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Jann Gallois, chorégraphe : offrir une danse « puissante et lumineuse »

À la une, Danse, Suresnes
Jann Gallois
Jann Gallois

Photo Michel Juvet

Transmettre « la force et la joie du collectif » : la chorégraphe Jann Gallois, dont le spectacle Imminentes fait l’ouverture du festival Suresnes Cité Danse ce vendredi, veut apporter un « baume apaisant » comme contre-pied « au monde de plus en plus violent ».

La danseuse contemporaine, issue du hip-hop, est devenue en septembre co-directrice de l’Agora, cité internationale de la danse de Montpellier, qui a pour ambition de faire de cette ville du sud de la France une grande capitale européenne de cet art. À la tête depuis 2012 de sa compagnie BurnOut, Jann Gallois explore tous les terrains. « Toutes les idées, les plus abstraites comme les plus concrètes, peuvent se danser », confie l’artiste de 37 ans, rencontrée par l’AFP.

Dans Imminentes, sa 14e création, elle a choisi la sororité et la force qui résulte de l’union des corps. Au démarrage, sur une musique électronique aux sons chauds, six danseuses, comme en fusion, ne se lâchent jamais les mains : entremêlements de corps, entrelacs de bras et de jambes, rien ne vient rompre cette chaîne de femmes.

Une force tranquille qui monte en puissance jusqu’à une libération des corps, où des gestes simples se répètent, en phase puis déphasés, dans une adresse au public explosive, joyeuse et généreuse. « Une danse puissante et lumineuse, résume-t-elle. C’est parce que le monde est de plus en plus violent que j’avais envie en tant qu’artiste de proposer une pièce qui fasse du bien ». « Le déclic » lui vient après la lecture du livre de la philosophe Anne Dufourmantelle, La puissance de la douceur (2013). « J’ai eu envie de créer un effet de baume apaisant et réparateur ».

« Fragilités »

Autodidacte, Jann Gallois a appris son art dans la rue : à 15 ans, elle rencontre le hip-hop aux Halles à Paris. « J’ai commencé avec des street shows, ça a été mon école », se remémore-telle. Séduite par cette danse qui « repousse les limites du corps » et son esprit  « d’universalité », elle s’en démarque ensuite, développant sa propre écriture. « J’ai réalisé la force que la danse pouvait provoquer dans l’esprit des gens, lorsqu’on essaye de raconter autre chose que simplement un corps qui danse, quand on essaye d’ouvrir son cœur et de montrer ses fragilités, sa vulnérabilité ». Ses « mentors » sont les chorégraphes Sébastien Lefrançois, Sylvain Groud ou encore Angelin Preljocaj, pour lesquels elle a dansé, avant de chorégraphier et monter sa propre compagnie.

Ses pièces sont très éclectiques : à 25 ans, fascinée par la schizophrénie, elle écrit le solo Diagnostic F20.9. Dans Carte Blanche, elle observe, via la participation du public, la décision arbitraire d’un groupe extérieur à qui l’on remet tous les pouvoirs. Dans ses pièces plus récentes comme Ineffable, elle cherche à « parler de l’esprit à l’intérieur d’un corps », selon ses termes. Artiste associée à plusieurs prestigieuses institutions, Jann Gallois se nourrit tout autant du bouddhisme et de sa pratique de la méditation, que de son apprentissage, enfant et adolescente, de la musique et de plusieurs instruments – cor, basson, piano, violon. Parfois même, ce sont ses études en physique qui lui inspirent des mouvements et leur fréquence.

À Montpellier, au sein de l’Agora – cité internationale de la danse, elle est, au côté du chorégraphe israélien Hofesh Shechter, responsable du Master pour étudiants chorégraphes. Un cursus qu’ils entendent développer pour qu’il soit « en phase avec ce qui se fait aujourd’hui » dans la danse contemporaine, le flamenco contemporain et les danses urbaines. Ce qu’elle vénère dans ce « métier-passion », c’est de « savoir guider une intériorité chez l’interprète, pour l’amener au plus juste de ce qu’on a envie de transmettre », dit-elle.

Karine Perret © Agence France-Presse

8 janvier 2026/par AFP
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