Alexander Neef, directeur général de l’Opéra national de Paris, et José Martinez, le directeur du ballet ont présenté leur saison 2026/2027 composée de 7 créations lyriques et de 4 créations pour le ballet. Miroir de nos peines, le roman de Pierre Lemaitre servira de livret à un opéra commandé à Hèctor Parra dans une mise en scène de Mariame Clément. Le programme danse compte des créations de Lucinda Childs et Juliano Nunes. Johan Inger va revisiter le mythique Giselle sur une musique de Grégoire Hetzel.
Les 7 nouvelles productions lyriques
Perle noire : méditations pour Joséphine de Tyshawn Sorey (Palais Garnier, du 9 au 19 septembre 2026)
À l’occasion du 120e anniversaire de la naissance de Joséphine Baker, l’Opéra national de Paris ouvre sa saison 26/27 en présentant au Palais Garnier ce spectacle mis en scène par Peter Sellars. La partition de Tyshawn Sorey s’inspire et recompose quelques unes des chansons les plus emblématiques de la célèbre figure des Années folles pour en dessiner un portrait vivant et engagé, porté par la soprano Julia Bullock.
Le Crépuscule des dieux de Richard Wagner (Opéra Bastille, du 8 au 18 octobre 2026)
Ouverte à l’hiver 2025 sur la scène de l’Opéra Bastille, la grande aventure du Ring de Richard Wagner mis en scène par Calixto Bieito et sous la direction de Pablo Heras-Casado s’achève avec à l’automne 2026. Le plateau vocal mené par Tamara Wilson (Brünnhilde) et Andreas Schager (Siegfried) permettra de retrouver notamment Mika Kares en Hagen, Eve-Maud Hubeaux en Waltraute et Brian Mulligan en Alberich.
Pour faire vivre cette expérience d’art total telle que l’avait imaginée Richard Wagner, l’Opéra de Paris présentera à la suite le Festival de L’Anneau du Nibelung. Deux cycles complets des quatre opéras (du 6 au 13 novembre, puis du 15 au 22 novembre 2026) réuniront tous les interprètes des quatre productions précédentes.
Une programmation exceptionnelle viendra enrichir l’expérience : une exposition « La Révolution du Ring » au Palais Garnier (d’octobre 2026 à février 2027), un cycle de quatre rencontres avec les équipes artistiques et des spécialistes de l’œuvre, mais aussi de courtes introductions de 30 minutes avant chaque représentation, tandis que le deuxième festival sera filmé et diffusé en direct sur la plateforme de streaming POP – Paris Opera Play.
Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart (Opéra Bastille, du 28 janvier au 26 février puis du 20 mai au 24 juin 2027)
C’est à la metteuse en scène et co-fondatrice du Heartbeat Opera de New York, Louisa Proske, que revient une nouvelle production du Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart, pour sa toute première collaboration avec l’Opéra de Paris. Elle en replace l’action dans un grand hôtel, lieu de croisement de solitudes inconnues, où les désirs se révèlent et s’entrechoquent à la faveur de la nuit. La scène de l’Opéra Bastille verra deux séries de représentations : en janvier-février 2027, la première sera dirigée par Finnegan Downie Dear, avec dans le rôle-titre Peter Mattei, Joshua Bloom en Leporello, et notamment Slávka Zámečníková, Amitai Pati et Jacquelyn Stucker en Anna, Ottavio et Elvira ; la seconde série, en mai-juin, avec Davide Luciano en séducteur et toujours Joshua Bloom en serviteur, Jeanine De Bique, Manase Latu et Tara Erraught.
Werther de Jules Massenet (Opéra Bastille, du 11 février au 12 mars 2027)
Près de dix ans après sa dernière représentation à l’Opéra Bastille, Werther, le chef-d’œuvre de Jules Massenet, revient dans une mise en scène de Robert Carsen qui place la littérature au centre de sa proposition scénique. La cheffe Nathalie Stutzmann fera à cette occasion ses débuts à l’Opéra de Paris tandis que se succèderont dans le rôle de Werther Benjamin Bernheim et Michael Spyres, face à la Charlotte d’Aigul Akhmetshina. À leurs côtés, Sandra Hamaoui puis Johanna Wallroth, et Gordon Bintner seront Sophie et Albert.
Ce qui brûle en silence, madrigaux de Claudio Monteverdi, Barbara Strozzi et Philippe Fénelon (Athénée Théâtre Louis-Jouvet, du 11 au 20 mars 2027) – Académie
L’Académie de l’Opéra de Paris confie cette saison sa production lyrique à la metteuse en scène Victora Sitjà, qui conçoit le spectacle Ce qui brûle en silence à partir de madrigaux de Claudio Monteverdi, Barbara Strozzi et Philippe Fénelon. Librement inspiré de La Dispute de Marivaux, il évoque la naissance du désir, de l’amour mais aussi de la domination chez quatre adolescents coupés de la société, incarnés par les artistes en résidence à l’Académie.
Miroir de nos peines d’Hèctor Parra (Palais Garnier, du 24 avril au 11 mai 2027)
Première commande de l’Opéra de Paris au compositeur Hèctor Parra, Miroir de nos peines adapte sur la scène du Palais Garnier le roman éponyme de Pierre Lemaitre. Dans le Paris du printemps 1940, Louise (Vannina Santoni) est prise dans les événements tragiques de la « drôle de guerre » tandis qu’elle enquête sur le passé de sa mère, et rencontre en chemin toute une galerie de personnages : Raoul, le déserteur (Leigh Melrose), Gabriel, le professeur de mathématiques (Bastien Rimondi) ou encore le mystérieux Désiré (Léo VermotDesroches). Mariame Clément donne vie à cette création mondiale, sous la direction musicale d’Ingo Metzmacher.
Idomeneo de Wolfgang Amadeus Mozart (Opéra Bastille, du 3 au 25 mai 2027)
Wajdi Mouawad s’empare quant à lui d’Idomeneo de Wolfgang Amadeus Mozart, avec son dilemme cornélien puisant à la source de la mythologie grecque, que le dramaturge rapproche des désastres écologiques et humains de notre époque. Sur la scène de l’Opéra Bastille, Allan Clayton incarnera le roi de Crète et Lea Desandre son fils Idamante, Johanna Wallroth la princesse captive Ilia et Elsa Dreisig l’impétueuse Elettra, sous la direction musicale d’Antonello Manacorda.
10 oeuvres du répertoire
Le Barbier de Séville de Gioacchino Rossini (Opéra Bastille, du 12 septembre au 5 novembre 2026)
Hamlet d’Ambroise Thomas (Opéra Bastille, du 18 septembre au 9 octobre 2026)
La Clémence de Titus de Wolfgang Amadeus Mozart (Palais Garnier, du 24 novembre au 25 décembre 2026)
Turandot de Giacomo Puccini (Opéra Bastille, du 27 novembre au 27 décembre 2026)
Le Trouvère de Giuseppe Verdi (Opéra Bastille, du 16 janvier au 27 février 2027)
Katia Kabanova de Leoš Janáček (Palais Garnier, du 27 janvier au 13 février 2027)
Lady Macbeth de Mzensk de Dmitri Chostakovitch (Opéra Bastille, du 13 au 28 mars 2027)
L’Élixir d’amour de Gaetano Donizetti (Opéra Bastille, du 23 mars au 13 avril 2027)
Roméo et Juliette de Charles Gounod (Opéra Bastille, du 7 juin au 10 juillet 2027)
Don Pasquale de Gaetano Donizetti (Palais Garnier, du 12 juin au 10 juillet 2027)
La saison danse
Gala d’ouverture de la saison de danse et soirée Paysages intérieurs, (Palais Garnier du 10 octobre au 7 novembre 2026)
Pour cette soirée unique au bénéfice des activités de l’Opéra national de Paris, le programme sera composé de Rings of Saturn, première création pour le Ballet du danseur et chorégraphe brésilien Juliano Nunes ainsi que de Vers un pays sage de Jean-Christophe Maillot et Busk d’Aszure Barton, deux pièces qui entrent au répertoire et seront ensuite présentées lors de la soirée Paysages intérieurs. Avec Vers un pays sage (1995), Jean‑Christophe Maillot présente une pièce fondatrice de l’identité des Ballets de Monte‑Carlo, portée par la musique énergique de John Adams et traversée par un hommage intime à son père. Si le directeur et chorégraphe a créé plus de
80 pièces depuis ses débuts, c’est la première fois qu’il travaillera avec le Ballet de l’Opéra. Totalement réadaptée et retravaillée
en 2024, Rearray, est la dernière pièce proposée par William Forsythe au Ballet de l’Opéra. Enfin, inspirée par le « busking », cet art de la performance dans l’espace public, Busk, la pièce de la canadienne Aszure Barton, affirme une quête artistique et humaine, animée par une énergie libre et vibrante.
Soirée Rituels, (Opéra Bastille, du 2 décembre 2026 au 2 janvier 2027)
La soirée Rituels réunit trois ballets marqués par la puissance du geste et de la musique. De Suite en blanc, chef‑d’œuvre du néoclassicisme, créé en 1943 et chorégraphié par Serge Lifar sur une musique d’Édouard Lalo, aux grandes partitions qui ont marqué le xxe siècle, la musique se fait moteur de l’émotion chorégraphique. Sur le célèbre Boléro de Maurice Ravel, le chorégraphe israélien formé au sein de la Batsheva Dance Company Shahar Binyamini signe Boléro X, une création d’une intensité physique saisissante qui entre au répertoire. Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky, revisité par Pina Bausch, déploie quant à lui toute sa force rituelle et organique.
Soirée Pulsations, (Palais Garnier, du 4 décembre 2026 au 2 janvier 2027)
La soirée intitulée Pulsations interroge le rythme du temps et des émotions à travers la musique répétitive de Max Richter, qui irrigue deux des œuvres du programme : la création de Lucinda Childs, qui développe une chorégraphie pour 12 danseurs étroitement liée et imaginée en résonance avec une vidéo‑projection d’Etienne Guiol et l’entrée au répertoire de Schmetterling de Sol León et Paul Lightfoot, une pièce expressive autour de l’éphémère et de la transformation. En contrepoint, Lamentation (1930) de Martha Graham, solo emblématique de la danse moderne, offre une méditation saisissante sur le deuil et la tragédie du corps.
Soirée Correspondances nocturnes (Palais Garnier, du 12 février au 8 mars 2027)
Correspondances nocturnes propose un dialogue entre deux univers chorégraphiques autour de la musique, de la littérature et des grandes émotions humaines. Pour ses débuts à l’Opéra, la chorégraphe britannique Cathy Marston présente une création consacrée à George Sand, réunissant les thèmes qui traversent son œuvre : les figures féminines, les passions amoureuses et le processus de création artistique. Sur une partition de Philip Feeney, elle explore le lien mère‑fille ainsi que la relation entre l’écrivaine et Frédéric Chopin. Cette pièce fait écho à Nocturnes (2014) de Thierry Malandain, un ballet pour 22 danseurs qui fait son entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris. Inspiré par le romantisme et les Danses macabres du Moyen Âge, le chorégraphe propose une œuvre d’une profonde mélancolie, une méditation sensible sur le passage du temps et la fragilité de l’existence.
Giselle de Johan Inger (Palais Garnier, du 25 juin au 14 juillet 2027)
Après Impasse, entré au répertoire de l’Opéra en 2024, Johan Inger revient avec une création conçue pour une soirée entière. Fidèle à une démarche qui revisite les grands récits du répertoire à l’aune d’une sensibilité contemporaine — de Petrouchka à La Belle au bois dormant / Aurora’s Nap, en passant par Carmen, Peer Gynt, Don Juan ou A Swan Lake — le chorégraphe suédois s’empare aujourd’hui de l’iconique Giselle. Après le ballet original de 1841, les versions d’Alicia Alonso et de Mary Skeaping, ainsi que la relecture de Mats Ek, toutes interprétées sur la partition d’Adolphe Adam, le Ballet de l’Opéra présente une cinquième Giselle, portée cette fois par une création musicale originale composée par Grégoire Hetzel, figure majeure de la musique de film française.
Soirée Éclats de danse, (Palais Garnier du 9 au 28 janvier 2027) avec le junior ballet
La soirée est composée d’une création d’Anna Hop, des entrées au répertoire de Yu d’Altea Nuñez et On Then and Now de Simon Valastro ainsi que de Eternal Rift de Julian Nicosia et de The Vertiginous Thrill of Exactitude de William Forsythe.






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