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Josiane Balasko et Marilou Berry dĂ©noncent l’emprise conjugale

Actu, Paris, Théùtre
Marilou Berry et Josiane Balasko dans Ça, c'est l'amour
Marilou Berry et Josiane Balasko dans Ça, c'est l'amour

Photo Jean-Louis Fernandez

Un soir de NoĂ«l, l’intuition d’une mĂšre dĂ©tectant les violences conjugales subies par sa fille : dans un registre Ă  contre-emploi, Josiane Balasko et sa fille Marilou Berry sont rĂ©unies pour la premiĂšre fois au théùtre dans Ça, c’est l’amour, piĂšce inĂ©dite en forme de rĂ©quisitoire contre l’emprise domestique, donnĂ©e au Théùtre des Bouffes Parisiens.

SignĂ© du dramaturge Jean Robert-Charrier, lui-mĂȘme tĂ©moin de violences conjugales pendant son enfance, ce duo mĂšre-fille dĂ©marre comme une piĂšce de boulevard avant de faire basculer les spectateurs dans le quotidien infernal d’un couple sous le joug d’un Ă©poux manipulateur, toxique et brutal dans le huis-clos du foyer. À l’improviste, FrĂ©dĂ©rique (Josiane Balasko) dĂ©barque le soir du rĂ©veillon au domicile de sa fille Mathilde (Marilou Berry) dont l’obsession est de ne pas rĂ©veiller son mari et leur fils de dix ans, Ă©tonnamment dĂ©jĂ  couchĂ©s. Au cours d’une conversation badine, Mathilde, de plus en plus anxieuse, fait part de sa fatigue permanente. Femme au foyer Ă  la campagne, elle n’a ni voiture, ni distraction, ni amis.

« Beaucoup de gens se disent : Balasko et sa fille, ça va ĂȘtre une piĂšce drĂŽle ou tendre sur la filiation. Finalement, les spectateurs sont tĂ©moins de quelque chose qu’on ne voit pas au grand jour : l’emprise, le contrĂŽle coercitif…, souligne Marilou Berry, MoliĂšre 2006 de la rĂ©vĂ©lation et CĂ©sar du meilleur espoir trois ans plus tard pour Vilaine. Les violences conjugales sont rarement Ă©voquĂ©es au théùtre. Avec ma mĂšre, on a acceptĂ© tout de suite cette piĂšce immersive qui permet aux gens Ă©trangers Ă  ces situations de comprendre pourquoi les femmes victimes restent, pourquoi ce ne sont pas des femmes faibles. »

« Montagnes russes »

« Il y a Ă©normĂ©ment de femmes qui viennent Ă  la fin de la piĂšce pour dire : ‘C’est mon histoire, celle de ma mĂšre, de ma sƓur, de ma fille…’ Je pourrais jouer cette piĂšce jusqu’Ă  la fin de ma vie tellement elle est formidable ! », dit Marilou Berry, souvent en premiĂšre ligne avec sa mĂšre des combats fĂ©ministes.

Directeur des Théùtres des Bouffes Parisiens et de la Porte Saint-Martin, l’auteur Jean Robert-Charrier a choisi de montrer de façon trĂšs rĂ©aliste – parfois dĂ©rangeante pour le spectateur – le comportement sadique d’un Ă©poux violent, pervers narcissique, soufflant le chaud et le froid. « Ce que je trouve merveilleux, c’est que deux figures populaires comme Josiane et Marilou s’emparent d’un tel sujet, confie-t-il. Je voulais absolument qu’il y ait du rire de temps en temps parce que ça serait insoutenable sinon. Et, justement, dans mon enfance, il y avait plein de moments joyeux qui faisaient que personne ne pouvait se douter de ce qui se passait. »

Pour Marilou Berry, « ce qui est intĂ©ressant est que les spectateurs se projettent facilement et mĂȘme que certains hommes, peut-ĂȘtre, se remettent en question mĂȘme si leur comportement n’atteint pas des extrĂȘmes ». « Le lien mĂšre-fille, on n’a pas Ă  le jouer. Il est naturel. Pour un acteur, tout ce qu’on n’a pas Ă  jouer, c’est du bonus. On se sent donc en sĂ©curitĂ© l’une comme l’autre », ajoute-t-elle, se disant « trĂšs heureuse » d’ĂȘtre sur scĂšne avec sa mĂšre.

Jean-François Guyot © Agence France-Presse

Ça, c’est l’amour
de Jean Robert-Charrier
Mise en scĂšne Julie-Anne Roth
Avec Josiane Balasko, Marilou Berry, Riad Gahmi, et la voix de Florence Muller
Décors Alban Ho Van
LumiÚres Jérémie Papin
Costumes Laurence Struz
Musiques François Villevieille

Durée : 1h45

Théùtre des Bouffes Parisiens
du 23 janvier au 26 avril 2026

8 février 2026/par AFP
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