C’est la rentrée sociale pour les syndicats du spectacle vivant. Le SYNDEAC publie une tribune transpartisane signée par déjà plus de 600 élus, dont des candidats à la présidentielle, pour réclamer « a minima une concertation nationale sur le refinancement de la culture », tandis qu’une semaine de mobilisation se prépare à partir du 21 septembre, avec comme point d’orgue une journée de grève le 29 septembre.
Les co-présidents du SYNDEAC, Claire Guièze et Joris Mathieu, ont réaffirmé lors d’une conférence de presse leurs exigences clés : « un moratoire sur les coupes budgétaires dès la loi de finances 2027, la sanctuarisation de 1 % du budget de l’État pour la culture et la création d’une cellule interministérielle de crise ».
Le syndicat entend battre le rappel en réimpulsant la campagne « Culture partout, 1 % obligatoire » sur tous les territoires et en pérennisant sa pétition grand public, qui franchit déjà le cap des 50 000 signataires. S’ancrant pleinement dans les échéances électorales à venir, le SYNDEAC ambitionne de peser lourdement dans le débat des idées. En s’associant à des réseaux citoyens comme l’association Nos services publics, l’organisation entend replacer la culture au cœur du pacte républicain et faire barrage à la montée des replis identitaires en Europe.
Inquiétudes face au projet de loi de finances 2027
L’intersyndicale prévoit une semaine de mobilisation, du 21 au 29 septembre, avec des rassemblements et des manifestations pour dénoncer les coupes budgétaires massives dans la culture, mais aussi pour défendre l’emploi, les salaires, la création et l’information de qualité, avec comme point d’orgue un appel à la grève le mardi 29 septembre. À quelques mois de l’élection présidentielle, les organisations syndicales entendent bien s’imposer durablement dans le débat public. La tribune impulsée par le SYNDEAC a déjà réuni plus de 600 signatures d’élus, de ministres, d’ex-ministres et de candidats déclarés à la présidentielle allant du centre jusqu’aux Républicains, qui s’accordent pour réclamer a minima une concertation nationale sur le refinancement de la culture. « Cette nécessité que la culture retrouve toute sa place dans le projet de politique publique et que cette idée refasse un consensus large est très importante pour nous », a exprimé Joris Mathieu.
Silence de l’Elysée et de Matignon
Malgré les avancées estivales, notamment la promesse du versement de 10 millions d’euros pour solder les subventions des 28 structures touchées par des gels budgétaires, les co-présidents du SYNDEAC estiment être « très loin du compte ». Le syndicat pointe du doigt l’absence totale de réponse formelle de l’Élysée et de Matignon aux courriers adressés cet été par l’organisation. Le secteur redoute par ailleurs les conséquences des récentes annonces gouvernementales portant sur des économies massives de 30 à 50 milliards d’euros.
Le SYNDEAC reste ainsi d’une extrême vigilance sur plusieurs points critiques : le versement effectif des soldes promis aux structures et au fonds PEPS, assombri par la disparition récente de 10 millions d’euros liée au collectif du Pass Culture à l’occasion de la rentrée scolaire ; l’absence de sanctuarisation globale du budget du ministère de la Culture, la tutelle ayant indiqué que les arbitrages s’effectueraient au cas par cas ; et enfin, l’impact incertain de la dotation des collectivités territoriales, qui constituent pourtant une source majeure de financement pour les structures décentralisées. « Pour nos adhérents, les collectivités territoriales, c’est une part importante des financements, a exprimé Claire Guièze. Et pour l’instant, il n’y a pas de garantie. C’est quelque chose aussi d’important sur lequel il faut qu’on reste très vigilants.»
Stéphane Capron – www.sceneweb.fr



Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !