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La mort de Christiane Cohendy

À la une, Théâtre
Christiane Cohendy dans Tableau d’une exécution photo Simon Gosselin
Christiane Cohendy dans Tableau d’une exécution photo Simon Gosselin

Christiane Cohendy dans Tableau d’une exécution photo Simon Gosselin

La comédienne Christiane Cohendy est décédée à l’âge de 86 ans, fait savoir Anne Bisang, la metteuse en scène et directrice du Théâtre Populaire Romand, qui l’avait dirigée dans Oh les beaux jours ! en 2014 à La Comédie de Genève. Pendant 50 ans, Christiane Cohendy aura été de toutes les grandes aventures du théâtre public. 

Née à Clermont-Ferrand où elle a étudié au Conservatoire, Christiane Cohendy cofonde le Théâtre Éclaté d’Annecy avec Alain Françon, Évelyne Didi et André Marcon en 1971. Un théâtre militant de l’intervention directe et des créations collectives au service de l’écriture contemporaine (Gatti, Cormann, Faulkner…). En 1975, elle joue au Festival d’Avignon, dans Pépé Gustave voit rouge de Ivan Vanesco dans une mise en scène de Bernard Sobel, à la Chapelle des Pénitents blans. Puis elle rejoint Strasbourg et le TNS, alors dirigé par Jean-Pierre Vincent, pour devenir comédienne permanente de la troupe de 1975 à 1979. Elle y joue Baal de Bertolt Brecht avec Gérard Desarthe, Kafka Théâtre Complet de Franz Kafka avec Daniel Emilfork et Tchéky Karyo. Deux mises en scène d’André Engel. L’un de ses metteurs fétiches qu’elle retrouve en 1982 dans Penthésilée d’Heinrich von Kleist au Théâtre national de Chaillot.

Autre metteur en scène important dans sa carrière : Matthias Langhoff. En 1983 au Festival d’Avignon, elle fait partie de l’aventure de La Cerisaie de Tchekhov, puis en 1989, celle de La Mission d’Heiner Müller et du Perroquet vert d’Arthur Schnitzler avec Carlo Brandt, Robert Bouvier, Serge Merlin au Cloître des Carmes.

« Le théâtre est inéluctable et increvable »

En 1996, Christiane Cohendy reçoit des mains de Fabrice Lucchini le Molière de la comédienne pour Décadence de Steven Berkoff dans une mise en scène Jorge Lavelli au Théâtre national de la Colline, rôle pour lequel elle sera également récompensée par le prix du Syndicat de la critique. Le britannique Steven Berkoff est aussi déterminant dans sa carrière, elle avait joué dans Kvetch en 1992, et il l’avait mis en scène dans La Métamorphose d’après Franz Kafka au Théâtre du Gymnase Marie Bell en 1988. Lorsqu’elle reçoit ce Molière, après avoir trébuchée dans les bras de Jean-Claude Brialy, elle dit tout l’importance du théâtre dans sa vie: « Le théâtre rejoue sans cesse les liens, les appels, les retours à l’autre et les retours à soi. Le théâtre joue sans arrêt l’histoire de comment nous faisons, nous autres humains, pour être ensemble et comment nous faisons, nous autres humains, avec le monde. Et dans les temps que nous vivons, la question de l’autre et de l’étranger est si cruciale et parfois sanglante. Je pense que le théâtre travaille directement à l’identité. Le théâtre est inéluctable et increvable. »

En 2009, elle sera de nouveau nommée, pour le Molière de la comédienne dans un second rôle, pour son rôle dans Equus mis en scène de Didier long, puis en 2018 pour Tableau d’une exécution, dans une mise en scène Claudia Stavisky au théâtre des Célestins de Lyon. Spectacle dans lequel elle offre une gamme de palettes extraordinaires au texte d’Howard Barker sur le combat d’une femme artiste face au monde politique. Elle retrouvera Claudia Stavisky, toujours au théâtre des Célestins en 2022 pour un dernier rôle dans La Trilogie de la villégiature de Carlo Goldoni.

6 juin 2026/par Stéphane Capron
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