Le consulat de Chine à Strasbourg a demandé à la ville de Strasbourg, la déprogrammation de Ceci n’est pas une ambassade (Made in Taïwan), la pièce de Stefan Kaegi (Rimini Protokoll), programmée au Maillon dans le cadre du temps fort Démocratie en jeu.
La maire de Strasbourg l’écologiste Jeanne Barseghian, a indiqué avoir reçu une lettre du consulat de Chine « demandant la déprogrammation de la pièce au motif que ça pose un problème dans l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France ». Elle dénonce une intervention « extrêmement grave » et a précisé avoir répondu dans la journée au consulat « en rappelant la loi française », à savoir que « tout simplement, la liberté de création et artistique est protégée en France ».
« Ca doit vraiment nous inquiéter », a ajouté la maire, qui a dit avoir exprimé son « soutien aux équipes du Maillon » et s’être rapprochée des services culturels de l’Etat, « parce que c’est extrêmement grave (dans un contexte) d’attaques répétées et rapprochées contre la liberté de création».
La Chine communiste, qui considère Taïwan comme une de ses provinces et n’exclut pas d’y établir sa souveraineté par la force, n’admet aucune relation diplomatique entre l’île et des pays étrangers. En établissant des relations diplomatiques avec Pékin en 1964, Paris avait dû rompre au préalable avec Taïpei, qui n’est plus reconnu que par une poignée d’Etats, dont le Vatican.
Le théâtre peut-il jouer un rôle sur la scène diplomatique ? Telle est la question que sous-tend la pièce du metteur en scène suisse Stefan Kaegi, présentée justement dans le cadre d’un temps fort au Maillon, intitulé Démocratie en jeu. « Une démocratie peut aussi s’abolir elle-même, explique Barbara Engelhardt, la directrice du Maillon dans son édito. Là où l’on attise peurs et émotions, la capacité de jugement politique s’étiole. Fake news et réseaux sociaux modèlent l’opinion et minent les fondements du débat démocratique. Lorsque les algorithmes orchestrent la participation des foules, les argumentaires politiques laissent la place aux avis des plateformes. »
Sollicité, le consulat de Chine à Strasbourg n’a pas répondu dans l’immédiat aux questions de l’AFP.
© Agence France-Presse



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