tour, une danse en solo. Un flux envahit leur corps : le bassin se décale sur le côté, les coudes se plient, la tête pivote. La fluidité des gestes est entrecoupée par des saccades.
Cette chorégraphie, tantôt dynamique, tantôt douce, joue sur les échelles et les intensités, alternant prise d’espace et danses ramassées, beats technos et suspensions silencieuses. Plus qu’à un spectacle de danse, Géraldine Chollet nous convie à une expérience, à un rituel poétique, qui ouvre, lorsque la nuit tombe, les portes d’un autre monde.
Belinda Mathieu – www.sceneweb.fr
La Tendresse du ventre de la baleine
Concept et chorégraphie Géraldine Chollet
Chorégraphie en collaboration avec les danseur·euses, Jessica Tamsin Allemann, Johanna Robyn Closuit, Karine Dahouindji, Victor Dumont, Bilal El Had, Bast Hippocrate, Maïté Maeum Jeannolin, David Zagari
Danseur·euses extras Alice Gratet, Mélissa Guex, Eléonore Heiniger
Voix et guitare Billie Bird
Dj Iman Waser/MÂNAA
Dramaturgie Adina Secretan, Jessica Huber
Création lumière Selim Dir Melaizi
Costumes Maarten Van Mulken
Assistanat costumes Claire Nicholas
Conseils scénographie Sarah André, Thérèse Weibel
Assistanat Trân Tran, Tamara Lysek
Régie son Raphaël Raccuia
Régie lumière Victor Schwab
Direction technique Nidea HenriquesProduction Cie Rahu LaMo
Coproduction Théâtre Vidy-Lausanne, Pavillon ADC – Genève, LAC – Lugano, Gessnerallee Zürich, Kaserne Basel
Soutiens Label+ Romand, État de Vaud, Ville de Lausanne, Loterie Romande, Pro Helvetia, Fondation Ernst GöhnerDurée : 1h10
Vu en juillet 2026 à La Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, dans le cadre de la Sélection suisse en Avignon et des Rencontre(s) d’été de La Chartreuse
Le Carreau du Temple, Paris, dans le cadre de la Swiss Dance Week
les 17 et 18 novembreLAC, Lugano Cultura e Arte (Suisse)
le 19 janvier 2027




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