Le metteur en scène, acteur et auteur allemand, est mort le 9 septembre 2026 à Freiburg, à l’âge de 96 ans, fait sa savoir sa famille. Il avait fondé le Théâtre franco-allemand en 1958 et dirigé le Théâtre du Vieux-Colombier à Paris.
Né en 1930 à Münster, Wolfram Mehring s’était installé à Paris en 1954. Après des études de philosophie et de littérature à la Sorbonne, il s’était formé auprès d’Étienne Decroux, figure majeure du mime corporel. Cette rencontre avait profondément marqué son approche du théâtre, fondée sur la présence physique de l’acteur, le mouvement, le rythme et la recherche d’un langage scénique capable de dépasser les frontières entre les langues et les cultures. Après plusieurs années passées en France, il était retourné vivre en Allemagne, où il résidait depuis de nombreuses années.
En 1958, il avait fondé le Théâtre franco-allemand, devenu ensuite le Théâtre de la Mandragore, ainsi que le Centre international de recherches scéniques. À travers ces structures, il avait développé un théâtre visuel, corporel et expérimental, plaçant l’acteur au centre de la création. Son travail reposait sur l’improvisation, l’exploration du geste et la recherche d’un « comédien total », capable de mobiliser à la fois le corps, la voix, l’espace et l’imaginaire. Dans les années 1960, il avait notamment assuré la direction artistique du Théâtre du Vieux-Colombier à Paris.
Sa carrière internationale l’avait conduit à mettre en scène de nombreuses œuvres de théâtre et d’opéra en France, en Allemagne, en Suisse, en Afrique, en Inde, au Japon et en Corée du Sud. Il avait notamment travaillé pour les théâtres de Nürnberg, Münster, Wiesbaden, Freiburg, Karlsruhe, Konstanz et Kassel, où il avait dirigé l’opéra de 1999 à 2002. Il avait également collaboré avec plusieurs institutions et compagnies étrangères, poursuivant partout un travail attentif aux traditions locales et aux possibilités d’un théâtre transculturel.
Son répertoire comprenait des œuvres de Büchner, Shakespeare, Sophocle, Camus, Beckett, Verdi, Mozart, Wagner, Bizet, Puccini, Prokofiev et Janáček. Georg Büchner occupait une place particulière dans son parcours, avec plusieurs mises en scène de Woyzeck et de La Mort de Danton, ainsi que la création de La Mort de Büchner, œuvre qu’il avait lui-même écrite.
Wolfram Mehring était également l’auteur et l’adaptateur de plusieurs pièces, spectacles et contes scéniques, parmi lesquels Aymineh, Le Paradis des chats, La Roulotte tsigane, Danse de feu et Un Kranich im Schnee. Ses créations abordaient notamment la tolérance, la transmission, la rencontre entre les cultures, la violence, la vieillesse, la solitude et la nécessité de préserver l’imaginaire. Il avait par ailleurs consacré une part importante de son activité à la formation, animant des stages et des ateliers pour comédiens dans plusieurs pays.
Jusqu’à la fin de sa vie, Wolfram Mehring avait poursuivi son activité artistique et pédagogique, fidèle à une conception du théâtre fondée sur la liberté de l’acteur, la puissance du corps et la capacité de la scène à créer un dialogue entre les êtres.

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